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    A l'attention de tous ceux et toutes celles qui n'ont pas pu être à Montélier pour voir Le Bal d'Emma, je partage les très belles images du photographe Jean-Louis Fernandez, qui avait déjà immortalisé Se souvenir de Violetta, création précédente de la compagnie, voir ici)

     

    Traces d'un Bal (photos de Jean-Louis Fernandez)

     

    Traces d'un Bal (photos de Jean-Louis Fernandez)

     

    Traces d'un Bal (photos de Jean-Louis Fernandez)

     

    Traces d'un Bal (photos de Jean-Louis Fernandez)

     

    Traces d'un Bal (photos de Jean-Louis Fernandez)

     

    Traces d'un Bal (photos de Jean-Louis Fernandez)

     

    Traces d'un Bal (photos de Jean-Louis Fernandez)

    ©Jean-Louis Fernandez.

    Scénographie d'Alice Duchange, costumes de Benjamin Moreau, lumière de Jérémie Papin, mise en scène de Caroline Guiela Nguyen (et son d'Antoine Richard même si ça ne se voit pas sur les photo!)

     

     

     

     

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    Après le Bal

     

    Le Bal est fini. Les robes sont redevenues papier, la décoration sera enlevée tout à l'heure, rendra à la salle Marcel Pagnol sa nudité rose.

    Cette première aventure de la compagnie des Hommes Approximatifs autour d'Emma Bovary se clot en même temps que le festival Ambivalence.

     

    Après le Bal

     

     

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    Après le Bal

     

    Regarde-moi, Charles.

    Tu te démènes, à arrondir mes angles, avec tes mains comme au flanc des vaches, tu me gardes dans ton giron, tu m’engraisses en me parlant de ton amour de la campagne, tu me prends le bras à la promenade et il faut bien que je te suive, dans les flaques de boue il faut bien que je m’enfonce, et mes pieds me trahissent en se chargeant de boue. Je brûlerai tous les souliers salis, qui pourraient laisser voir que parfois je te suis dans les chemins de terre, quand tu me tiens le cou juste au dessus des marécages.

    Regarde-moi. J’oublierai ce dans quoi nous nous sommes vautrés jusque là, défaite après défaite et les champs de bataille foulés par les sabots des vaches plutôt que par ceux des chevaux. J’oublierai les déglutitions lourdes dans le silence de nos soirées, les assauts de ta peau froide quand je croyais pourtant la mienne plus glacée. J’oublierai ton sommeil lourd, tes tentatives pour m’amuser, j’oublierai les journées seule à ma fenêtre si tu me regardes, si tu comprends de quelle histoire je veux être le personnage : n’as-tu jamais entendu parler de flambeaux, de chevaux blancs qui paraissent flotter, qui soulèvent du sol des carrosses comme en verre, n’as-tu jamais entendu parler de la finesse du cristal, des mains blanches à s’en casser, des danses comme entraînées par le vent, de la blondeur des hommes jeunes et du souffle des corps unis ?

    Regarde-moi et comprends, comme d’autres êtres sont capables de beauté, de ne jamais croiser la crasse, de ne rien démolir, de ne laisser sur aucun verre aucune trace de gras, de ne peser rien quand ils marchent sur la neige, de ne connaître le sang que pour leur monter au joues, le vin pour célébrer, la bouche pour couvrir les dents étincelantes.

    Je veux être de ces oiseaux précieux qu’on voit dans les serres, qui jamais n’ont affaire avec les flaques, et non pas des moineaux comme tu dis que je suis, et qu’on trouve gelés morts tout le long des fossés. 

     

    (Le Bal d'Emma, extrait du texte, mai 2012)

     

     

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    « Dans l’après-midi, quelquefois, une tête d’homme apparaissait derrière les vitres de la salle, tête halée, à favoris noirs, et qui souriait lentement d’un large sourire doux à dents blanches. Une valse aussitôt commençait, et, sur l’orgue, dans un petit salon, des danseurs hauts comme le doigt, femmes en turban rose, Tyroliens en jaquette, singes en habit noir, messieurs en culotte courte, tournaient, tournaient, tournaient entre les fauteuils, les canapés, les consoles, se répétant dans les morceaux de miroir que raccordait à leurs angles un filet de papier doré. L’homme faisait aller sa manivelle, regardant à droite, à gauche et vers les fenêtres. De temps à autre, tout en lançant contre la borne un long jet de salive brune, il soulevait du genou son instrument, dont la bretelle dure lui fatiguait l’épaule ; et, tantôt dolente et traînarde, ou joyeuse et précipitée, la musique de la boîte s’échappait en bourdonnant à travers un rideau de taffetas rose, sous une grille de cuivre en arabesque. C’étaient des airs que l’on jouait ailleurs sur les théâtres, que l’on chantait dans les salons, que l’on dansait le soir sous des lustres éclairés, échos du monde qui arrivaient jusqu’à Emma. Des sarabandes à n’en plus finir se déroulaient dans sa tête, et, comme une bayadère sur les fleurs d’un tapis, sa pensée bondissait avec les notes, se balançait de rêve en rêve, de tristesse en tristesse. Quand l’homme avait reçu l’aumône dans sa casquette, il rabattait une vieille couverture de laine bleue, passait son orgue sur son dos et s’éloignait d’un pas lourd. Elle le regardait partir. »

    Première partie, chapitre IX

     

    On l’avait lu dans les premiers moments de notre rêverie autour d’Emma et du bal, puis digéré, oublié. Après plusieurs filages, comme le spectacle commence à « prendre », cette petite boîte de Flaubert, bal en miniature, me semble cristalliser tout ce qu’est notre spectacle. Boîte parfois magique, parfois inquiétante, machine à rêves qui ne cesse de se gripper et dans laquelle les personnages sont prisonniers, qui vient secouer dans les imaginaires les aspirations à une autre réalité. 

     

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    A moins d’une semaine de la première, se dire que tout est encore en mouvement peut provoquer quelque vertige. Pourtant, c’est aussi l’endroit qui fait que ce projet ne sera pas, à mon sens, un spectacle de plus. Si, comme je le pense, les conditions de production d’un projet influent sur sa forme et donc sur ce qui se raconte, Le Bal d’Emma aura les forces et les fragilités du lieu auquel il emprunte tant, du nombre de personnes impliquées dans l’aventure, du temps court pour orchestrer cet objet théâtral non identifié comme je les affectionne.

    Dans ce processus de création, rien n’est jamais acquis puisque le détail ne cesse d’influer sur l’ensemble et inversement, mais quelque chose tout de même est en train de naître, qui pose LA question qui me passionne entre toutes : où commence le théâtre ?

    Chacun des langages utilisés dans la pièce (improvisation réaliste, moins réaliste, texte de Flaubert, texte contemporain, mouvements, sons, lumières, costumes…) fait frotter le théâtre avec autre chose, déplace légèrement, expérimente différentes façons de créer du sens et de l’émotion.

    ça va commencer

     

     

     

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