• Impeccable

    Impeccable

     

    Il s'installe parmi les collégiens, au milieu de la classe.

    Il bouscule un peu leurs habitudes.

    Il est curieux, d'ailleurs, des habitudes de chaque classe, de la logique, de l'organisation.

    Il vient de loin pour rencontrer ces adolescents, pour trouver parmi eux ceux qui comme lui ont la bougeotte, ceux qui font partie du clan des nomades, que les frontières dans les têtes et dans les géographies font souffrir.

    Il marche et prend les trains, apprend les langues et passe les frontières, rencontre la peur qui montre les dents, n'a jamais les bons papiers à présenter, dort dehors, parle un français spécial, pas vraiment impeccable, il rêve de voyages désorganisés et sait que la Terre est une boule, que sur une boule il faut tourner.

    Il passe.

    Il parle.

    Il n'a pas, comme d'autres, des racines sous les pieds et l'amour de la Patrie.

    Quand on veut le fixer quelque part, il déserte.

    Il est Viktor nomade, Viktor curieux.

    Il est le personnage d'un texte que j'ai écrit cet été, et qui sera joué cette saison dans les classes de 4ème, sur une proposition de Virginie Boccard et Fabrice Melquiot. Ce texte, intitulé Impeccable, ainsi qu'un autre monologue d'Odile Cornuz rencontrée en Suisse l'année dernière, seront joués dans le Jura, en Haute-Savoie, dans le canton de Genève et de Neuchâtel.

    C'est Alexis Armengol qui signera la mise en classe.

     

    *

     

    J'ai écrit une première version du texte cet été, puis une seconde pour ancrer le personnage un petit peu plus dans le réel, même s'il reste lunaire, poétique, avec son aversion pour les frontières et une langue qu'il se fabrique avec application. Et puis encore une troisième version, parce que certaines des portes (les plus politiques), je n'avais fait que les entrouvrir, parce que j'ai eu la très désagréable certitude de tourner autour de quelque chose, et de passer à côté du centre.

    "Le monde est là, bien plus fort que le moindre des textes. Impossible de tricher, de biaiser. Il faut être dans la vérité, aussi poétique et transformée soit-elle. Surtout pour parler à des ados. On n'a pas le droit de se cacher, de les prendre pour des imbéciles, de ne pas leur donner tout ce qu'on a au fond du ventre. On ne peut pas parler d'une chose à moitié. On ne peut pas effleurer, il faut aiguiser, durcir. Sculpter, tendre. D'une version à l'autre: disspier la brume. Acérer les lames." (notes sur carnet).

    Le texte reste plutôt léger, le personnage souriant,  comme il dit "sympathique", j'espère complice avec les spectateurs. Et je pense à cette phrase de l'ami Antoine Wauters qui écrit "des choses dures avec des mots doux". Peut-être de cette famille-là, Viktor.

     

    Impeccable

     

     

     

    « Associée aux Scènes du Jura pour la saison 15-1630 secondes de cache-cache »
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