• Les premiers pas berlinois de Wir Wellen

     

     

    Ce n'est pas rien, ça: poser sur la table côte à côte Nous les vagues et Wir Wellen, cousins-livres presque du même format, prêts à être lus dans les deux langues.

    Avant ça, il y a ce moment au soleil pour se répartir, avec Leopold, traducteur et lecteur du texte, ce que nous lirons en français, en allemand. Une traversée à deux voix qui doit être compréhensible pour qui ne parle que l'une ou l'autre des deux langues, et en même temps un dialogue, l'apparition de deux personnages. Parfois, nous décidons de lire un paragraphe dans les deux langues à la fois, ou bien nous alternons, nous traçons un chemin tout neuf dans le texte.

    En cours de lecture, mes oreilles entendent de l'allemand mes yeux suivent en français, le mouvement est bien le même.

    Il y a longtemps que je n'ai pas lu ce texte en public, et je le retrouve comme un ami perdu de vue depuis longtemps, soulagée de m'y reconnaitre encore tout en étant partie ensuite vers des voies d'exploration très différentes. Et de lire à deux, et dans deux langues, c'est vivant tout d'un coup, ça avance à grands pas, ça prend sens, musicalement.

     

    *

     

    La veille, à l'institut français de Berlin, c'est plutôt un débat qui nous occupe, et une rencontre avec l'auteure Kathrin Rögla, dont les préoccupations rejoignent les miennes. Nous touchons du doigt la difficulté à parler d'une littérature qui a pour sujet le/la politique: il y a d'un côté, bien sûr, les révoltes citoyennes qui nous occupent, mais là où s'exerce notre travail, c'est dans leur transformation pour la scène, pour la voix, pour la littérature. Repasser par l'intuition, par le corps, par un travail de structure qui n'est pas pour autant un travail d'analyse politique, et qui suscite plus de questions qu'il n'en apporte.

    Je me rends compte en parlant que, si ce texte s'empare de situations de révolte, jusqu'à la violence d'un attentat (commis ou projeté), dans la certitude d'une pulsion ressentie presque physiquement, il est aussi symptomatique d'une génération à laquelle j'appartiens et qui avance avec plus de doutes que d'affirmations.

    Travailler, alors, à ce que cela change, si on veut pouvoir être les acteurs d'un "printemps européen" qui s'échine à mettre en place un peu plus de justice sociale, à avancer les pions d'une solidarité entre les citoyens et les peuples plutôt que laisser se répandre des vagues plus brunes.

     

     

     

    Les premiers pas berlinois de Wir Wellen

    (La Volksbühne de Berlin, son salon rouge, sa façade)

     

     

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