• Avis de parution: LES CHEMINS CONTRAIRES

     

    C'est officiel, Les chemins contraires viennent de paraître chez Cheyne éditeur. Je ne l'ai pas encore dans les mains, mais je sais déjà quel bel objet ce sera, comme tous les livres de Cheyne et ceux de Grands Fonds en particulier.

    Voici la 4ème de couverture, signée par Jean-Pierre Siméon:

     

    Ce sont deux chemins antagonistes, dont le second serait une issue au premier, que figure la double fiction poétique  des Chemins contraires.  Le premier volet du diptyque évoque ces êtres perdus,  laissés-pour-compte d'un monde qui leur est en tout hostile, et qui destitués de tout rôle social, disparaissent progressivement dans un non- être résigné et effaré. Après avoir ainsi, au gré d' une étrange et troublante métaphore, évoqué l'oppressant processus de déshumanisation à l'œuvre dans notre monde, Mariette Navarro, par un vif contrepied, esquisse l'utopie d'une échappée belle : celle d'une sorte de clochard céleste, joyeusement rebelle , qui, par ses chemins de traverse, rejoint la vie pleine et entière. La soumission ou la vie ? Quelle autre  alternative pour chacun de nous à chaque carrefour de l'existence ?
    Jps

    Et voici le lien vers le site de Cheyne pour plus d'informations, rendez-vous maintenant en librairies ou aux Lectures sous l'arbre.

     

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  • Perdre / Première semaine de travail

    (Clown activiste dans la ZAD de Sivens. Photo trouvée sur le site de Libération, (c) Remy Gabalda)

     

    Ce qui s'appelle la même longueur d'ondes: avec David Ropars, de la Cie Map d'Angers, nous partageons quelques intuitions, politiques et théâtrales, qui prennent la forme concrète d'un spectacle à venir, Perdre, adapté des Chemins contraires.

    Au départ, en 2011, un livre est tombé par terre dans une librairie, David l'a ramassé, une rencontre s'en est suivie, une envie d'inventer ensemble un "après Nous les vagues", au moment même où l'écriture du texte suivant commençait.

    Et maintenant, après quelques années d'échange, l'équipe de création s'est réunie pour la première fois sur le plateau du Nouveau théâtre d'Angers, pour tester quelques pistes quant à la mise en théâtre de ce texte où plusieurs voix contradictoires se mélangent. La première voix est celle du discours ambiant de la "réussite à portée de main", obsessionnellement assénée, condescendant. D'accueillante elle devient insupportable, comme le deviennent les mots vidés de leur sens par la langue de bois politique et la communication. La seconde décrit ceux qui se voient laissés sur le côté de cette autoroute, ceux qu'on infantilise ou écrase, ceux à qui on fait croire que c'est de leur faute s'ils sont laissés sur la touche du travail et de la société. Et puis il y a "IL", le clown, imprévisible, qui vient déconstruire les discours oppressants et ouvrir de nouveaux paysages.

    Le travail de ces premiers jours a exploré la première partie. Il nous reste un an pour approfondir les pistes, et trouver comment écrire théâtralement le chemin de traverse de la seconde partie, l'évasion proposée, le retournement des paradigmes.

    Le travail se dirige vers une réinvention des codes, ceux du théâtre compris, une intranquillité, où tout ne nous est pas donné clé en main pour comprendre ou agir.

    C'est comme si ce travail prolongeait la radicalité qu'il y a dans le texte, m'obligeait à m'y confronter, à l'assumer, aussi...

    Création en février 2017, avec Fabien Doneau, Thierry Durat, Hélène Maillou, Jean-Pierre Morice, Elisabeth Paul.

     

     

    Perdre / Cie MAP / Première semaine de travail

    Perdre / Cie MAP / Première semaine de travail

    Perdre / Cie MAP / Première semaine de travail

    Perdre / Cie MAP / Première semaine de travail

    (Photos de répétitions, février 16).

     

     

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    il, rien qu’en parlant, fait arriver le sel sur le bord du chemin, et l’odeur de lavande. Et comme on ne se refuse rien, il dit, je vais nous souffler un vent frais sur la peau tandis que nous ferons l’effort d’emprunter tous les lacets en leurs caprices. J’ai un petit faible, il explique, pour ce climat de Méditerranée, bien qu’il y ait certainement d’autres régions du monde qui vous font le ventre et le cœur heureux.

