• Le cargo des auteurs, départ proche

     

    Je l'avais annoncé aux destinataires de mes "nouvelles fraîches", j'avais commencé à en parler autour de moi, voilà maintenant que le départ approche: le 20 août prochain, nous serons 6 auteurs de théâtre à embarquer à Dunkerque à bord d'un cargo de marchandise, le Fort Saint-Pierre (voir son petit minois ci-dessous) pour deux semaines à travers l'océan Atlantique, coupés de tout et à travers les flots, en direction de la Guadeloupe, où nous resterons une semaine, accueillis par l'Archipel, scène nationale. Cette résidence nous est proposée par le Centre national du Théâtre (de plus amples informations sur le projet "Le cargo des auteurs" ici).

     

    Le cargo des auteurs, départ proche

     

    La première semaine, le cargo longera les côtes françaises pour charger la marchandise (escale le 22 août à Rouen, le 24 août au Havre, le 25 août à Montoir-de-Bretagne), puis une semaine de traversée pour arriver aux alentours du 3 septembre à Pointe-à-Pitre.

    Les six auteurs (Eric Pessan, Claudine Galea, Magali Mougel, Sabine Revillet, Michel Sodoroff et moi) seront les seuls passagers parmi l'équipage de la Marine Marchande. Pas vraiment une croisière, donc, bien que nous ayons chacun une cabine, et la possibilité de flâner et de chercher l'inspiration des heures entières face à l'horizon.

     

    Le cargo des auteurs, départ proche

     

    Parce que ce qui nous est offert dans une résidence, et dans celle-ci en particulier, c'est avant tout du temps, un espace déconnecté de toutes les contraintes qui nous grignotent tout le reste de l'année. Une parenthèse de temps vrai, hors agenda, hors horaires, alors que, pour la plupart des artistes, le plus gros du temps est d'ordinaire occupé à répondre aux demandes et aux désirs des autres, à se déplacer, à reprendre ses marques, à passer d'un projet à l'autre, d'une urgence à l'autre. Sans compter la complexité administrative de statuts parfois inexistants, ou les mini-batailles pour être payés, tenus au courant des choses. Quand on est "sur Terre" il faut avancer dans les contraintes tracées par d'autres, il faut gagner jusqu'à sa vie. C'est qu'il faut donner des gages, c'est qu'il faut la justifier socialement, notre liberté.

    Et puis il y a le temps du quotidien, et de la vie sociale, familiale, amoureuse, théâtrale, amicale. En lutte constante avec l'écriture: un monstre qui n'a que faire de tout ça et qui exige l'exclusivité. Cette chose terrible qui restera le point irréductible quand tout s'écroulera autour, la seule certitude. Je reparlerai de ce monstre, autour duquel ma vie telle que je suis en train de la construire pivote désormais. Je ne parle bien évidemment qu'en mon nom, mais je connais d'autres personnes qui abritent de tels géants au fond de leur ventre.

    Pendant deux semaines, au moins, nous pourrons offrir à nos monstres l'horizon le plus vaste: pendant deux semaines, au moins, nous n'aurons pas les pieds sur terre.

     

     

    « Chère ChartreuseAu vert »
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  • Commentaires

    1
    Mardi 31 Juillet 2012 à 23:58

    oui, jeconfirme pour le monstre.

    il va falloir en profiter pour le nourrir

    2
    Mariette Profil de Mariette
    Mercredi 1er Août 2012 à 10:19

    Je le nourrirai de poissons! (monstre otarie?)

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