• Saint-Pierre, septembre (semaine 2)

     

    Saint-Pierre, septembre (semaine 2)

    (Centre de Saint-Pierre, septembre 15)

     

    On prend ses habitudes. Au bout du second séjour, on connait la ville, les chemins pour passer d'un endroit à l'autre. On commence à reconnaître les visages, on retrouve les 4ème, les couloir du lycée Emile Letournel, on mène les derniers ateliers avant spectacle. Deux représentations sont réservées aux scolaires le mardi: elles sont pleines, soit 140 jeunes gens par représentation, venus voir un spectacle qui leur parle, auquel ils réagissent avec beaucoup de générosité et de finesse. Le matin-même, on rencontre les élèves de Miquelon venus passer la journée à Saint-Pierre pour un atelier d'écriture, le spectacle, une rencontre.

    On se dit que tout le travail de ces dernières semaines, c'était précisément pour ça. On essaye de faire comprendre autour de nous qui nous sommes et le but de notre travail. On passe à la télé, à la radio, on parle, on répond à des questions. On voudrait dire à tous les saint-pierrais d'être aussi curieux que les jeunes l'ont été, que ce n'est pas un si gros risque à prendre, d'aller voir un spectacle de théâtre, que, même si ça ne leur plait pas, ça aura au moins déplacé quelque chose.

     

    Saint-Pierre, septembre (semaine 2)

    Saint-Pierre, septembre (semaine 2)

    (La Cie du Veilleur sur SPM Première)

     

    On continue à travailler avec des enseignants, et avec des adultes, on est heureux de leur gourmandise, du plaisir qu'ils prennent à lire, écrire, inventer. On s'amuse aussi pas mal. On voudrait que ça dure plus longtemps. On a toujours le coeur qui flanche quand on voit un visage s'illuminer, une timidité se transformer en sourire.

    On n'en revient pas du soleil, on prend et on reprend sa respiration, on marche, on fait le plein d'odeurs, de couleur, de calme. On sait que dans deux jours il y aura le métro et les trains, et le téléphone rebranché et les sollicitations de toutes sortes, et le plus fou de tout ça: l'absence de littoral.

     

    Saint-Pierre, septembre (semaine 2)

    Saint-Pierre, septembre (semaine 2)

    Saint-Pierre, septembre (semaine 2)

    (Saint-Pierre, pointe du diamant)

     

    Saint-Pierre, septembre (semaine 2)

    (Saint-Pierre, vue sur l'île aux Marins).

     

     

     

     

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  • Avec une technique de fortune, l'appareil photo dans une main pendant que l'autre tient le guidon, deux moments filmés de la ballade entre Langlade et Miquelon dimanche dernier.

    Le passage des Buttereaux, sur l'isthme qui sépare Langlade et Miquelon: de la dune et l'océan de chaque côté.

     

     

     

    Et puis l'entrée dans le village de Miquelon, au bout de la course, avant de reprendre le bateau.

     

     

     

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  • Dimanche c'est dimanche. C'est traversée en bateau jusqu'à Langlade et Miquelon. On a beau avoir les yeux qui piquent sur le quai à 7h30, on a beau avoir la trouille que la brume ne se lève pas de la journée, de devoir rouler 25 kilomètres en vélo sous la pluie, on fait le pari de la magie, c'est maintenant ou jamais, dans une semaine on est dans l'avion, on retrouve l'Europe, les villes et les trains, plus possible de ressentir ce choc-là, absolu, qui travaillera longtemps dans les souterrains de la pensée, là où elle rencontre les frissons du corps. Alors on y va, quatre filles dans la brume et le vent, et au bout de quelques minutes on sait qu'on a fait le bon choix. J'avais déjà fait cette route début juin 14 lors de mon premier séjour. L'émotion esthétique est toujours aussi grande. Je n'ai pas parcouru beaucoup de pays, mais pas sûre d'avoir déjà vu ailleurs une beauté aussi grandiose.

    Ballade photo chronologique, c'est parti.

     

    Miquelon-parenthèse

     

    Miquelon-parenthèse

     

    Miquelon-parenthèse

     

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    Miquelon-parenthèse

     

    Miquelon-parenthèse

     

    Miquelon-parenthèse

     

    Miquelon-parenthèse

    (Langlade et Miquelon, 20 septembre 2015)

     

     

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    Saint-Pierre, septembre

     

    17 septembre.

    Je crois que j'aime bien ces temps d'aéroport, errance obligatoire, temps suspendu, lectures, rêveries, fatigues, léger stress et grande liberté pourtant, celle de se perdre dans une foule à la fois décidée et perdue elle aussi, une foule qu'on ne voit que là.

