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    Saison, horizon, créations

     

    Quand j'ai commencé à tenir ce blog, le travail d'écriture en cours était immédiatement lié aux créations, aux "actualités" à partager ici. Depuis, presque dix ans ont passé, et les différentes pièces vivent leur vie. Parfois, je suis étroitement impliquée dans le processus de création, parfois je reçois des nouvelles comme d'amis perdus de vue temporairement dont je suis heureuse de savoir qu'ils vont bien. De temps en temps on se retrouve pour un rendez-vous public, souvent on se manque, parce que de mon côté je suis en train de travailler aux textes suivant, ou aux activités d'accompagnement dramaturgique qui structurent mon emploi du temps.

    Tout ça pour dire que je ne peux pas relayer ce qui se passe ici pour chacun de mes textes, et que j'écris de plus en plus avec l'inquiétude d'oublier quelqu'un, quelque chose. Alors faire le choix de vous parler des projets et équipes avec qui je travaille de plus près, ce qui ne veut pas dire que je ne suis pas fière et heureuse par ailleurs que d'autres compagnies s'emparent de mes textes. De nouvelles vies se dessinent notamment pour Les feux de poitrine comme pour Prodiges®, et Zone à étendre fait son petit chemin après avoir été joué beaucoup (et quelle joie pour moi) par des étudiants et des groupes de théâtre amateur à qui ça parlait bien, d'inventer quelque chose ensemble à travers la forêt de nos contradictions.

     

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    Bon, précautions oratoires prises et règles du jeu reposées ici, pour moi autant que pour l'hypothétique - et de plus en plus solitaire - lecteur:

    - La première grande actualité de la rentrée, c'est la création par Bérangère Vantusso d'Alors Carcasse.

    La première aura lieu au Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville Mézières les 21 et 22 septembre prochains!

     

    Saison, horizon, créations

    (c) Vincent Desclaux

     

    Puis, vous pourrez voir le spectacle:

    - du 11 au 15 octobre 2019 au studio théâtre de Vitry

    - les 14 et 15 novembre 2019 au festival international de Marionnettes de Neuchâtel

    - du 27 au 29 novembre 2019 au théâtre de Sartrouville, CDN des Yvelines

    - Les 5 et 6 décembre 2019 au Manège, Scène nationale de Reims

    - Du 12 au 14 février au TJP, CDN de Strasbourg - grand est

    - Le 4 mars 2020 au théâtre Jean Arp de Clamart

    - Du 12 au 15 mars 2020 à la Manufacture des Oeillets, CDN d'Ivry

     

    Saison, horizon, créations

     

    (c) Ivan Boccara, photo de répétitions

     

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    Je continue avec beaucoup de joie à travailler avec Marion Lévy et son équipe, cette fois comme regard dramaturgique sur le projet un peu fou de faire se rencontrer la danse et l'orchestre national de Cannes, ainsi qu'une installation du collectif Scale. Nous travaillons sur Ma Mère L'Oye de Ravel, avec humour et décalage.Création au théâtre de Grasses les 5 et 6 décembre 2019, puis au théâtre de Martigues le 6 décembre.

    Saison, horizon, créations

    (c) collectif Scale

     

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    Beaucoup plus frais dans l'écriture, un texte écrit pour les élèves de la promotion 2020 du Conservatoire national d'art dramatique, avec qui j'avais passé une semaine en janvier dernier.

    A l'heure actuelle, le texte que j'ai écrit pour eux s'appelle Faire rire les morts, et il sera mis en scène par Isabelle Lafon avec une quinzaine d'élèves de la promotion. La naissance de ce projet aussi réjouissant que vertigineux (quelle pression pour moi qu'être à la hauteur de ces quinze là, et en même temps quelle liberté!) aura lieu en février 2020.

    J'en parlerai plus longuement ici, pour l'instant je n'ai pas envie d'en faire un résumé trop rapide car je me suis bien gardée d'écrire une pièce "sur" quoi que ce soit, même si elle est traversée de choses que nous connaissons et que le réel me rappelle chaque jour à quel point il est plus fou que moi.

     

     

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    En février 2020, Noémie Rosenblatt créera Odyssées 2020 à partir des textes que Baptiste Amann, Célia Houdart, Yann Verburgh et moi avons écrit sur le territoire de Lens, Béthune, Bruay-la-Buissière et Sallaumines la saison dernière.Création dans les communes dans le cadre de la Comédie de Béthune près de chez vous, puis au Palace de Béthune.

    • lillers ›
       mar 4 fév à 14h30 [scolaire] et 20h
    • la fabrique de béthune › mer 5 fév à 18h30
    • marles‑les‑mines › ven 7 fév à 14h30 [scolaire] et 20h
    • richebourg › sam 8 fév à 20h
    • beuvry › mar 11 fév à 14h30 [scolaire]
    • divion › jeu 13 fév à 19h
    • abbaye de belval › ven 14 fév à 20h
    • annequin › sam 15 fév à 19h
    • fléchin › ven 6 mars 20h
    • quiestède › mer 25 mars à 19h

    • le palace ›
       10 au 13 mars à 20h
    Allez, je vais essayer de me tenir à vous raconter de façon plus détaillée chacun de ces projets. On dirait que ce ne sont déjà plus vraiment les vacances.
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    En résidence d'écriture à Sallaumines: Escales / Odyssées

    (Vue au loin sur le collège Paul Langevin et le terril de Méricourt)

     

    Début de ma deuxième semaine de résidence à Sallaumines. Pas très long de retrouver mes petites habitudes, ma chambre sous les toits, la maison de briques rouges dans la rue de briques rouges, le collège où je travaille avec quatre classes de 6ème, les visages connus, leur place dans la classe, leurs timidités et leurs facilités.

    A l'origine, une proposition conjointe de la Comédie de Béthune, du Louvre Lens, de la MAC de Sallaumines et de la ville de Bruay-la-Buissière. Quatre auteurs, chacun en lien avec une commune et un collège, travaillent avec les élèves autour de l'Odyssée.

    Et puis chacun écrit son écho à l'Odyssée. Une Odyssée pour aujourd'hui. Une Odyssée pour ces enfants-là. Un Ulysse à Sallaumines. Ville que je découvre, et où j'imagine qu'Ulysse remettrait les pieds, des années après son départ. Comment changent-ils, ces paysages-là, d'anciennes mines, de résidences calmes, de quais de gare? Comment écrire un retour dans le Nord (moi qui ne fais qu'y passer)?

    Il y a deux semaines, c'était la rencontre, sous forme d'atelier d'écriture. Voyages réels et voyages rêvés de ces adolescents, rapport à leur ville et comment ils la projettent dans le futur. Un portrait d'eux, par le prisme de la fiction. Ceux qui ont encore les deux pieds dans l'enfance, ceux qui en sortent doucement ou brutalement. Du rêve d'un pays de bonbons et de licornes, à celui de l'argent et du clinquant de Dubaï. Des voyages passés qu'on voudrait refaire, à ceux, promis par la famille, qu'on n'a pas encore faits.

     

    En résidence d'écriture à Sallaumines: Escales / Odyssées

    (c) MAC de Sallaumines

    Pendant cette deuxième semaine, nous passons au plateau sur de courts dialogues écrits par les élèves, et puis je leur livre à mon tour des extraits de ma pièce en chantier.

    Ça s’appellerait La fille d'Ulysse. Et voici ce que pourraient en être les toutes premières lignes:

     

    Celle qui raconte

    Il y a les vivants, il y a les morts, et il y a les marins, sans cesse à naviguer entre les deux.

    Chacun sait au fond de lui à quelle catégorie il appartient.

    Ulysse, un peu vivant, un peu absent, est de ceux-là.

    Ulysse est un marin.

    Mais aujourd'hui Ulysse est de plain-pied dans le monde des vivants.

    Sur un carrelage blanc.

    Dans une cuisine équipée.

    Avec dans les mains un accessoire de cuisine dont il ne sait pas quoi faire.

     

    Léna

    Papa? Tu bloques encore.

     

    Celle qui raconte

    Ulysse a le mal de terre. Tout semble bouger autour de lui. On dirait que l'évier bascule d'un côté puis de l'autre, même quand il se raccroche à la chaise.

     

    Léna

    Papa?

     

    Ulysse

    Oui?

     

    Celle qui raconte

    C'est ce qui arrive quand on est resté en mer trop longtemps.

    Le corps d'Ulysse a pris tout entier le rythme des vagues. Le corps d'Ulysse ne comprend pas que le paysage reste si stable à travers la fenêtre.

    Les yeux d'Ulysse cherchent le soleil, qui est son repère et son allié, normalement, quand il ne sait plus l'heure qu'il est, quand il ne sait plus où il se trouve.

    Et la tête d'Ulysse...

     

    Léna

    Papa?

     

    Ulysse

    Oui?

     

    Léna

    Tu pleures encore, Papa?

     

     

    En résidence d'écriture à Sallaumines: Escales / Odyssées

     

    En résidence d'écriture à Sallaumines: Escales / Odyssées

    Vues de Sallaumines, mars 2019

     

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    2019

    (c) Howard Lau

     

    Qu'elle vous soit douce et remuante, cette année, ce qu'il faut pour regagner en acuité, pour faire de nos colères des feux en point de repère, et sur les déceptions la page blanche de janvier.

    Et surtout, qu'elle soit propice à prendre la hauteur.

    La clarté de l'envol, comme horizon artistique et intellectuel.

     

    2019, pour les spectacles, sera traversée par quelques lignes fortes, quelques points communs thématiques.

    D'abord, pour attaquer l'année en pleine forme, la performance physique, avec Training, la nouvelle pièce spectacle de Marion Lévy pour qui j'ai eu plaisir à écrire de nouveau quelques textes, mais aussi avec Scoreuse, que mettra en scène Hélène Soulié dans le cadre du projet MADAM, suite à notre rencontre avec l'équipe des basketteuses de Lattes en avril dernier. Dans chacun de ces textes, le sport et les injonctions de performance sont au centre, et les mécanismes de concurrence, ceux dont on est conscient, ceux qu'on intériorise. Pour qui me connaît un peu, que j'écrive autant sur le sport est une des grandes surprises de la vie.

    Et puis ce sera également une année Carcassienne: à l'opposé de ces sportives, de ces obstinées de l'action, Carcasse se tient là, immobile sur son seuil, depuis dix ans, et maintenant reprend du service sur les plateaux de théâtre. Alors Carcasse sera l'objet de la nouvelle création de Bérangère Vantusso et de la Cie Trois six trente, et rencontrera aussi le public grâce à la Cie Amphigouri et Nathacha Picart.

    Tandis que ce n'en est pas fini de la sorcellerie et que Les Hérétiques partent en tournée dès le mois de février.

    Et, pour l'heure, je rencontre pendant deux semaines les étudiants de deuxième année du Cnsad, pour qui j'écrirai une pièce, qui explorera encore d'autres terrains pour la saison suivante.

     

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    (En route pour Carhaix, juillet 2018)

     

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    Les périodes les plus denses ne sont pas les plus propices au journal de travail, et voilà que le fil est lâché, que de quelques étapes importantes de ces derniers mois il n'est aucun écho ici.

    Alors, en guise de lecture d'été, et toujours, avant tout, pour mémoire et archivage, quelques moments de rencontres et de travail depuis le mois de mai dernier...

     

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    Back & Flash

     

    D'abord, dire que je continue à travailler régulièrement à la Comédie de Béthune, et qu'a eu lieu, le 22 mai, la remise du prix Scenic Youth des lycéens pour les nouvelles écritures de théâtre. Quatre auteurs français cette année parmi les finalistes:

    Sylvain Levey pour Michelle, doit-on t'en vouloir d'avoir fait un selfie à Auschwitz?,

    Magali Mougel pour The Lulu Projekt,

    Michel Simonot pour Delta Charlie Delta

    et Yann Verburgh pour HS Tragédies ordinaires.

    Près de 250 lycéens de la région réunis à la Comédie pour une journée dense en ateliers et rencontres avec les auteurs. Le parrain de l'édition était le journaliste et critique Manuel Piolat Soleymat.

    C'est cette année le texte de Yann Verburgh qui remporte le prix.

     

    Back & Flash

     

    Back & Flash

    (c) Thomas Faverjon, rencontre avec les auteurs du prix Scenic Youth le 22 mai 2018.

     

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    Au mois de juin, et toujours à la Comédie de Béthune, nous avons présenté la très belle saison 18-19, que je vous invite à découvrir ici. En ce qui me concerne, vous pourrez y retrouver mon travail et celui de François Rancillac avec Les Hérétiques, ou encore voir ou revoir Une île, texte coécrit avec Samuel Gallet, mis en scène par Arnaud Anckaert et Julien Fisera, et dans lequel jouent mes camarades Céline Dupuis, Maxime Le Gall et Noémie Rosenblatt.

     

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    Back & Flash

    (Sur le chemin du Théâtre des Amandiers, Nanterre)

     

    De retour à Paris, après la résidence du mois d'avril à Montpellier, quelques jours de travail à la table avec Hélène Soulié et Juliette Plumecocq-Mech autour de SCOREUSE - Parce que tu ne peux que perdre si tu n'as rien à gagner, texte écrit pour l'occasion.

    Pour mémoire, il s'agit d'un monologue d'une demie-heure écrit suite à notre rencontre avec les basketteuses professionnelles de l'équipe du BLMA de Lattes. C'est dans le cadre du projet MADAM (Manuel d'Auto Défense à Méditer), où 6 autrices écrivent pour 6 actrices à partir des rencontres avec 6 groupes de femmes.

    Création les  1er et 2 février prochains au théâtre de Lattes.

     

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    Et dans les créations qui se préparent, il y a donc, comme mentionné plus haut, Les Hérétiques, dont nous avons fait la première lecture avec les actrices réunies pour la première fois, au théâtre de l'Aquarium, et en présence d'une partie de l'équipe du théâtre et de l'équipe de création. Et pour la première fois mettre des visages et des voix sur des personnages avec lesquels je vis depuis presque deux ans, et  pouvoir projeter ces cinq corps hérétiques dans la superbe scénographie pensée par Raymond Sarti. Répétitions à la rentrée, et d'ici là encore quelques retouches de texte, ces Hérétiques continuent à me donner quelque fil à retordre. Ce sera mi-novembre au Théâtre de l'Aquarium.

     

    Back & Flash

    (Première lecture avec les comédiennes des Hérétiques, le 4 juillet 2018)

     

    En ce moment même, les stagiaires de François Rancillac et Christine Guênon travaillent, toujours à l'Aquarium, autour de mes textes.

     

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    Enfin, pour clore ce mois de juin, j'ai eu le plaisir de rencontrer toute une équipe d'artistes autour de Marion Lévy à la Scène nationale de Narbonne, pour une "Surprise Party": une soirée déambulatoire de surprises et de découvertes pour les spectateurs. Outre le fait de présenter de nouveau notre première étape de Training, chaque artiste invité investissait un endroit du théâtre pour quelques minutes de performance. Un petit moment de grâce, où chaque proposition se répondait sans que nous l'ayons prémédité, et qui donne envie de renouveler l'aventure...

    C'était avec Marta Izquierdo, Johanne Saunier, Marion Lévy, Rami Khalife et le collectif Scale.

     

    Back & Flash

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    (c) Marion Lévy. Installation Ammonite du collectif Scale, avec le chanteur Rami Khalife.

     

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