• Le 17 juin au Théâtre de Théo Argence de Saint-Priest

     

    Le 17 juin au Théâtre de Théo Argence de Saint-Priest

     

    Si je vous encourage très chaleureusement à venir à Saint-Priest la semaine prochaine, le mardi 17 à 19h30 pour être précise, ce n'est pas seulement pour le plaisir de passer une soirée festive ou de vous faire découvrir Les feux de poitrines, le texte qui sera joué ce soir-là et que j'ai écrit spécifiquement pour les participants de tous âges des ateliers amateurs, qui pendant une année ont fait vivre la Fabrique auprès de douze professionnels. Ce n'est pas seulement parce que ça parle de fête et de résistance au froid et de la façon dont on s'organise pour maintenir le feu, et collectivement. Ce n'est pas seulement parce que ce sont des "fêtes pour rester vivants".

    C'est, beaucoup plus gravement et concrètement, parce que le projet que développe Anne Courel depuis plusieurs années à Saint-Priest est très directement menacé par une nouvelle municipalité qui ne comprend pas l'intérêt de s'occuper de théâtre contemporain, de théâtre en général on peut le croire, et qui trouve sans doute dangereux ou indécent de créer du lien comme le font les artistes de la Fabrique, entre les jeunes et les adultes, les professionnels et les amateurs, de donner à chacun une place (un groupe de jeunes gens a participé par exemple à sa façon en prenant des photos des membres de la fabrique, un très beau travail que vous pouvez trouver en ligne sur le site du projet).

    Si je vous encourage à être là c'est qu'il faudra être nombreux, à montrer que tout cela ne nous indiffère pas, et qu'on ne veut pas vivre dans un monde où le loisir prime sur tout, où chacun est amené à rester à sa place, sous contrôle, où la fantaisie, la pensée, la fête partagée sont devenus les ennemis à combattre. Nous combattrons et défendrons ce pour quoi nous faisons nos métiers. Mais nous avons besoin de vous.

    Les attaques fusent de tout côté, contre les professionnels de la part du gouvernement, et contre le travail avec les amateurs à des niveaux plus locaux, on nous dit qu'il est criminel de raconter des histoires aux gens, que la vraie vie ce n'est pas ça. On nous dit que c'est trop élitiste, sans se donner la peine de se déplacer pour juger par soi-même. On voue un culte à la bêtise, à l'abrutissement, à la tristesse, peut-être, qui est tellement plus facile pour accéder au pouvoir quand on a les idées rances que l'on sait. Je tenterai dans les jours qui viennent d'écrire pour comprendre mieux les raisons de cette haine, de ces attaques, de cette peur et de ce que nous venons toucher profondément chez les partisans d'un "réel" auquel je ne crois pas.

    Quant à l'utilité de ce que nous faisons, il suffit de prendre la peine de venir voir, un fou-rire pris en commun, la naissance d'un moment de théâtre, un visage qui s'éclaire.

    Je compte sur votre soutien, et pour faire passer l'information de la menace qui pèse sur ce projet dès la saison prochaine (le théâtre contemporain a d'ores et déjà été rayé de la programmation dès le lendemain des municipales). Empêcher les gens de se rencontrer, de penser autrement, d'avoir des outils pour comprendre et s'exprimer sur leur monde, c'est aller droit à l'explosion. Je veux avoir résisté à la violence qui vient.

     

    Les enfants :

    Et si quelqu’un n’y croyait plus ?

    Et si quelqu’un ne voulait plus jouer ?

    Ou si quelqu’un ne voulait plus nous obéir ?

    Ce serait la fin de la fête.

     

    Il faudrait retourner dans nos maisons.

    Dans nos chambres d’enfants

    Dans nos horaires d’école

    Il faudrait de nouveau se coucher tôt.

     

    Nous ne voulons pas que ça s’arrête.

    Nous voulons continuer à inventer cette fête,

    A inventer le programme de chaque journée :

    Les danses, les repas, les promenades.

    Nous voulons continuer à inventer des jeux.

     

    Alors faisons tout pour que la fête continue,

    Pour que le bonheur ne se repose jamais,

    Jusqu’à ce que nous soyons adultes,

    Et plus longtemps encore.

     

    Est-ce que tout le monde vote oui ?

    Alors au travail !

     

    (Extrait des Feux de Poitrine, mars 2014, à paraître aux éditions Quartett en mars 2015.)

    Le 17 juin à Saint Priest

    Pour écrire Les feux de poitrine, c'est des propositions des participants dont je suis partie, des dizaines de post-it et d'idées qui m'ont aidée à construire une atmosphère, qui m'ont donné envie de choralité, de scènes de groupe, d'une mélancolie qu'on combat pas à pas, jusqu'au feu de la victoire.

     

    Le 17 juin au Théâtre de Théo Argence de Saint-Priest

    (c) Théâtre Théo Argence

    « 30 secondes de magie30 secondes de bal fantôme »
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  • Commentaires

    1
    Mercredi 11 Juin 2014 à 08:43

    La créativité n'a pas besoin des politiciens.

    2
    Jeudi 12 Juin 2014 à 16:50

    La créativité appartient à chacun, mais la culture est une donnée collective et éminemment politique. La façon dont chaque société se comporte vis-à-vis de sa culture est révélatrice de son état de santé, de violence, et de la place qu'elle donne à l'épanouissement de ces citoyens. Et c'est à eux (à nous) de la défendre.

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