      

    Et maintenant ce sont deux hommes qui se promènent, se suivent et se font confiance sur la terre aride d’un sud improvisé. Chacun, au fond de lui, sait sans doute ce qu’il poursuit, et quelle bataille il s’est juré de remporter. L’un, grand et maigre, ouvre la marche et s’amuse en cet instant à lever le menton, s’imagine armé d’une lance pour en piquer le bleu du ciel dont la toile est aujourd’hui très impeccablement tendue, ça m’agace, toute cette perfection. Le second écoute et suit et court parfois de toutes ses jambes dans ce nouveau terrain, précède quand il le faut et quand tout d’un coup il croit apercevoir la silhouette d’un vieux moulin. Et trottinent, et galopent, dans ce début de quête, dans cette histoire à écrire, dans cette campagne d’un autre siècle.

     

    (Extrait des Chemins contraires, à paraître très bientôt chez Cheyne, dans la collection Grands Fonds, et à découvrir cet été aux Lectures sous l'Arbre.)

     

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    Ô joie. L'année professionnelle commencera par la relecture des épreuves des Chemins contraires, à paraître chez Cheyne en mars. Un texte avec lequel j'ai passé beaucoup de temps, qui s'est enrichi de nombreuses rencontres. Commencé à la Chartreuse début 2012, poursuivi sur le Cargo en septembre de la même année, il a pris, perdu des pages, changé de titre, inspiré un projet de spectacle. J'ai hâte de vous présenter le livre, dans la belle et toujours riche collection Grands Fonds (même collection que mon tout premier livre, Alors Carcasse).

    On dit que je vous en raconte plus dans les semaines qui viennent?

     

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    Les chemins contraires

     (Elne, décembre 2014)

     

    Pour les fidèles, les attentifs, les attentionnés, les précis qui passent par ici, et puis pour les curieux, les occasionnels, les par-hasard, les tout nouveaux, je signale un changement de titre et tout à la fois un livre à venir: le projet au long cours qui s'appelait Perdre sortira en 2016 sous le titre Les chemins contraires. Parce qu'il est vrai qu'il s'agit à la fois de perdre et de s'en sortir la tête haute, du brouillard et des grands soleils, de la violence et du repos.

    *

    Et pour patienter avant la sortie du livre chez Cheyne, un autre court extrait. (Il y en a d'autres si vous remontez l'historique de cette rubrique).

     

    "Comme le soleil arrive à son zénith, où qu’IL soit IL est pris d’une fringale immense. Les yeux plus noirs que jamais, IL cherche alors la table idéale, qu’elle soit d’auberge ou de coin de trottoir, chez un ami nouveau ou dans un champ. Je viens, IL raconte, d’un pays de vignes et d’eau salée, où le bonheur de la pensée n’est rien sans le bonheur de l’estomac, d’un peu de lait de chèvre on vous fait aussitôt tout un fromage. Maintenant que je marche, j’apprends à me satisfaire de peu. Mais aujourd’hui, j’ai envie de plus : rien qu’un peu ce n’est pas assez, c’est fête car je t’ai rencontré, je veux manger jusqu’à plus faim et boire jusqu’à plus soif, je veux trouver sur une table les mets exactement qui me trottent dans la tête, je veux ne compter rien et exiger beaucoup.

     

    Je sais ce que tu vas me dire. Je peux te tutoyer ? Que le goût de la vie tu l’as perdu depuis longtemps, alors croquer dans d’autres choses mortes pour te nourrir, tu n’en vois plus l’intérêt. L’homme démasqué sourit, c’est vrai que depuis peu, même l’idée de mâcher le fatigue, chez lui il avait une famille, qui s’est découragée de partager une cuisine et des heures de repas, il avait des amis, qui de le voir tordre le nez quand ils cherchaient à faire plaisir ont fini par ne plus jamais l’inviter à partager leurs fêtes. Et puis il y a eu cette idée tenace de défaite et de feu, qui sans doute encombrait un peu les belles tablées dominicales.

     

    Alors la gourmandise ce n’est pas vraiment pour tout de suite.

     

    En face, IL, expert en estomacs autant qu’en désespoir, sait qu’il pourra tout de même convaincre : on voit chez moi poindre parfois un petit ventre, tu le vois ? Agile IL déplie sa main et la place sous sa chemise et la fait gonfler en riant. Pourtant il y a peu, crois-moi, je mangeais autant qu’un mort. Je pesais ce que pèse un oiseau, sans les plumes. Je boitais quand on me disait marche, et s’il y avait du vin je n’en prenais que pour l’oubli. Est-ce que tu veux que je te raconte ?, IL demande sans attendre la réponse, je suis revenu moi aussi d’où personne ne revient et j’ai même repris belle allure."

     

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