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    MADAM - festival d'Avignon

     

    Tu erres dans Avignon? Tu es nostalgique de la coupe du monde de foot féminin? Tu as envie d'être du côté des gagnantes? Tu veux entendre Lymia Vitte dribbler avec les mots?

    Rendez-vous au Théâtre du Train Bleu ce soir 11 juillet, ainsi que le 18 juillet, pour découvrir Scoreuses, monologue écrit dans le cadre de MADAM (Manuel d'Auto défense à méditer), projet d'Hélène Soulié qui met en parallèle les monologues d'actrices et les interviews de chercheuses, suite à des rencontres avec différents groupes de femmes, et leurs stratégies pour exister dans l'espace public.

    Souviens-toi, j'avais rencontré les basketteuses de l'équipe de Lattes, il y a un peu plus d'un an.

    Extrait du texte:

    Dans tout ce que vous allez voir, il y a une seule incertitude.

    Tout le reste est décidé depuis longtemps. Prévu, dans les moindres détails. 

    Chacun de mes muscles sait ce qu'il a à faire. Entre ma tête et les membres de mon corps le chemin est répété, repéré, déblayé. Plus rien ne fait obstacle. Je suis une ligne claire, une flèche droite, un tracé lumineux, éblouissant, précis. 

    Je suis sans tâtonnement et sans hésitation. Sans possibilité de vertige.

    Le tâtonnement c'était avant. C'était l'enfance. J'ai raffermi les lignes à la force des années. Maintenant je suis une mécanique bien huilée.

    J'ai appris le vocabulaire et la technique: chacune de mes actions porte un nom et remplit une fonction. 

    J'enchaîne les pas, les gestes et je sais comment me déployer entièrement.

     

    J'ai appris à maîtriser les plus infimes changements dans l'atmosphère. Au moindre signal, je bondis, je me tends. Je nuance le balancement de mon bras en fonction de votre tension, de votre regard, de votre souffle qui se coupe ou des cris qui vous échappent. Je vous donne de la beauté. Et si vous me la rendez bien, je vole.

    Je sais exactement comment vous procurer de la peur. 

    Je sais exactement comment vous procurer de la joie.

     

    Ne vous inquiétez pas. 

    Je sais comment vous en donner pour votre argent.

     

    J'ai travaillé chaque jour à ce que je vais faire dans les minutes qui viennent. Je vais vous amener jusqu'à l'image que vous attendez de moi: le masque qui lâche, le visage en plein cri. 

    Vous aurez l'impression d'une immense surprise et pourtant ce sera fluide. Un enchaînement implacable de causes et de conséquences, jusqu'au basculement final. 

    Vous ne vous attendrez pas au basculement final, même si vous n'espérez que ça.

     

    Dans tout ce que vous allez voir, il y a une seule inconnue: la capacité de mon corps à exécuter ce qui est prévu. Le point jusqu'auquel je vais être capable de tenir mes promesses.

    C'est pour ça que vous êtes ici. Pour être témoin de l'imprévu. Pour être témoin de l'accident, de l'infime imprécision qui me fera perdre l'avantage ou de la performance qui me sortira pour une seconde du genre humain. 

    Je sais que je peux briller au point de sortir du genre humain. 

    Vous le savez aussi.

     

    Ne vous inquiétez pas. 

     

    Je sais ce que vous me demandez.

     

     

    Tu pourras découvrir les trois premiers épisodes dans la continuité:

    MADAM #1 "Est-ce que tu crois que je doive m’excuser quand il y a des attentats?", Marine Bachelot Nguyen, 19h

     
    MADAM #2 "Faire le mur", Marie Dilasser, 20h30
     
    MADAM #3 "SCOREUSES! Parce qu’on ne peut que perdre quand on a rien à gagner", Mariette Navarro, 22h

     

     

     

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    Escales / Odyssées dans les jardins du Louvre Lens

     

    Escales / Odyssées dans les jardins du Louvre Lens

     

    Céline Dély, Cécile Gérard et Maxime Le Gall dans Où le souvenir d'abîme, de Baptiste Amann, à la Plaine ludique.

     

     

    Escales / Odyssées dans les jardins du Louvre Lens

    Escales / Odyssées dans les jardins du Louvre Lens

     

    Baptiste Dezerces, François Godart et Lola Haurillon dans Le retour, de Yann Verburgh, au foyer de la Scène.

     

    Escales / Odyssées dans les jardins du Louvre Lens

    Escales / Odyssées dans les jardins du Louvre Lens

     

    Nathan Gabily, Alain d'Haeyer et Adeline Vesse dans Homère. Odyssée. Chant neuf, dans l'adaptation de Célia Houdart, dans le Bois

     

    Escales / Odyssées dans les jardins du Louvre Lens

    Escales / Odyssées dans les jardins du Louvre Lens

    Escales / Odyssées dans les jardins du Louvre Lens

     

    Lucie Boissonneau, Cyril Brisse et Jeanne Lazar dans La fille d'Ulysse, de Mariette Navarro, au Bassin

     

    Mis en espace par Noémie Rosenblatt, douze comédiens ont pris possession de tous les espaces des jardins du Louvre Lens pour une journée de lectures déambulatoires en écho à l'exposition Homère, et pour clôturer les quatre résidences en collège. 

    Bravo à Lucie Boissonneau, Cyril Brisse, Baptiste Dezerces, Céline Dély, Nathan Gabily, Cécile Gérard, François Godart, Lola Haurillon, Alain d'Haeyer, Jeanne Lazar, Maxime Le Gall et Adeline Vesse d'avoir bravé les éléments.

    Voilà je crois le théâtre comme il me plaît, hors des théâtres, investissant tous les espaces, exigeant et sans jamais se prendre au sérieux.

     

     

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    Alors Carcasse dans les Carpates

     

    (photo touristique non contractuelle)

     

    Alors Carcasse sera mis en lecture au festival international de Sibiu!

    Dans cette fin de saison un peu folle, après avoir présenté la nouvelle saison de Béthune et conclu l'aventure Escales / Odyssée avec les collégiens de Sallaumines, je prendrai l'avion pour la Roumanie et le festival international de Sibiu. On me glisse dans l'oreillette que c'est en Transylvanie, au pied des Carpates, ce que j'ignorais quand j'ai accepté l'invitation...

    Différents textes français seront lus, dans le cadre de l'année France-Roumanie.

    Si vous passez justement par les Carpates à ce moment-là, c'est le 18 juin à 14h!

     

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    Escales / Odyssées

     

    Alors que nous préparons à Béthune une nouvelle présentation de saison (demain soir à 19h à la Comédie, venez donc, ça va être riche et beau!), se prépare dans quelques jours une première étape du projet Escales / Odyssée: Célia Houdart, Baptiste Amann, Yann Verburgh et moi avons été en résidence dans des collèges de Bruay, Béthune, Lens et Sallaumines au cours de la saison, en lien avec des classes de 6ème, et avons écrit chacun une variation autour de l'Odyssée.

    Une première étape, mais peut-être la plus importante, sera de restituer ce travail devant les élèves que nous avons côtoyé durant deux semaines chacun, et leurs familles, dans l'incroyable cadre du Louvre Lens et de ses jardins, dans une mise en espace de Noémie Rosemblatt et avec une joyeuse bande d'actrices et d'acteurs.

    La saison prochaine, cela donnera lieu à un spectacle, à jouer partout dans les communes partenaires.

    Outre la joie de finaliser un projet de résidence et de projet collectif, c'est une aventure qui se poursuit sur une territoire que j'ai l'impression de connaître de plus en plus intimement, même si je suis loin de l'avoir parcouru totalement, et si je vis dans une autre région. Mais l'écriture, dans ce qu'elle nous demande d'antennes à ouvrir pour écouter les bruissements d'un monde, nous donne aussi cette curieuse impression d'appartenir, le temps d'un spectacles, à ces rues-là, à ces paysages, à la parenté de ces enfants rencontrés.

     

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    En résidence d'écriture à Sallaumines: Escales / Odyssées

    (Vue au loin sur le collège Paul Langevin et le terril de Méricourt)

     

    Début de ma deuxième semaine de résidence à Sallaumines. Pas très long de retrouver mes petites habitudes, ma chambre sous les toits, la maison de briques rouges dans la rue de briques rouges, le collège où je travaille avec quatre classes de 6ème, les visages connus, leur place dans la classe, leurs timidités et leurs facilités.

    A l'origine, une proposition conjointe de la Comédie de Béthune, du Louvre Lens, de la MAC de Sallaumines et de la ville de Bruay-la-Buissière. Quatre auteurs, chacun en lien avec une commune et un collège, travaillent avec les élèves autour de l'Odyssée.

    Et puis chacun écrit son écho à l'Odyssée. Une Odyssée pour aujourd'hui. Une Odyssée pour ces enfants-là. Un Ulysse à Sallaumines. Ville que je découvre, et où j'imagine qu'Ulysse remettrait les pieds, des années après son départ. Comment changent-ils, ces paysages-là, d'anciennes mines, de résidences calmes, de quais de gare? Comment écrire un retour dans le Nord (moi qui ne fais qu'y passer)?

    Il y a deux semaines, c'était la rencontre, sous forme d'atelier d'écriture. Voyages réels et voyages rêvés de ces adolescents, rapport à leur ville et comment ils la projettent dans le futur. Un portrait d'eux, par le prisme de la fiction. Ceux qui ont encore les deux pieds dans l'enfance, ceux qui en sortent doucement ou brutalement. Du rêve d'un pays de bonbons et de licornes, à celui de l'argent et du clinquant de Dubaï. Des voyages passés qu'on voudrait refaire, à ceux, promis par la famille, qu'on n'a pas encore faits.

     

    En résidence d'écriture à Sallaumines: Escales / Odyssées

    (c) MAC de Sallaumines

    Pendant cette deuxième semaine, nous passons au plateau sur de courts dialogues écrits par les élèves, et puis je leur livre à mon tour des extraits de ma pièce en chantier.

    Ça s’appellerait La fille d'Ulysse. Et voici ce que pourraient en être les toutes premières lignes:

     

    Celle qui raconte

    Il y a les vivants, il y a les morts, et il y a les marins, sans cesse à naviguer entre les deux.

    Chacun sait au fond de lui à quelle catégorie il appartient.

    Ulysse, un peu vivant, un peu absent, est de ceux-là.

    Ulysse est un marin.

    Mais aujourd'hui Ulysse est de plain-pied dans le monde des vivants.

    Sur un carrelage blanc.

    Dans une cuisine équipée.

    Avec dans les mains un accessoire de cuisine dont il ne sait pas quoi faire.

     

    Léna

    Papa? Tu bloques encore.

     

    Celle qui raconte

    Ulysse a le mal de terre. Tout semble bouger autour de lui. On dirait que l'évier bascule d'un côté puis de l'autre, même quand il se raccroche à la chaise.

     

    Léna

    Papa?

     

    Ulysse

    Oui?

     

    Celle qui raconte

    C'est ce qui arrive quand on est resté en mer trop longtemps.

    Le corps d'Ulysse a pris tout entier le rythme des vagues. Le corps d'Ulysse ne comprend pas que le paysage reste si stable à travers la fenêtre.

    Les yeux d'Ulysse cherchent le soleil, qui est son repère et son allié, normalement, quand il ne sait plus l'heure qu'il est, quand il ne sait plus où il se trouve.

    Et la tête d'Ulysse...

     

    Léna

    Papa?

     

    Ulysse

    Oui?

     

    Léna

    Tu pleures encore, Papa?

     

     

    En résidence d'écriture à Sallaumines: Escales / Odyssées

     

    En résidence d'écriture à Sallaumines: Escales / Odyssées

    Vues de Sallaumines, mars 2019

     

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