• Le gros mot de politique.

     

    Hier après-midi, le public était invité à rencontrer les artistes de L'attente, à les écouter parler de leurs oeuvres, chose encore inhabituelle dans ce MAMA récemment rouvert. Que chacun ait pu parler de ses intentions, et des réalités politiques qui les sous-tendent, c'est un petit pavé dans la mare. Nous ne savons pas encore quelles en seront les répercussions. Les vagues formées par ce pavé-là.

     

     

     

    Lectures

    [Les artistes plasticiens Amina Menia, Ammar Bouras, Perrine Lacroix et Sandrine Picherit]

     

     

     

    Cet après-midi, je lirai Nous les vagues, et Hajar lira une nouvelle tout aussi politique. Dans le sens où, dans son texte comme dans le mien, ce n'est pas un gouvernement en particulier qui est visé, mais le rapport au pouvoir, à ses abus, à la façon dont on s'en échappe ou tente ou rêve de le renverser. Je n'ai pas écrit mon texte en pensant à l'Algérie, plutôt à la situation mondiale, à la façon dont pourrait être renversé un système, dénoncées les nouvelles idéologies qui mènent le monde et montrent le vrai visage, dur et décomplexé, des relations sociales.

    Mais en travaillant à ma lecture ici, je sais que Nous les vagues parlera aux algériens d'autre chose, comme il résonnerait il me semble à des endroits différents dans chaque pays, quelle qu'en soit la situation politique. Parce que c'est au niveau mondial que les choses dérapent en ce moment. L'Europe en est un triste exemple. Reculs sociaux, obscurantismes, impossibilité de construire une pensée commune. La liste est longue.

    Je sais que ce texte peut déranger, en Algérie comme en France, peut-être qu'il transgresse quelque chose, quelque chose comme le politiquement correct, et pourtant je l'ai pensé comme une interrogation citoyenne, une mise en question de ce que peut-être le collectif aujourd'hui, de ses forces et de ses impasses... Le texte est peut-être maladroit, tant il émanait du ventre plus que de la tête, mais j'ai envie de continuer à croire à sa nécessité. 

    Je commence à comprendre aussi, qu'en France comme en Algérie la politique est un gros mot, dans le théâtre, dans la littérature. Ce n'est pas de bon ton. Ce n'est pas à la mode. Quand on est trop frontal, on nous accuse d'être naïf, ou colérique, ou schématique, ou nostalgique des idéologies passées, or l'idéologie est un gros mot aussi, comme si on n'était pas baignés dedans en permanence. 

    Aujourd'hui j'aurai aussi une pensée pour les français qui seront dans la rue, pour dire non à une réforme des retraites pénalisante pour tant d'entre nous, et qui serait le pas de trop vers l'exhacerbation  des inégalités sociales, et de l'individualisme. Pour dire non aussi à un gouvernement xénophobe, inculte et habile à saccager les bases et les liens.

    C'est par cela que commence mon texte: occuper les rues. Se montrer. Se compter. Dire collectivement non. 

    Coïncidence des dates, c'est aussi l'anniversaire de mes parents, qui ne sont pas pour rien dans mes idées politiques et mes envies de les écrire.

    Je vous souhaite à tous un 23 septembre politique et joyeux.

     

     

    « Alger / formesBy night »
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  • Commentaires

    1
    M
    Vendredi 24 Septembre 2010 à 11:49

    Les gros mots, à nous d'en faire littérature et poésie.

    A nous d'armer les poings qui se dressent avec autre chose que la haine et l'avidité.

    A nous de rester modestes mais présents, quoi qu'il arrive.

    2
    hajarbali
    Vendredi 24 Septembre 2010 à 22:04

    on l'a fait, Mariette! public ému et attentif.

    triste date pour nous, en Algérie, où on apprenait le matin du 23 septemre 1977 l'effroyable massacre de Bentalha. d'autres malheureusement ont suivi.

    3
    Mariette Profil de Mariette
    Samedi 25 Septembre 2010 à 00:02

    J'apprends beaucoup à vos côtés en Algérie. Je grandis beaucoup. A très vite pour les suites.

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