• Le coeur d'où tout rayonne

    Le coeur d'où tout rayonne

     

    Troisième semaine des répétitions. Où se pose toujours la question de la construction, et se précise l'idée que jamais il ne faut trop longtemps s'éloigner du centre, de la situation de deuil qui constitue le point de départ de notre fiction. Nous lui redonnons la valeur de "temps 0", à partir duquel les glissements vont pouvoir s'opérer dans le passé, l'enfance, les années qui précèdent, la collection annexe des chagrins. En commençant à mettre quelques "séquences" bout à bout, on se rend compte, tant dans la salle que sur le plateau, qu'il ne faut jamais perdre de vue le centre qui sous-tend tout, même dans les moments où le sujet est autre, même dans des moments plus drôles, plus légers.

    Alors on se rend compte à quel point l'écriture met en œuvre des stratagèmes pour s'éloigner du cœur douloureux où il faut pourtant bien aller voir comme ça palpite, pour mieux ensuite mettre la distance théâtrale nécessaire. Le travail de cette semaine est d'aller d'abord se brûler en plein dans le mille avant d'inventer les détours narratifs. Et quand on y va, qu'on repart en impro, qu'on se demande comment ça se parle dans ce moment-là précisément, alors tout se remet d'applomb, tout prend sens et on est prêt à tout accepter les voyages spatio-temporels...

    Avec un processus comme celui-ci, on mesure comme la création (la vraie, je ne parle pas de ceux qui appliquent des recettes...) est une prise de risque, une déstabilisation totale à chaque fois des certitudes, un chemin à reparcourir entièrement, en l’occurrence dans une temps très court (puisqu'il s'agit d'écrire et de mettre en scène en même temps), mais on ne peut pas tricher, il faut suivre son intuition même quand elle n'indique pas le chemin le plus facile. Alors les choses avancent et se déploient.

    Je ne sais pas encore ce que sera le spectacle au moment de la première, mais je peux dire qu'il sera sincère, et juste. Et de cela, déjà, même si je ne participe que par regard extérieur cette fois-ci, je suis très fière.

     

    Le coeur d'où tout rayonne

    (Détails de la scénographie, février 2015)

     

    « Le Chagrin: récits et collectionEt l'intuition, doucement, se transforme en spectacle. »
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