• Couper dans les vagues

     

    Voilà, c'est plus que confirmé: j'ai déposé ma demande de visa, les billets d'avion sont pris: je serai donc à Alger du 18 au 24 septembre prochains pour y faire une lecture de mon dernier texte, Nous les vagues, au MAMA (Musée d'art moderne d'Alger).

    C'est un texte que j'avais commencé à écrire en avril 2009 en Algérie, justement, à l'occasion d'une résidence organisée conjointement par l'association Gertrude II, à Lyon, et l'association Chrysalide, à Alger. S'étaient joint aux artistes lyonnais et algérois une équipe de jeunes slameurs et auteurs de théâtre de Sétif. Les oeuvres des auteurs rencontreront celles des plasticiens également accueillis en résidence par ces structures.

    Il est  important pour moi de venir rendre compte au public algérois, mais aussi aux camarades artistes croisés au début de cette aventure, de l'évolution de ce texte bizarre,  hybride, entre récit, théâtre et poésie, dont j'étais repartie avec une quinzaine de pages à la fin de nos dix jours de résidence.

    Il est aussi très excitant d'en imaginer une mise en voix au milieu des oeuvres, plastiques puisque, comme d'autres de mes textes, celui-ci interroge la théâtralité frontale et traditionnelle, et irait bien plutôt chercher du côté de l'installation et de la performance...

    Il s'agit d'un choeur, d'un ensemble de voix qui tour à tour prennent la parole et dessinent, à travers cinq parties bien distinctes, l'état d'un groupe, de sa force et de ses convictions. C'est une exploration de ce que "nous" veut dire.

    Je tente d'y entremêler l'individuel et le collectif, l'intime et le politique, en proposant un parcours du "nous" au "je", puisque le groupe se rétrécit progressivement, jusqu'à n'être plus qu'un couple, puis une personne seule.

    C'est un texte sur l'imaginaire de l'action collective. C'est l'histoire d'un mouvement, politique, militant, avec ses contrariétés et ses évidences. Je tente d'y mettre en place sur la page le flux et le reflux des élans et des convictions, en commençant par le gonflement des poitrines et en allant jusqu'à la fragilité du dernier souffle.

    Il s'agit peut-être aussi d'une histoire d'amour.

     

     

    Nous les vagues

    [Photo prise de Jijel, Algérie, où j'ai commencé à écrire le texte, avril 2009]

     

     

    La gageure est donc de rendre à moi seule, en lecture, ce parcours poétique aux voix multiples, mais aussi d'arriver à réduire mon texte (d'un quart? de moitié?) pour qu'il passe l'épreuve de la lecture, d'autant que je partagerai sans doute ce temps de présentation avec ma chère amie et grande auteur Hajar Bali.

    J'appréhende un peu de me replonger dans ces vagues, ciseaux à la main cette fois, et de trancher dans le vif d'un texte qui est encore assez proche de moi, et sur lequel les critiques me sont encore difficiles à entendre!...

    Je me demande aussi comment seront reçues par les algériens, au vu de leur histoire récente, mes interrogations sur l'action politique, qui va jusqu'à interroger la lutte armée. J'espère en tous cas que les élans collectifs que j'y décris, les envies de prendre en main les chose et de faire entendre sa voix, et les découragements auxquels on se heurte presque systématiquement, la fatigue que cela engendre, sauront recontrer les jeunes et les moins jeunes qui se battent au quotidien pour faire avancer leur pays, qu'ils soient algériens ou français...

     

     

    « Qui a peur du loup?Sans carte sans boussole sans équipement, de Noëlle Renaude »
    Partager via Gmail

    Tags Tags : , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :