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    Maintenant nous reprenons chacun notre chemin. J'ai été heureuse de vous rencontrer, mes compagnons d'écriture.

     

    (retrouvez les autres photos de la série "aller de l'avant" dans la rubrique Promenades)

     

     

     


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    Repartir. Ne pas perdre la direction du bleu.

     

     


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    S'essayer à Perdre

     

    Hier soir, lecture des premières pages écrites ici, le magma frais, sachant qu'il n'avait pas encore la consistance recherchée, qu'il y a pour l'instant dans le texte quelque chose qui se perd un peu, qui n'est pas implacable comme je le voudrais, quelques imprécisions à traquer. Et puis toute l'architecture à bâtir, maintenant que j'ai dans les mains une trentaine de pages de ce début, de cette première matière.

    Chantier à venir: organisation des paragraphes jusqu'à ce qu'ils découlent, implacablement, les uns des autres. Le tricot, qui n'a pour l'instant que deux fils, en resserrer les mailles.

    Mais j'ai pu vérifier du moins la piste de mes deux voix, celle qui avance et broie, et l'autre, plus tendre, qui se tisse par en dessous.

    Laura Tirandaz a lu la "seconde voix" de mon texte. Elle a lu, aussi, bien sûr, des extraits de ses textes en cours. Echos certains de nos théâtres qui racontent.

    Précieux espaces d'expérimentation, d'échanges, précieuse attention des auteurs, artistes, membres de la Chartreuse présents, prendre chaque mot, sensation, suggestion de lecture, encouragement, résonnance.

    Peut-être le sens premier d'une lecture publique: être au travail.

     


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    (Je crois que je mélange ici deux vers d’Aragon – j’avais écrit « deux verres », c’est l’esprit Chartreuse- « le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés » et « le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure » in Les Yeux d’Elsa)

     

    Le ciel n’est jamais si bleu qu’à sa brisure

     

    Je comprends aujourd’hui plus concrètement ce que veut dire écrire un texte en le cassant, passer dans ton texte avec un marteau, donner des grands coups dans un texte. Jusqu’ici, appliquée, nouvelle, je travaillais plutôt à bien ciseler, à ce que chaque phrase tienne bien droit, je choisissais chaque mot pour avoir le nombre de pieds conforme à la petite musique que j’avais dans l’oreille.

    Aujourd’hui je lutte plutôt contre la petite musique. Je casse la voix qui trop facilement se mettrait à ronronner. Il me faut donc avancer dans Perdre en deux temps : tracer la route, explorer, je dis « avancer au kilomètre », mettre sur la feuille tout ce qui vient, il sera bien temps après d’agencer, de renforcer l’architecture, de sortir la cisaille. Me « brancher » sur la source, là où le magma coule, tout prendre, tout étaler.

    Et puis ensuite revenir, mettre dans le phrasé, dans les images, des surprises et des déséquilibres, condenser, densifier, traquer tout ce qui voudrait faire joli, tout ce qui, au final, est un alexandrin, un octosyllabe déguisé et qui donne à l’oreille le confort de la métrique reconnue, rassurante. Perdre n’est pas rassurant. Même si, je l’espère, la seconde partie donnera de l’espoir et de la joie.

     


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    Dans la seconde partie de Perdre, il s'agira beaucoup de briser des murs. (Dans la première, Dante m'accompagne pour descendre dans l'entonnoir).

     


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