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    2017

     

    2017.

    Année d'une petite pause professionnelle pour quelques mois, pour toute sollicitation de travail je serai de retour un peu avant l'été...

    Mais en attendant, les spectacles et les textes vont vivre leur vie avec de belles actualités!

    D'abord, 2017 sera l'année d'une création préparée et attendue depuis longtemps: celle de Perdre, par la Cie MAP, au Quai, CDN d'Angers, d'après Les chemins contraires, dans une mise en scène de David Ropars. Du 28 février au 4 mars 2017.

    Et puis, au mois de mai, ce sera la création d'Une île, texte co-écrit avec Samuel Gallet, dans le cadre de la Comédie de Béthune près de chez vous, et qui sera mis en scène par Arnaud Anckaert et Julien Fišera. Du 3 au 6 mai 2017. Renseignements pratiques ici.

     

    2017.

    Année d'écritures en cours à poursuivre, à peaufiner, à commencer à faire circuler. Continuer sur la lancée de l'automne et des pistes défrichées.

     

    2017.

    Année de troubles, de tensions à venir, de débats sans fin, de désaccords profonds, d'un pays fracturé où des réalités différentes se tournent le dos, règlent les peurs et le ressentiment dans des élections au goût déjà prononcé de mascarade. Il va nous falloir jouer finement, dans un jeu déjà biaisé de tous côtés, où les mots et les promesses ont déjà perdu tout leur sens. Il va falloir imaginer des surprises, ne pas se laisser dicter ce qu'il y a de raisonnable, ne pas toujours céder à l'appel du "moins pire" et trouver rapidement des façons de faire de la politique autrement, de se fabriquer des victoires. Année où jamais pour réinvestir les interstices. Pour imaginer des contre-pouvoirs. Pour rester vigilants, pour rester incontrôlables, pour faire mentir les pronostics, les diagnostics, les tristes augures.

     

    2017.

    Qu'elle soit pour chacun de vous un tournant décisif, une sortie des autoroutes, une envolée. Qu'elle soit insolente et libre. Précisément parce qu'on nous prépare au contraire.

    Et surtout qu'elle soit douce.

     

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    Une île - Extrait 2

     

    UN NOUVEAU MONDE

     

    Est-ce que vous avez toujours vécu dans cette région ?

    Est-ce que vous êtes né(e) dans cette région ?

    Qu’est-ce que vous aimez dans cette région ?

    Qu’est-ce que vous haïssez ?

    Qu’est-ce que vous souhaiteriez voir disparaître ?

    Qu’est-ce que vous aimeriez pouvoir changer ?

    Qu’est-ce qui vous paraît magnifique ?

    Méconnu ?

    Nécessaire ?

    Est-ce que vous avez des rêves pour le monde ?

    Est-ce que vous en avez déjà eu ?

    C’est quoi pour vous une société idéale ?

    Si je vous dis Île quelles sont les premières images qui vous viennent ?

    Si je vous dis insularité ?

    Avez-vous déjà vécu sur une île ?

    Aimeriez-vous vivre sur une île ?

    S’il y avait un cataclysme et que votre région devenait une île entourée par la mer et coupée brutalement et totalement de tout contact avec l’extérieur et si vous étiez rescapé(e) comment souhaiteriez-vous organiser la communauté ?

    Qu’est-ce que vous garderiez de l’ancien monde ?

    Qu’est-ce que vous ne reproduiriez pas ?

    Quelles seraient les règles ?

    Qu’imagineriez-vous comme loi ?

    Pensez-vous qu’un système démocratique soit propice ?

    Oligarchique ?

    Anarchiste ?

    Royaliste ?

    Pensez-vous qu’il faille un chef ?

    Un despote éclairé ?

    Des élus révocables ?

    Quelle tâche souhaiteriez-vous faire et ne pas faire ?

    A quoi vous sentez-vous destiné(e) ?

    Avez-vous des préférences ?

    Qu’est-ce que vous emporteriez avec vous ?

    Qu’est-ce que vous laisseriez couler dans les vagues du tsunami ?

     

    Une île, Samuel Gallet & Mariette Navarro

     

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  • Une île - Extrait 1

     

    Est-ce que tu peux te représenter l'avancée d'un cheval sur une plage de la côte d'Opale?

    Nous, on ne peut pas te le montrer vraiment, mais toi, est-ce que tu peux l'imaginer?

    Est-ce que tu peux imaginer que c'est un cheval furieux, indomptable?

    Est-ce que tu peux te représenter qu'il arrive de loin, de l'autre côté de la mer?

    Alors maintenant il faut que tu te représentes que le cheval, c'est la mer

    La mer elle-même, écumant et galopant

    Furieuse et indomptable

    Courant tout droit devant elle, courant tout droit sur la ville.

    C'est d'abord une forme au loin, une ombre noire sur l'horizon mille fois photographié,

    Un gros nuage écumant,

    Une bizarrerie,

    Un bruit d'orage, de cavalcade.

     

    Pour l'instant tu ne vois qu'un cheval

    Un cheval noir, avec sa force

    Mais ils sont peut-être cent, peut-être mille

    Dix mille chevaux

    Parce que c'est toute la mer

    En route au galop

    Vers une plage de la côte d'Opale.

     

    C'est toute la mer courant sans s'apercevoir qu'il y a des obstacles, des barrières des hôtels des bâtiments des trottoirs des rues des rails des escaliers des poteaux.

    Des êtres humains.

    C'est la mer, avec ses gros sabots, passant toutes les digues,

    Montant aussi haut qu'elle peut monter

    Escaladant les collines et les falaises,

    Est-ce que tu peux imaginer?

     

    On ne peut pas t'expliquer comment ça commence, parce qu'à ce moment-là, au moment du cheval, on ne sait pas encore. C'est un jour de semaine, un jour, vraiment, qui n'a rien de particulier

     

    Par exemple un mardi

     

    Un mardi, un jeudi, un vendredi, vraiment rien de particulier. On n'entend pas d'explosion.

     

    (Ce n'est pas la peine que tu te représentes une explosion)

     

    On n'entend pas de sirène. On ne sent aucune odeur inquiétante. On ne met en place aucun plan d'urgence, aucune évacuation d'usine. On se dit juste qu'il fait un peu chaud pour la saison. Et pourtant quelque part ça commence. Le cheval est lancé.

     

    Quelque part, plus au Nord, c'est la première brèche. La goutte d'eau qui fait déborder le vase. Sauf que ce n'est pas un vase. On ne parle pas d'un vase. On parle de quelque chose de beaucoup plus grand qu'un vase. On parle de la mer du Nord. Et on ne sait pas quand ça commence, la goutte d'eau qui fait déborder la mer du Nord.

     

    Une île, Samuel Gallet et Mariette Navarro

     

     

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  • Les chemins contraires dans la revue Dissonnance

     

    Dans le numéro 31 de la revue Dissonances, qui a pour thème Désordres, Anne Vivier consacre une chronique aux Chemins contraires. Je vous invite à la découvrir dans cette belle revue, et à découvrir Dissonances par la même occasion. Qualité graphique et textuelle, pour cette "revue pluridisciplinaire à but non objectif" qui paraît deux fois par an. Le prochain thème est "Nu", ça vous inspire? A vos contributions!

     

    Les chemins contraires dans la revue Dissonances

     

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    Une île

    (c) atelier graphique Malte Brun.

     

    J'avais commencé à vous en parler ici et ici, à l'occasion de notre joyeux cabaret du mois de septembre: dans les spectacles qui se préparent et approchent à grands pas, et parmi les créations de 2017, il y a Une île, pièce co-écrite avec Samuel Gallet, suite à un travail de rencontres, d'échanges, d'ateliers à Béthune et dans les communes de l'Artois.

     

    Suite à la rupture des digues hollandaises, une vague géante envahit l'Artois, et reconfigure le paysage: les habitants survivants se retrouvent îliens, sans plus aucun lien avec l'extérieur, et obligés de réinventer de nouvelles façons de vivre, de se poser la question de l'organisation de leur vie et du nouveau peuple qu'ils forment. Qu'est-ce qu'on garde, et qu'est-ce qu'on remet en question du monde dans lequel nous vivions? Passé le traumatisme de l'inondation, comment profiter au mieux de notre vie insulaire? Le temps passe, et des générations arrivent, qui n'ont jamais rien connu d'autre que la vie en bord de mer, le temps rythmé par les marées, les nouvelles lois inventées par les premiers habitants.

    Mais un jour, l'eau qui entourait l'île commence à redescendre, provoquant une nouvelle vague de questions, une nouvelle crise politique et intime: va-t-il falloir se protéger d'un extérieur qu'on ne connaît plus, ou au contraire prendre le nouveau chemin qui se dessine, et accepter de se confronter à l'inconnu?

    Le spectacle, conçu comme une forme légère pour trois acteurs Céline Dupuis, Maxime Le Gall et Noémie Rosenblatt, sera mis en scène par Arnaud Ankaert et Julien Fišera. Il sera créé au mois de mai 2017 à Lillers, Béthune, Ruitz et Festubert.

    Des extraits à venir très bientôt ici même, pour vous donner envie de plonger avec nous dans cette épopée îlienne.

     

     

    En préparation de ce spectacle, j'animerai cette fin de semaine des ateliers d'écriture:

     

    - A la maison des Associations du Mont-Liébaut à Béthune: vendredi 16 décembre de 9h à midi

    - A la bibliothèque de Festubert: vendredi 16 décembre de 18h30 à 21h30

    - Au Palace de Lillers: samedi 17 décembre de 10h à 13h.

     

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