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    Dans la seconde partie de Perdre, il s'agira beaucoup de briser des murs. (Dans la première, Dante m'accompagne pour descendre dans l'entonnoir).

     

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    Il se passe ici exactement ce que je souhaitais. Le grand silence et le temps luxueux uniquement consacré au projet à naître, qui a commencé ça y est à faire son apparition. Perdre est à l’œuvre. Perdre travaille, agit sur mon sommeil, sur mes pulsations cardiaques, on dirait que je tombe amoureuse une nouvelle fois, et dans le même lieu.

    De la pierre, du bois, du silence et un ciel bleu de printemps. Le mistral et les fantômes se font discrets pour le moment. Pour deux petites semaines seulement, j’effectue la plongée. Le texte est plus sombre, plus âpre que les précédents, mais il est bien de la même veine. Je cogne partout pour le moment, je gueule, j’écrase, il s’agit de domination et de la façon dont on broie les êtres. Il s’agit d’un hommage à qui se croyait solide. Je balance, j’amorce la pompe, je purge les veines, le sang noir accumulé depuis deux ans déjà que ce texte me brûle les lèvres et que j’en retiens l’écriture, deux ans que je laisse le réservoir se remplir. Mais en l’écrivant, une grande sérénité, une grande joie. Voilà exactement ce que je dois écrire aujourd’hui. Et voilà exactement où il fallait que j’écrive.

    Après, bien sûr cela tâtonne, bien sûr je prends toutes les pistes possibles, c’est la joie des débuts, bien sûr de toutes ces pages il n’en restera qu’une ou deux, et encore si je garde cette première option d’énonciation posée, et cette voix (autoritaire) qui est apparue depuis hier et que je n’avais pas préméditée.

    Je ne sais pas où ira Perdre, mais jamais je n’avais autant préparé le terrain, espérons que ça portera d’autant plus loin, tout ce travail. La charpente.

    J’ai l’impression tout en même temps de faire de l’art brut, de jeter les choses pour ne pas m’étouffer avec. Pour la première fois, être attentive à ne faire aucune concession, sinon à la langue. L’écriture hurle depuis ses retranchements. Et pourtant je suis très joyeuse, très sereine, très confiante.

    Je prends conscience qu’il faudra que j’aie la force de me donner les moyens de continuer ce texte, ou tous ceux qui en découleront. La force de multiplier les résidences, les retraits nécessaires. La force aussi de refuser d’autres projets qu’on me propose, même de formidables projets, même les plus riches et les plus flatteurs. Je sens avec une grande violence à quel point il faut que je me protège des propositions des autres. Il faut que je travaille pour moi, et plus que pour moi. Paradoxalement, les ateliers font partie du travail pour moi. Les rencontres. Les projets artistiques qui m’amènent dans d’autres directions sont plus difficiles à manœuvrer. Je sens comme en avançant il va m’être de plus en plus difficile de composer, de me mettre au service du désir artistique des autres (et a fortiori du désir commercial…). Il faudrait que je continue à me couper en deux. Perdre me veut toute entière. Il va me falloir le courage de travailler pour moi. Je suis terriblement heureuse de ressentir si fort la nécessité de ce courage.

    Voilà que je dis je, (non pas dans mon texte mais ici), que je dis moi moi moi, mais cette nécessité que je sens de me mettre tout entière au service de ce que j’ai à écrire, je crois que je ne suis pas la seule à la ressentir, et qu’il est urgent qu’on puisse donner aux auteurs cette liberté là. C’est aussi le sens, la direction que prendra Perdre : du petit purgatoire étriqué, les abîmes des perdants, des fatigués, des contraints par toutes sortes de choses décidées par eux à l’extérieur, jusqu’aux murs que l’on brise, aux voix que l’on sort, à l’espace retrouvé, à la respiration enfin possible.

     

     

     

    (Je m'aperçois de la curieuse unité des livres qui m'entourent...)

     

     

     

     

     

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    Un nouveau projet naît, sous la forme d'un territoire. Avec comme nom et comme noyau PERDRE. Toujours. J'y reviens. la nécessité de Perdre est de plus en plus grande, et à défaut de l'écrire pour le moment, je dessine Perdre, je cartographie les grandes lignes. Je ne sais pas encore si Perdre sera un texte, ou plusieurs. Une constellation de textes de la galaxie Perdre. J'y entrevois quelques lignes de forces, les zones émotionnelles qui m'attirent, les chemins politiques. Je ne sais pas encore quel objet ce sera. Je ne sais pas si Perdre appelera des voix, ou le silence. Je repars de quelques explorations réalisées en décembre lors de la résidence Ce qui secret. Je me promène sur un nouveau territoire, qui rejoint pourtant les territoires explorés dans Alors Carcasse et Nous les vagues. Je visualise les zones obsessionnelles. Je nourrirai Perdre de lectures, et de temps.

    Perdre est un projet sur le travail et la liberté. Sur le temps. Perdre se nourrira de mon oisiveté (toute relative soit-elle). Il se peut que je ralentisse donc considérablement mon activité pour me mettre à Perdre. Il se peut que je fasse pour Perdre l'expérience du temps. Il se peut que pour Perdre je disparaisse un peu.

