• Apparaissons, allez

     

    Mon vieil ami, le Hasard du Calendrier, a encore bien oeuvré cette semaine, et m'a fait de beaux cadeaux, en inscrivant mes vadrouilles dans mon parcours d'auteure cette fois, et si cette place est souvent sujet de questionnements (quelle place sociale, quel statut choisir?), elle est aussi formidablement gratifiante quand les textes rencontrent des équipes et produisent de la belle énergie.

     

    Dimanche, d'abord, à Saran, pour la première fois je rencontre une partie de l'équipe de création de Nous les vagues. Avant les répétitions de février et la création de mars 2012, quelques jours de travail, de dialogue, de premières expériences. Une plongée dans un "nous" tout nouveau, que je rejoins pour la journée. Tenter de parler du projet, des origines, de la façon dont l'écriture elle-même (le rythme, le corps, la respiration) a amené des éléments de la structure et du sens. Se souvenir des différentes strates déposées  et découvrir celles qui continuent à arriver, parce que le monde chaque jour résonne un peu différement, et semble-t-il, de plus en plus fort avec ces appels au "nous" qui s'indigne et se soulève. Entendre pour chacun là où le texte emporte, ou bien résiste, heurte, interroge. Les comédiens (Cantor Bourdeaux, Océane Desroses, Dominique Journet Ramel et François Rozier), le metteur en scène (Patrice Douchet), obligés maintenant de se situer chacun, de trouver l'endroit d'empathie et de distance par rapport à mon texte aux distances lui-même variable (plongée dans la révolte et sourire désabusé sur soi-même...). Et puis la scénographie, le son, la lumière, toutes les questions des choix dramaturgiques que d'habitude je-nous posons aux textes des autres, maintenant appliquées à mes vagues de mots bricolés. Je me sens très privilégiée d'assister à une première réunion technique, puis aux premières lectures des comédiens. Et le "nous" de l'équipe touche juste, construit la prolongation de l'univers du texte, l'ouvre et l'étend. Je ne vous liverai pas ici les pistes qui se dessinent, tout est encore en train de naître, d'apparaître, et il faudra venir voir, entendre ces vagues chorales qui déjà circulaient très harmonieusement. Toujours si agréablement suprise, que la partition opère quand le texte est mis en bouche, moi qui ne suis pas musicienne. Que les images suscitent tant d'images, moi qui ne sais pas dessiner et qui écris sans voir

     

    Lundi ensuite, à Paris, autour d'une table, la même table à laquelle nous étions déjà il y a quelques mois, toutes les quatre, lorsque Johanna Silberstein, Aurore Déon et Caroline Maydat me parlaient de leur projet de théâtre en appartement, des parcours de vie de leurs grands-mères respectives, et que nous commencions ensemble à découvrir les codes des "réunions Tupperware". Cette fois, c'est Prodiges® que nous lisons, pour la toute première fois. Ma fébrilité est encore plus grande, le texte est à peine terminé, crayon à la main je guette encore ce qui à l'oreille me semble bancal, je traque les obscurités, les incohérences que j'aurais laissées là dans mon travail de réajustage. Nous essayons plusieurs distributions, nous éprouvons les choix qu'il faudra faire, les non-réponses que j'ai volontairement disséminées çà et là pour que chacun puisse construire à sa façon l'histoire sous-jacente. Et ici aussi, se positionner dans chaque tableau, sur la distance à prendre. Le texte n'est pas de la même pâte que Nous les vagues, moins lyrique, plus directement ironique aussi, il faudra déterminer à quel moment les personnages sont en jugement ou non sur ce qu'elles racontent. Il faudra trouver le juste rapport au spectateur. Mais l'amusement, déjà, est là, le ludique et les ruptures que j'affectionne. La prochaine étape, en janvier à Brioux sur Boutonne: première semaine de résidence et de mise à l'épreuve du texte par Matthieu Roy. Rendez-vous en 2012?




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  • Commentaires

    1
    Damien Boutonnet
    Dimanche 8 Janvier 2012 à 00:01

    Brioux sur Boutonne !!!

    "Mais c'est un plagiat" dit un présumé Damien Boutonnet

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