• Le vent et moi

     

     

    Je reparcours ma bibliothèque de poésie. J'y ai accumulé quelques trésors ces dernières années, et au passage je regrette que ne puisse se tenir cette année le Marché de la Poésie de Saint Sulpice parce que c'était un des endroits où je dénichais mes trésors.

    Voici, pour le plaisir, un extrait de Caisses de Christophe Tarkos (P.O.L).

     

     

    " Le vent et moi sommes liés pour la vie parce que nous nous aimons nous nous sommes aimés nous nous aimions parce que nous avons passé des nuits à parler sur la Digue de mer, à l'hôtel Belle-Vue, à Petite-Synthe, dans nos chambrettes, dans le vase clos de nos autos, sur les sentiers et les petites routes de Creuse et d'Ardèche, à nous offrir des bijoux, à nous offrir des sentiments et du courage, à préparer la guerre, parce que nous étions deux combattants nocturnes, sa dureté, ma folie, ma dureté, sa précision, parce que nous étions seuls au monde dans les rues froides de Dunkerque, parce que nous ne pouvions pas nous séparer, que nous faisions des milliers de kilomètres pour nous retrouver, pour se revoir, pour se voir une nuit, parce que nous ne pouvions pas parler sinon nous parler, parce que nous ne pouvions pas aimer sinon nous aimer, parce que nous nous écrivions, parce que nous échangions nos plaintes, nos perditions, nos croyances, nos fois, nos tripes, nos adresses, nos discours, nos essais, nos brouillons, nos sangs, nos couettes et nos poèmes."

     

     

     

     

    « Le groupe et le texte...Bon pied bon oeil. »
    Partager via Gmail

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :