• Déroulement d'une jeunesse

     

    Et pour conclure, alors que les représentations à Théâtre Ouvert se sont achevées samedi soir, avant celles d'Epinal la semaine prochaine, voici, saisies au vol, quelques images de la jeunesse au fil du spectacle, dans les textes comme dans la mise en espace...

    En espérant que cette jeunesse aura une suite...

     

     

    Actualités

     

    [ Pauline Jambet, Noémie Rosenblatt et Juliette Peytavin]

     

     

    La jeunesse commence dans un carton (et finira dans une poubelle !)

    Elle sourit, elle doute.

    Elle ne sait pas si son sourire doit aller vers le haut ou vers le bas.

    Elle attend.

    Elle est éparpillée.

     

    Elle se situe par rapport à la génération précédente.

    Elle apostrophe.

    Elle distingue les jeunes et les vieux.

    Elle cherche des coupables et n’en trouve pas.

    Elle rêve de se plonger dans la réalité.

     

    Elle s’y plonge, dans la réalité, au moment de chercher un logement

    Elle est toujours dans / sur / au milieu des cartons.

    Elle n’a pas encore eu le temps de sortir de son emballage.

    Elle pourrait être estampillée « fragile », on ferait plus attention.

    Elle cherche un endroit où poser ses cartons.

    Elle cherche où faire son nid.

    Elle cherche comment s’asseoir confortablement.

    Elle a le cul entre deux chaises.

    Elle est ébranlée dans ses bases et dans ses relations.

    Elle est obligée de tricher, de jouer avec des règles du jeu qui n’ont pas été écrites pour elle.

    Elle est doit passer entre les mailles d’un filet qui n’a pas été pensé pour elle.

    Elle ne peut pas s’appuyer sur ses études, sur son travail.

    Elle doit toujours revoir ses ambitions à la baisse.

     

    Elle se regroupe en chœur, tente le dialogue.

    Elle se définit elle-même, dessine ses extrêmes.

    Elle se donne trois piliers : « pâtes, cv, Pôle Emploi ».

    Elle a arrêté ses rêves en route : « Et puis bon »…

     

    Elle se heurte à un mur de parpaing.

    Elle se heurte à l’impossibilité du collectif.

    Elle accuse à tort et à travers.

    Elle est injuste.

    Elle perd des forces vives.

    Elle sort de scène, petit à petit.

    Elle pardonne.

    Elle communique mieux par mails qu’en direct.

     

    Elle est écrasée par les chiffres qui découragent et tentent de la définir.

    Elle se recompose en chœur autour des désarrois et des parcours communs.

     

    Elle se raconte.

    Elle est sceptique sur l’égalité des chances.

    Elle s’oriente.

    Elle fait l’expérience des voies de garage.

    Elle fait de la mécanique, aussi.

    Elle écoute de tout.

    Elle n’a pas confiance.

    Elle coûte trop cher quand elle travaille.

    Elle rêve pourtant de se salir les mains.

     

    Elle rêve de liberté.

    Son visage s’illumine.

    Elle fait des projets.

    Elle jette un regard au ciel et connaît le nom des étoiles.

     

    Elle imprime ce qu’elle est au dos de ses t-shirts.

    Elle apprend de nouvelles règles.

    Elle force un peu la logique.

    Elle se fait une expérience.

    Elle n’est sûre de rien, mais ce n’est pas très grave.

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Flo.L
    Vendredi 3 Décembre 2010 à 19:57

    Afin de poursuivre cette réflexion, on peut aller consulter l'article du journal Le Monde intitulé "Parvenir à l'égalité réelle est un beau projet de société" (article du 30 novembre 2010, rubrique société du site) où il est notamment fait allusion à "la place que la société refuse à sa jeunesse".

    2
    Mariette Profil de Mariette
    Dimanche 5 Décembre 2010 à 20:22

    Merci Flo! C'est vrai que c'est un sujet dont il est beaucoup question en ce moment... il serait temps! Des bises.

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