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    Retour sur ma résidence à la Maison de la poésie de Rennes, et un beau moment d'échange avec Diane Giorgis pour Radio Univers.

    A écouter ici.

     

     

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  • Le temps du texte

     

    Connexion du matin. La course à l'actualité. Un scandale chasse un autre scandale. Un glissement chasse un autre glissement. Une erreur chasse une autre erreur. Une énormité chasse une autre énormité. On fait de la politique à coups de tweets, d'images, de contre-informations, qui, même si elles sont démenties quelques heures plus tard ont quand même le temps de faire leur chemin dans quelques têtes, ont quand même le temps d'être reprises en boucle. On trafique l'Histoire, on la redessine allègrement. On pille tout vocabulaire. On déracine toute pensée.

    Et l'écriture ne peut pas répondre au coup par coup. Et le théâtre voudrait être une arme solide, de construction déconstruction mais il n'en a pas le temps. Quand il faut plusieurs mois pour écrire une pièce, plusieurs années pour en imaginer une production. Alors il faut trouver le temps juste et propre du texte. Alors il faut faire de la force avec nos lenteurs.

    Alors il faut proposer un contre-temps.

    Je comprends depuis quelques temps qu'à faire la course avec les actualités, les énormités, les faits-divers, je serai toujours perdante. Même la bonne vieille anticipation commence à avoir quelques coudées de retard. Je commence à comprendre qu'il faut faire le grand écart, entre le réel et une autre dimension, tirer du côté du symbole, de la métaphore. Remettre en perspective. Réinventer du temps long.

    Et puis il y a le temps de l'errance. Le temps du doute. Le temps des fausses pistes. Depuis plus d'un an et demi je réfléchis à un texte autour de la laïcité. C'est une commande, que j'ai acceptée par envie de ce travail commun, et aussi parce que je savais qu'elle allait me déplacer, me résister, m'obliger à prendre position, bousculer un peu ma façon habituelle d'écrire pour le théâtre.

    Et bien sûr l'actualité se déchaîne, et bien sûr nous voilà au cœur du tourbillon électoral, avec cette notion-là brandie et balancée comme une patate chaude de candidat en candidat, sans jamais être redéfinie, replacée dans son contexte. Et bien sûr le temps que la pièce soit écrite et créée, cette période-là sera derrière nous, une autre (encore plus folle?) l'aura rendue caduque.

    Je n'écris pas du théâtre documentaire. Je ne saurais pas faire, ou trop maladroitement, de consigner les faits, de donner du matériau brut. Alors il me faut chercher le secours des historiens, le recours aux détours. Faire émerger la structure plutôt que l'anecdote, descendre d'un cran dans ce qu'il y a d'intime, de profond. Préférer le champ large à la sidération. Quitte à faire des pas de côtés.

    Et garder du mordant sans être toujours frontale. Et garder le présent tout en le faisant arriver de loin. Et garder les petites antennes qui captent l'air du temps et se tournent vers le futur, sans vouloir jouer les prophètes, les petits oiseaux de mauvaise augure. Plus facile à dire qu'à faire. Il faut peut-être un peu d'humour, si on veut y arriver.

    De la même façon, l'année dernière, je m'étais retrouvée prise de cours en commençant ZAE (Zone à étendre, qui n'est pas encore finalisé mais pour lequel je sais un peu mieux où je vais). Je commençais l'exploration de ma forêt shakespearienne, tranquillement y inventais ses assemblées, quand, à la fin du même mois, les Nuits debout venaient me rappeler que je serai toujours en retard. Et donner un coup d'arrêt à l'écriture. Le temps de reprendre le chemin circulaire. Le temps de décaler les choses. Le temps de réaffirmer que la fiction n'avait pas à singer le réel, ni à lui courir après. Mais le transformer, l'amplifier, le déformer aussi, pourquoi pas. Se rappeler qu'on a tous les droits, quand on écrit, quand on crée. Surtout celui de ne pas rester collé au monde. Surtout celui de l'exagération, de la transformation. De l'amplification. De la proposition. Et même celui de la mauvaise foi. Se rappeler que s'il y a bien un lieu ou se permettre de l'audace, c'est dans celui de la fiction.

    (Tout un programme...)

     

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    Extraits de texte dans la belle revue Divague - CdN d'Angers

     

    En écho à la création de Perdre par la Cie MAP, le Quai, CDN d'Angers qui accueille la création, m'a proposé de faire paraître quelques textes dans la revue Divague, très bel objet dont je vous recommande la lecture.

    Y figurent donc quatre pages d'extraits de ma pièce en cours d'achèvement Zone à Etendre, qui me semblaient faire particulièrement écho au travail de David Ropars, qui fait le lien entre mes textes (et mes obsessions!) à travers Les chemins contraires, ZAE, et Nous les vagues.

     

     

     

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    PERDRE: création à l'approche au CDN d'Angers / Cie MAP

    (c) DavidR

     

    La Cie map 

     

    présente

     

    Perdre

    Spectacle tout public - à partir de 15 ans 

    Durée : 2h environ // Création 2017

     

          Avec : 

     

    Etienne BAILLOU // Elodie BIARDEAU // Fabien DONEAU // Thierry DUIRAT // Emmanuel Fornès // Jean-Baptiste JUIN // Philippe JUIN // Aude LE JEUNE // Mariette NAVARRO // Hélène MAILLOU // Antoine MONZONIS // Jean-Pierre MORICE // Elisabeth PAUL // David ROPARS

     

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    Nouvelle et jeune figure nationale de l’écriture théâtrale engagée et poétique, Mariette Navarro livre avec Perdre un texte fort, lyrique, joueur sur les désignés « perdants » dans la société contemporaine.

    Perdre est le récit du long chemin pour passer de la défaite à la joie, de la mort à la fête, un manuel de survie en milieu hostile.

     Perdre pose une question : celle de la liberté possible lorsqu’on est désigné, dans une certaine société, comme faisant partie de ceux qui perdent plutôt que de ceux qui réussissent à tirer leur épingle du jeu et à se placer du côté des gagnants.

     « La soumission ou la vie ? Quelle autre alternative pour chacun de nous à chaque carrefour de l’existence ? », écrit Jean-Pierre Siméon en postface du livre de Mariette Navarro*.

     C’est bien de cela dont il s’agit : vivre, mais comment et à quel prix ?

     Perdre invite à s’imaginer des portes de sorties alors faisons le ensemble.

     Nous allons jouer Perdre. Mais, il faudra que ça devienne autre chose qu’une soirée au théâtre qui divertit…

     

    [* Edité chez Cheyne éditeur sous le titre « Les chemins contraires »].

     

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    Ils ont contribué à la fabrication de ce spectacle avec nous : 
     
    Le Quai-CDN Pays de la Loire 
    Le THV de Saint Barthémy d’Anjou
    Le Théâtre Philippe Noiret de Doué la Fontaine
    Le Théâtre de l’Ephémère au Mans
    La Maison pour Tous de Monplaisir
    La Région Pays de la Loire
    La Ville d’Angers
    L’EPCC Anjou Théâtre
     
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    À Quai-CDN Pays de la Loire : 
    Cale de la Savatte - 49100 Angers
     
    - Le mardi 28 février à 19h30
    - Le mercredi 1er mars à 19h30
    - Le jeudi 2 mars à 20h30
    - Le vendredi 3 mars à 20h30
    - Le samedi 4 mars à 18h
     
    Afin de réserver vos places vous pouvez contacter directement la billetterie du Quai au 02 41 22 20 20
     

     

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    2017

     

    2017.

    Année d'une petite pause professionnelle pour quelques mois, pour toute sollicitation de travail je serai de retour un peu avant l'été...

    Mais en attendant, les spectacles et les textes vont vivre leur vie avec de belles actualités!

    D'abord, 2017 sera l'année d'une création préparée et attendue depuis longtemps: celle de Perdre, par la Cie MAP, au Quai, CDN d'Angers, d'après Les chemins contraires, dans une mise en scène de David Ropars. Du 28 février au 4 mars 2017.

    Et puis, au mois de mai, ce sera la création d'Une île, texte co-écrit avec Samuel Gallet, dans le cadre de la Comédie de Béthune près de chez vous, et qui sera mis en scène par Arnaud Anckaert et Julien Fišera. Du 3 au 6 mai 2017. Renseignements pratiques ici.

     

    2017.

    Année d'écritures en cours à poursuivre, à peaufiner, à commencer à faire circuler. Continuer sur la lancée de l'automne et des pistes défrichées.

     

    2017.

    Année de troubles, de tensions à venir, de débats sans fin, de désaccords profonds, d'un pays fracturé où des réalités différentes se tournent le dos, règlent les peurs et le ressentiment dans des élections au goût déjà prononcé de mascarade. Il va nous falloir jouer finement, dans un jeu déjà biaisé de tous côtés, où les mots et les promesses ont déjà perdu tout leur sens. Il va falloir imaginer des surprises, ne pas se laisser dicter ce qu'il y a de raisonnable, ne pas toujours céder à l'appel du "moins pire" et trouver rapidement des façons de faire de la politique autrement, de se fabriquer des victoires. Année où jamais pour réinvestir les interstices. Pour imaginer des contre-pouvoirs. Pour rester vigilants, pour rester incontrôlables, pour faire mentir les pronostics, les diagnostics, les tristes augures.

     

    2017.

    Qu'elle soit pour chacun de vous un tournant décisif, une sortie des autoroutes, une envolée. Qu'elle soit insolente et libre. Précisément parce qu'on nous prépare au contraire.

    Et surtout qu'elle soit douce.

     

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