• De la porosité

     

    Elle brûle

     

    Sortir de trois jours de travail, d'échanges, avec l'équipe retrouvée des Hommes Approximatifs, et se dire que Elle brûle, le spectacle qui s'en vient, qui n'est pour l'instant que l'étincelle de notre désir de théâtre et d'invention, se dire que quoi qu'il en soit il sera excitant, parce qu'à l'endroit de la nécessité, de ce que nous avons envie de faire et de dire ensemble.

    Du spectacle à venir je ne peux pas trop en dire. Sinon que pendant trois jours nous avons réfléchi à sa forme, à son dispositif, à la façon dont, dans notre théâtre, nous souhaitons accueillir le spectateur. Ce par quoi nous voulons le faire passer, qui ait un sens pour la compagnie après Se souvenir de Violetta, après Le Bal d'Emma. Et les modalités de notre prise de parole dans un espace public.

    Lors de nos réunions, nous parlons énormément de notre processus de création. La forme du spectacle à venir sera intimement liée avec la façon dont nous travaillons, et dont, comme dans les spectacles précédents, le réel dialogue avec la fiction, la fabrication professionnelle de spectacle avec des éléments empruntés à la vie d'un lieu (la salle des fêtes de Montélier), et à ses habitants réels (notre choeur du Bal d'Emma), à ce que la vie nous apporte dans le temps même du travail: questions, images, idées, liens insoupçonnés entre les choses.

    J'avance le mot d'écriture de la porosité. Pour tenter de dire. Pour nuancer les cases dans lesquelles on pourrait se mettre trop facilement et qui finissent par ne plus dire grand chose (je reviendrai sur l'expression "écriture de plateau", que je ne trouve pas tout à fait juste à l'endroit où nous nous trouvons. Bien sûr, il y a une écriture de plateau, et des allers-retours permanents entre la scène et la construction du spectacle. Mais pas seulement.)

    Porosité dans le temps de la création, puisque, si chacun d'entre nous reste bien à la place de son savoir-faire, nous avançons tous en même temps dans la construction de ce spectacle. Le texte ne précède ni l'espace, ni les costumes, ni le jeu, il les teintera de ses intuitions autant qu'ils sera teinté par les trouvailles des autres.

    Porosité, surtout, aussi, entre le théâtre et son environnement, pour ne pas oublier que la boîte noire se trouve toujours reliée à un espace, un territoire, un temps et une histoire définie, que les spectateurs n'arrivent pas de nulle part, mais avec ce qu'ils sont, ce qu'ils attendent, ce qu'ils projettent déjà de ce que nous leur raconterons.

    Porosité entre le vrai et le faux, le spectaculaire et le minuscule, le hasard et la mise en scène, à cet endroit de mystère insondable et de curiosité, à la frontière du fait-divers.

     

     

     

     

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