• Lectures sous l'arbre: la faim littéraire

    Lectures sous l'arbre: la faim littéraire

     

    Avant de basculer tout à fait dans l'actualité d'automne, et après les quelques bribes d'images et de son ramenées des Lectures sous l'arbre, un petit mot un peu plus détaillé sur cette XXVème édition du festival de poésie des éditions Cheyne, tout près du Chambon-sur-Lignon.

    Voilà plusieurs années maintenant que je fréquente cette semaine d'après quinze août, ses fidèles et ses nouveaux, ses auteurs et ses lecteurs, ses spécialistes et ses curieux. Et que je repars de Cheyne la valise plus lourde de livres, mais surtout l'appétit de littérature pointue et exigeante, rare et partagée. Parce que, pendant une semaine, on ne parle que de ça. On respire de la poésie. On mange en parlant d'écriture. On enchaîne les lectures, les rencontres, les découvertes. On essaye de partager, de faire passer la petite flamme. On se jette sur des suggestions de titres, on espère qu'on aura eu le temps de tout lire avant l'année prochaine.

    On se laisse porter par la curiosité, loin de tout et hors du temps.

    Au point qu'il devient agaçant quand ensuite, quand autour, ça se remet à parler d'autre chose, quand dans d'autres lieux le temps reprend sa course et qu'écouter un poème chinois allongée dans un pré n'est pas tout, n'est plus tout.

    Imagine quand même entre 200 et 300 personnes, qui, après avoir pris soin de ne pas écraser les poules du voisin, et avoir roulé à grand renfort de GPS sur les petites routes entre Auvergne et Ardèche, se retrouvent réunies pour découvrir un poète, écouter une conférence, dîner à la belle étoile, et parler de poésie. Moi, ça me redonne une dose d'espoir pour l'année. Dans Les chemins contraires je parle des "interstices"...

     

    Lectures sous l'arbre: la faim littéraire

     

    Parmi les différents moments, j'ai eu le plaisir tout particulier d'assister à la lecture des Chemins contraires, justement, par Frédéric Pierrot, à la salle des Arts de Saint-Agrève. L'occasion d'échanger dans les jours suivants avec les lecteurs et spectateurs, sur ce nouveau texte encore relativement peu partagé, d'en découvrir de nouvelles interprétations par les uns et les autres, d'avoir confirmation de ses échos possibles et de ses zones d'ombre.

     

    Lectures sous l'arbre: la faim littéraire

    (Frédéric Pierrot lit Les chemins contraires)

     

    Comme certains le savent déjà, je suis depuis peu co-directrice de la collection Grands Fonds avec Antonio Werli. Cette édition des Lectures était l'occasion de présenter le premier livre édité sous notre direction, Le professeur, de Danielle Bassez (sorti également en mars dernier).

    Comme dans les autres livres de Bassez (à découvrir de toute urgence chez Cheyne pour ceux qui ne l'ont pas lue), c'est un récit bouillonnant de passion et de corps. Le personnage principal est un jeune étudiant, découvrant la philosophie et Violette Leduc, la Sorbonne et mai 68, l'amour et la mort dans un même mouvement aussi naïf qu'effréné.

     

    Lectures sous l'arbre: la faim littéraire

    (Danielle Bassez lit Le professeur)

    Enfin, citons ma découverte de la poésie chinoise de Jinjia Li, mes rencontres ou retrouvailles avec les auteurs Laetita Cuvelier, Loïc Demey, Benoît Reiss, Emmanuel Echivard, Paul Laborde, Jean-Pierre Siméon, Meng Ming, David Dumortier, Jean-Marie Barnaud, et la lecture de la soirée anniversaire par Laurent Poitrenaux et Marie-Sophie Ferdane.

    J'oublie des choses. Je n'ai pas eu le temps d'assister à la conférence d'Edwy Plenel ou à celle d'André Markowicz. Je n'ai pas entendu toutes les lectures. Je ne vous ai pas dit que j'avais eu la grande émotion de lire des textes de Didier-George Gabily avec Brigitte Guedj et de le faire découvrir à des auditeurs qui ne le connaissaient pas. Que j'ai eu la joie de recroiser Jean-Louis Hourdin, de rencontrer Hervé Pierre et Clotilde Mollet. Je ne vous ai pas parlé des mûres et des framboises, des sirops de myrtille et des siestes volées.

     

    Lectures sous l'arbre: la faim littéraire

    (Marie-Sophie Ferdane et Laurent Poitrenaux)

     

    Allez, tant pis, on ne peut pas tout dire, il faut venir. C'est reparti pour une saison, l'oreille aiguisée et la faim au ventre.

     

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    Clotilde Mollet et Meng Ming lisent des extraits du livre de Meng Ming L'année des fleurs de Sophora (Cheyne, 2011) en chinois et en français.

     

    Paysages avec bribes de poésie chinoise

    (Clotilde Mollet, Meng Ming, Benoît Reiss pour Une heure avec Meng Ming, dimanche 21 août)

     

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  • On en rentre tout gonflé de poésie et de rencontres, de ces XXVèmes Lectures sous l'arbre. On en rentre plein d'exigeance, de sourires et d'air pur. De lectures et de confidences. Et de confiance aussi. (Et de confiseries).