    La première chose qui me saisit en arrivant à Saint-Pierre, près de 23 heures après être partie de chez moi, c'est l'odeur de l'iode. Moi qui ne suis ni îlienne, ni d'aucun littoral, je me dis à chaque fois: comment fait-on pour vivre sans? L'air est doux, on dirait que la météo me réserve un accueil moins rude que la première fois (il y a un an et demi), que septembre est une saison qui va bien à Saint-Pierre.

    3 ateliers avec des collégiens le lendemain: pendant ces deux semaines, nous rencontrerons tous les élèves qui viendront voir le spectacle Days of Nothing, de Fabrice Melquiot, mis en scène par Matthieu Roy. Cercles et interventions croisées entre les comédiens  (Hélène Chevallier et Philippe Canales) et moi. Découverte en lecture de la première scène, et jeux d'écriture pour voir comment on fait, pour décoller en imagination. Mais le véritable objectif: impulser un peu d'assurance, un peu de liberté. Et les ados (ils sont en 4ème et en troisième) ont de la répartie, et ils rient et ils s'émeuvent, et je les trouve beaux et courageux, de nous laisser comme ça leur ouvrir le visage le temps d'une heure ou deux.

     

    18 septembre

     

    Saint-Pierre, septembre

     

    Nous continuons à rencontrer collégiens et lycéens, et ces rencontres se tricotent avec le projet de la Cie du Veilleur "Visages de notre jeunesse", dans lequel s'inscrit la création de ce spectacle. Visages ouverts, fermés, volontaires et émerveillés, des voix, des corps qui prennent conscience d'eux-mêmes. Et l'écriture de Fabrice Melquiot qui les amuse, les électrise, les fait rire ou rougir, les invite à des premiers éléments d'enquête dramaturgique.

    L'après-midi, c'est avec des adultes (enseignants), que ça se poursuit, passer par les différentes consignes, en parler. Retrouver certains visages de 2014, continuer à en découvrir les écoles, les endroits de la jeunesse.

     

    19 septembre

     

    Saint-Pierre, septembre

     

    Saint-Pierre, septembre

     

    Saint-Pierre, septembre

     

    J'ai du temps pour moi et du travail à faire. Mais je n'ai pas envie de m'occuper d'autre chose que le fait d'être ici et maintenant, me laisser faire par l'archipel, son temps et ses paysages. Il me reste à peine plus d'une semaine ici, je ne veux pas passer à côté du caillou.

    La brume est revenue. Je sors marcher sur le front de mer, prendre quelques photos. Et puis quand même, oui, avant d'aller retrouver l'équipe qui a repris les répétitions au centre culturel, je me rentre au chaud et me remets à mon travail.

    Saint-Pierre, septembre

     

     21 septembre

     

    En parallèle du spectacle et des ateliers, nous préparons une exposition qui tournera avec la pièce la saison prochaine en métropole: nous allons rencontrer les ados qui le souhaitent, ceux qui vivent, grandissent à Saint-Pierre, ceux qui y sont nés et ceux qui arrivent juste. Portraits photographiques, portraits sonores, et portraits écrits par eux. Je prépare le petit protocole pour qu'ils racontent avec confiance "l'ailleurs" dont ils rêvent, lointain ou très proche, un endroit du monde où un endroit hors du monde, inventé, où ils aimeraient se retrouver.

    Important aussi, pour faire connaître en Métropole cet archipel qu'on peine pour la plupart à situer sur une carte, un bout de France tout près du Canada.

     

    Saint-Pierre, septembre (semaine 1)

     

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  • Qu'on se rassure (ou pas), ce blog n'a pas vocation à devenir lieu de documentaire géographique ou animalier, mais cette journée sur le chemin entre Miquelon et Langlade a été riche et importante, et j'aurai besoin de revenir à ces sensations, à ces lumières, et aux regards croisés de ces animaux en liberté, quand je n'aurai plus d'oxygène dans les différentes activités enchainées, quand j'aurai de nouveau cette impression récurrente de manquer de temps comme on manque d'air pour respirer, ou que mon imagination ne fait que se heurter aux horloges ou aux murs des agendas.

     

    Miquelon (3)

    Miquelon (3)

    Miquelon (3)

    Miquelon (3)

    Miquelon (3)

    Miquelon (3)

    Miquelon (3)

    (Rencontres entre Miquelon et Langlade, 1er juin 2014)

     

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