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    Elle brûle pendant un mois à Paris

     

    (c) Elizabeth Carecchio / La Colline

    Après une belle semaine à Valence, où le spectacle a rencontré le public à la mesure de nos espérances (les plus folles), et continué à évoluer de soir en soir, Elle brûle aborde la seconde étape de l'aventure et se met en route vers Paris. La famille bauchain posera ses valises au théâtre national de la Colline pendant un mois, changera sans doute, réinventera, dans tous les cas, tous les soirs.

    Parce que, il faut sans doute le répéter, la partition n'est pas écrite intégralement, que les mots dits par les acteurs sont différents à chaque représentation hormis quelques rendez-vous précis, des "tops" pour orchestrer entrées, sorties, partition sonore et lumineuse, quelques textes fixés à des moments bien particuliers.

    De mon côté je ne vais pas suivre toutes les représentations du spectacle, mais j'aurai grand plaisir à le redécouvrir ponctuellement, à me laisser surprendre, reprendre par cette histoire, ces personnages, cette spirale dans laquelle Emma nous entraîne.

    Merde aux acteurs et régisseurs qui s'apprêtent à partir dans ce voyage, à Caroline, et à toutes les histoires dans l'histoire, que nous ne soupçonnons pas toujours mais qui se révèlent chaque soir à travers les regards et interprétations des spectateurs.

     

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    Elle brûle: première

    (c) Jean-Louis Fernandez, photo de répétitions

     

    Ce soir, c'est donc la première représentation d'Elle brûle, et, si nous savons que le spectacle va continuer à avancer et à se préciser, c'est aussi le moment où il nous échappe, nous surprend. C'est peut-être aussi le moment, face au public, où on se rendra compte pleinement de ce qu'on a fabriqué, de la façon dont ça agit pour qui le découvre d'un bloc, de ce que ça raconte de nous en train de raconter le monde...

    Alors, en attendant de s'ouvrir aux regards, un grand MERDE à toute l'équipe, et bon envol pour la suite, après sept semaines de travail et de partages...

     

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    Tirer les lignes

    (Coulisses 1)

     

    Septième et dernière semaine.

    Où il va s'agir de doser, mesurer chaque information.

    C'est comme si jusqu'ici l'écriture de notre spectacle s'était faite en profondeur, en épaisseur.

    Une matière d'une très grande densité, couche après couche.

    Avec le travail sur le hors-champ, la façon de nourrir chaque chose, les improvisations, les relations entre les personnages.

     

    Maintenant il nous faut faire le travail de dérouler.

    Lancer des flèches qui traversent le spectacle d'un bout à l'autre.

    Tendre les questions, la matière.

    Maintenant il faut tirer les ligne de cette écriture qui s'invente à mesure des répétitions, des discussions.

    Trouver les lignes droites et les reliefs.

    Lignes de crête pour qui découvrira notre histoire pour la première fois.

    Une information après l'autre.

    Des flèches tirées dans la chair de la fiction.

     

    Puis fluidifier, travailler les rouages, les transitions.

    Mettre de l'huile dans les rouages de la machine.

    Lui donner le juste mouvement.

     

    Tirer les lignes

    (Coulisses 2)

     

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  • Ci gît la vie d'une famille ordinaireCi gît la vie d'une famille ordinaire

     

     

     

     

     

     

    Ci gît la vie d'une famille ordinaireCi gît la vie d'une famille ordinaire

     

     

     

     

     

     (c) Les Hommes Approximatifs

     

    "Il y a quelque chose de méticuleux dans cet alignement, et pourtant on dirait qu’une maison a été vidée de sa moelle. On dirait que ça vit encore, que c’est encore chaud, comme on dirait d’un corps. Une intimité gît là, vous reconnaissez les objets d’une vie, une famille a mangé là encore récemment, n’est-ce pas, et ces tiroirs, où l’on allait chercher chaque matin un vêtement pour s’habiller, on dirait qu’ils n’ont même pas eu le temps de prendre la poussière.

    On est allé cueillir des formes et des moments d’un quotidien. Vous vous demandez si vraiment ça vous regarde, ces bijoux, ces jouets, cette armoire à pharmacie, cette poubelle de salle de bain.

    On dirait le musée d’une vie ordinaire, la petite anthropologie d’une famille occidentale. Vous commencez à chercher ce que ces objets peuvent avoir en commun, ce qu’ils racontent d’un lieu, d’une famille. Vous commencez à comprendre que si tous ces objets ont été réunis ici c’est qu’ils proviennent du même gisement. Vous commencez à vous imprégner d’un morceau de monde qu’on a décortiqué et reconstitué pour vous.

    Vous vous en étonnez. Comment une maison a-t-elle pu être comme ça, vidée de son mobilier ? D’autant que la plupart des éléments ont l’airs récents. Rien n’est abîmé. Il n’y a pas eu, visiblement d’inondation ni de tempête. Mais n’empêche, vous en avez de plus en plus la certitude : c’est habité, encore. Ou bien le cadavre est encore chaud. Il a dû se passer, il y a peu, quelque chose de terrible."

    (Extrait du travail préparatoire autour d'Elle brûle).

     

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    Cinquième semaine de travail. Où il devient difficile d'être disponible à autre chose dans le monde que le projet en cours, la nuit ça continue les mots, les images du monde inventé, les joies, les craintes, l'envie d'être à la hauteur de l'ambition.

    Pour la première fois, cette semaine, nous déroulons l'ensemble, les choses travaillées jusqu'à présent mises bout à bout, on dit "un monstre" pour son aspect trop long, ses maladresses, les transitions à découvrir, les petits bricolages qui subsistent. 

    On prend une vue d'ensemble, on se rend compte de comment ça travaille maintenant, ce nouveau "tout", comment le temps agit, nous voyons là où sont les forces, les reliefs, là où il faut encore les inventer. Travailler encore les surprises, les surgissements.

    De la dentelle, maintenant. Un énorme morceau de dentelle. Où j'essaye quant à moi d'être attentive à la façon dont les quelques textes écrits trouvent leur place au milieu de la parole improvisée, des scènes qui se fixent, se précisent peu à peu. Depuis quelques temps j'ai travaillé à rendre ces fragments proches du plateau, à trouver la façon dont ils pouvaient, le plus naturellement possible, se mêler aux mots des personnages tels que nous les découvrons jour après jour. Maintenant, dans les jours qui nous restent, je pressens qu'il va falloir travailler l'autre aspect, l'entrechoquement, comment au contraire ils surgissent et détonnent avec le reste, inattendus créent une matière différente, un relief, une collision.

    Comme dans la dernière étape de retravail d'un texte, il nous faut, alors, doser chaque chose pour ménager des progressions, des chocs et des suspensions, il nous faut dompter le monstre pour un faire un spectacle, sans l'assagir pour autant, sans lui enlever la part de folie qui l'anime.

     

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