• Ecrire Emma

     

    Le Bal d’Emma s’écrit depuis plus d’un an, et pourtant, à quelques jours du premier jour de répétitions, il n’y a pas de mots à vous dévoiler, pas de texte au sens propre du terme, je veux dire au sens traditionnel, je veux dire au sens habituel, je veux dire au sens qui voudrait que les mots dits par les personnages précèdent leur corps, précèdent leurs relations, précèdent la lumière par laquelle ils sont éclairés, précèdent l’environnement dans lequel ils évoluent.

    L’écriture du Bal d’Emma, c’est donc, pour l’instant, la rencontre avec les acteurs, professionnels et amateurs, qui joueront dans le spectacle, le choix de la salle de bal de Montélier et comment nous en tirerons parti pour raconter cette fête organisée par Charles pour Emma, c’est le choix des musiques et leur orchestration, ce sont les costumes et la façon dont ils inventent eux aussi des situations nouvelles.

    Le texte du Bal d’Emma, c’est pour l’instant Le cahier d’Emma, une trentaine de fiches éparses, situations, points de départs dramatiques, images, sons, qui dessinent plus ou moins le parcours d’un délitement, de la fête rêvée à la désillusion. Ce sont des gros plans sur Emma mais aussi sur les personnages qui pourront peupler ce bal, raconter son entourage proche ou les habitants de la petite ville dans laquelle elle s’est installée avec Charles.

    Le Bal d’Emma s’écrit collectivement, à coups de photos, de musiques, de croquis, de notes, de documents word sans arrêt modifiés.

    Parce que c’est un théâtre où ce qui est au cœur, ce sont les relations entre les personnages, leurs sensations du monde et de cet instant hors du temps qu’est le Bal, on ne sait pas encore s’ils sauront et pourront mettre des mots sur ce qu’ils vivent, il ne faut pas oublier que Flaubert donne lui-même peu la parole à ses personnages dans son roman. Ce qui se passe est intérieur. Les images, tantôt féériques, tantôt crues, prendront en charge les grands écarts qui malmènent Emma.

    Le Bal d’Emma pose la question du mot même d’écriture. Elle est ici notation, organisation, proposition, elle ne peut rien engager en avance qu’outil et canevas. Elle ne peut pas s’extraire de l’ensemble, sinon sous forme d’une série de phrases courtes, titres, propositions descriptives, paroles de chansons, situations d’improvisations à poser sur le papier.

    L’écriture ne rentre pas dans les cases, ne peut pas donner de gages par avance. Elle ne pourra prendre forme qu’au moment des répétitions. Elle passe donc à côté de toutes les aides à l’écriture existantes et pourtant, oui, Le Bal d’Emma s’écrit depuis plus d’un an.

     

     

    Ecrire Emma

     

    Vues de très haut, le cahier du Bal d'Emma à la veille des répétitions...

     

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