    Alors au fil des jours, quelques bribes de moments.

     

    (Cheyne, 21 août 2016.

    Concert de clôture, par le groupe Loin des villes)

     

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    Nous écrivions sous l'arbre

     

    Chaque année ou presque, je vais faire le plein de densité, de pensée et de rencontres aux Lectures sous l'arbre. De façon un peu particulière cet été, puisque j'étais en charge de mener le stage d'écriture, une exploration avec dix apprentis écrivains (pas si apprentis que ça), autour des Territoires inconnus.

    Géographiques et imaginaires, les territoires: toujours ces petites zones qu'on s'invente pour se faire de la liberté. De la promenade aux îles inventées, en passant par le journal de bord d'un voyage en mer (ou dans l'espace), l'écriture collective sur le thème du "voyage qui change la face du monde" ou encore l'invention de sortilèges ou récits des origines sur la base de textes ancestraux (recueillis par exemple dans Les techniciens de sacré, chez Corti), des formes très brèves (autrement appelées "échauffements" en début de séance) jusqu'aux textes sur le point de devenir grands, avec même une petite incursion du côté de l'écriture dramatique.

    Le voyage, pour moi, c'était de naviguer d'une personnalité à l'autre, d'un visage à l'autre, de saisir l'individualité des malices et des inquiétudes, de sentir ce qui était ouvert et ce qui était fermé et bougeait doucement dans le courant de la semaine,  mais de faire groupe tout en même temps, et revenir au "nous" un petit peu. Je me suis sentie un peu capitaine, à naviguer entre les enthousiasmes et les fragilités, d'un gros bateau de trente heures et de haute volée. Et visiblement, nous avons exploré beaucoup, et pas beaucoup fait naufrage. Peut-être repartir alors, dans des aventures aussi grandes, malgré la peur que j'en avais...

     

    *

     

    Cet été était tout particulier aussi, puisque je commence à préparer dès maintenant, la future co-direction de la collection Grands Fonds, avec Antonio Werli,  la collection "rouge" pour laquelle j'ai tant d'affection.

    Jean-Marie Barnaud et Jean-Pierre Siméon, en accord avec Jean-François Manier, ont décidé de nous passer la main pour la sélection et l'accompagnement des prochains textes (à partir de 2016), et c'est dès maintenant que nous commençons à lire et à nous mettre en quête des prochains trésors inclassables, des prochains textes des marges et des audaces qui viendront poursuivre ce travail. Deux titres par an à dénicher, peaufiner avec l'auteur et défendre. Beaucoup de textes, même de qualité, à écarter aussi, sans doute, pour faire ce choix pointu. Des discussions passionnées et des débats à venir, pour lequel étrangement (quand on connaît mon manque d'assurance ordinaire), je me sens les épaules.

    Pour ceux qui la connaissent mal, voici le lien vers cette belle collection, sur le tout nouveau site de Cheyne.

     

    *

     

    Enfin je me suis sentie bien avec les personnes qui font les Lectures sous l'arbre, et c'est comme un appui pour la suite que ces affinités-là, une façon de se rassurer auprès d'hommes et de femmes qui partagent le même feu, le même amour des mots subtils, et de la pensée qui avance: rencontres ou retrouvailles avec les auteurs, avec le grand Jean-Louis Hourdin qui menait le stage de lecture à voix haute, avec l'équipe de Cheyne, avec les bénévoles aux petits soins, avec les spectateurs enthousiastes.

    A l'année prochaine?

     

    Nous écrivions sous l'arbre

     

    Des livres et des arbres

     

    Des livres et des arbres

     

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  • Une bourse pour participer au stage des Lectures sous l'arbre

     

    Je relaye ici une information qui peut t'intéresser si tu as moins de trente ans, que tu as envie de suivre un stage d'écriture, que tu aimerais être du côté du Chambon-sur-Lignon à partir du 17 août et que tu n'as pas de sous.

     

    "Bourse d'écriture André Rochedy
    La bourse d'écriture André Rochedy, offre, à un jeune de moins de trente ans un stage d'écriture, intitulé "Lire, rêver, écrire..." pendant le festival des Lectures sous l'arbre qui aura lieu du dimanche 17 au dimanche 24 août 2014. L'hébergement est inclus.
    Les candidats à la bourse Rochedy ont jusqu'au 2 mai 2014 pour envoyer, à l'association Typographie & poésie, leur dossier de candidature contenant une lettre de motivation, un CV, ainsi que des écrits (qu'ils soient publiés ou non) et une description de leur projet d'écriture.
    Merci d'adresser les candidatures à l'adresse suivante :
    Lectures sous l'arbre
    Association Typographie & poésie
    Au Bois de Chaumette 
    07320 Devesset
    Plus d'informations au 04 75 30 65 06"

     

    Je ne m'occupe de rien dans cette affaire, sinon d'animer le stage, et donc, peut-être, de te rencontrer. Allez zou, lance-toi!

    (Et vas te promener si tu veux te faire une idée sur le site des Lectures sous l'arbre ou de Cheyne).

    (Et je peux préciser que nous irons explorer Les territoires inconnus...)

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