    L'image de Perdre évoluera de jour en jour. Aujourd'hui, le plus sommaire de Perdre. L'araignée Perdre comme embryon. Ici sera une fenêtre sur les différents visages de Perdre. Les photos Perdre en attendant le / les textes Perdre.

    Expérience de partage. Perdre demandera toute votre sympathie.

     

     

     

    perdre

     

    Perdre

     

     

     Les images de Perdre ne livrent rien de Perdre. Pas un mot du texte Perdre sur les photos de Perdre. Ce ne sont que les délimitations de Perdre. Perdre en creux. Le négatif Perdre. Mon terrain de jeu, mon échauffement pour Perdre.

     

     

     

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    Hum, voilà que je tergiverse, hésite, m’interroge : est-ce bien l’endroit pour parler de la nécessité de perdre, un endroit public, comme ça, comme graver dans le marbre ce qui est pourtant juste une intuition, une nouvelle impulsion à peine le souffle repris et encore, car en parlant de perdre il y a parfois des choses qui vous coupent la respiration… L’époque y est propice, je crois, l’époque, voilà, ça fait partie des obsessions et ça fait donc aussi partie de perdre.

     

    Simplement dire, sans tout dévoiler de perdre, car pour l’instant il n’y a rien à dévoiler que le mot (rien à perdre), que ce qui guide c’est encore une fois la sensation très forte d’une position dans le monde, un rapport de force fondamental, être au mauvais endroit au mauvais moment, peut-être.

     

    Il y a cinq ans - juste dire ça avant de me mettre à perdre -  pour un exercice, une lecture, j’avais écrit l’histoire d’un groupe qui se retrouve autour d’un buffet campagnard, autour des tartelettes jauge la réussite de chacun : c’était comme ça que je nous voyais, les trentenaires repus, lancés sur l’autoroute, l’autoroutine, jaugeant la réussite, le conformisme. Rien ne m’agaçait plus que les modèles reproduits, les petites conventions avec lesquelles on se rassure, alors qu’à l’intérieur tout continue à craqueler, évidemment.

     

    C’est toujours ce qui m’agace, me fait honte parfois, les rituels rassurants, et comme les petits pas réactionnaires toujours grignotent du terrain, mais voilà que je me surprends à être moins sévère avec ma génération cinq ans plus tard, parce qu’on nous a bien fait comprendre en cinq ans que ce n’était pas si simple et que c’était « la crise », que même notre bout de conformisme il faudrait lutter pour l’avoir, et qu’il fallait s’attendre à perdre, même en travaillant plus, évidemment.

     

    La photo de groupe est un peu plus misérable que prévu.

     

    On est un peu plus sur les bancs du Pôle emploi que prévu, ou bien à des places qui ne font pas vraiment rêver.

     

    Et on n’a surtout pas le droit de se plaindre, parce que c’est beaucoup moins pire que pour les petits jeunes qui arrivent derrière.

     

    On n’a pas tiré aux dés la bonne époque, on a perdu, on entre dans le monde du travail au moment où les crocs sortent un peu partout, il faudrait voir à pas faire de l’ombre à la génération précédente, qu’on avait pourtant, pour certains, tendance à admirer, mai 68 et tout, mais là franchement ça grince.

     

    La sensation accrue de perdre, peut-être, parce que depuis un an ou deux on ne fait vraiment plus semblant, dans les relations sociales, professionnelles, à toutes les échelles. Le coup du visage humain ça va bien cinq minutes, on va plutôt décomplexer le truc, ça ira plus vite. Que les choses soient claires, ici il n’y a plus rien à gagner, chacun son camp.

     

    Alors voilà, perdre comme attitude nécessaire, comme point de départ imposé, à partir de là il y a sans doute des choses à reconquérir. Perdre aussi comme contre-pied volontaire à l’officiel slogan, travailler plus, etc.

     

    Perdre parce que c’est quand même ce côté-là du monde qui m’intéresse.

    Perdre parce que la vexation et la colère sont d’excellents moteurs.

     

     

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    Patience

    Contenance

    Confiance

    Pied

    Haleine

    Le nord

    La boule

    La tête

    Son temps

    Ses clés

    La vue

    De vue

    La vie

    Une vie

    La parole

    Sa voix

    La main

    La face

    Son emploi

    Quelqu’un

    Une bataille

    Des points

    La partie

    Son assurance

    Sa crédibilité

    Son appétit

    Sa joie de vivre

    Son innocence

    Espoir

    Son chemin

    Son sens

    Ses idéaux

    Le fil

    La foi

    Sa langue

    Son latin

    Son énergie

    Sa bonne humeur

    Au jeu

    Une occasion de se taire

    Sa jeunesse

    Son crédit

    Sa virginité

    Son âme

    Du poids

    Du ventre

    Les eaux

    Le contrôle

    L’équilibre

     

    Pas perdus

    Pain perdu

    Fille perdue

     

    (Continue la liste)

     

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