• Le ciel n’est jamais si bleu qu’à sa brisure

     

    (Je crois que je mélange ici deux vers d’Aragon – j’avais écrit « deux verres », c’est l’esprit Chartreuse- « le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés » et « le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure » in Les Yeux d’Elsa)

     

    Le ciel n’est jamais si bleu qu’à sa brisure

     

    Je comprends aujourd’hui plus concrètement ce que veut dire écrire un texte en le cassant, passer dans ton texte avec un marteau, donner des grands coups dans un texte. Jusqu’ici, appliquée, nouvelle, je travaillais plutôt à bien ciseler, à ce que chaque phrase tienne bien droit, je choisissais chaque mot pour avoir le nombre de pieds conforme à la petite musique que j’avais dans l’oreille.

    Aujourd’hui je lutte plutôt contre la petite musique. Je casse la voix qui trop facilement se mettrait à ronronner. Il me faut donc avancer dans Perdre en deux temps : tracer la route, explorer, je dis « avancer au kilomètre », mettre sur la feuille tout ce qui vient, il sera bien temps après d’agencer, de renforcer l’architecture, de sortir la cisaille. Me « brancher » sur la source, là où le magma coule, tout prendre, tout étaler.

    Et puis ensuite revenir, mettre dans le phrasé, dans les images, des surprises et des déséquilibres, condenser, densifier, traquer tout ce qui voudrait faire joli, tout ce qui, au final, est un alexandrin, un octosyllabe déguisé et qui donne à l’oreille le confort de la métrique reconnue, rassurante. Perdre n’est pas rassurant. Même si, je l’espère, la seconde partie donnera de l’espoir et de la joie.

     

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