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    Depuis samedi, Maladie de la Jeunesse rencontre son public au Théâtre de l'Elysée de Lyon, et l'on redécouvre à quel point il n'est pas anodin de faire entendre ce texte, sa violence et sa force. A découvrir ce travail en évolution jusqu'au 26.

     

    Maladie de la jeunesse

     

    Maladie de la jeunesse

     

    Maladie de la jeunesse

     

    Maladie de la jeunesse

     

    Maladie de la jeunesse

     

    Maladie de la jeunesse

    [Photos de la générale: Amandine Pudlo, Louise Roch, Mickaël Pinelli, Claire Galopin, Valentin L'Herminier, Judith Rutkowski]

     

     

     

     

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    Ferdinand Bruckner écrit cette pièce sur le vif, au début des années 20. Il a l’âge de ses personnages, il connaît comme eux la vie d’une université, en Autriche ou en Allemagne, lorsque l’absurdité frappe un pays tout entier, dans une époque où « même les médecins sont superflus » tant le mal social est grave. 

    Alors qu’elle s’apprête à fêter son diplôme en médecine, Marie voit toutes ses certitudes s’évanouir et d’autres horizons apparaître. Sous la forme d’un ballet des entrées et des sorties dans l’espace intime de sa chambre, de ses amis les plus proches aux camarades d’université, de la bonne de la pension à sa rivale amoureuse, son univers se recompose. A l’heure d’entrer dans la vie active, le visage l’âge adulte se redessine, entre compromission et abandon des idéaux, des rêves, et pourtant volonté de vivre, de tenir tête, même âprement, au monde.

    Dans cette première pièce, Bruckner diagnostique la maladie d’une jeunesse coupée de ses projets et de son avenir, mais il saisit aussi les élans vitaux qui poussent les personnages les uns vers les autres, les pulsions et les désirs qui les lient et les délient. Dans le chaos généralisé que l’on devine au-delà des murs de la pension, certains tirent leur épingle du jeu et accélèrent les destins. A chaque époque ses personnages plus habiles que les autres à se maintenir à la surface et à imposer leur philosophie. A chaque jeunesse ses expériences, son jeu avec les limites.

    Se confronter à Maladie de la jeunesse, pour un groupe de jeunes comédiens, vivant presque un siècle plus tard que leurs personnages, c’est, paradoxalement, un questionnement permanent sur leurs idéaux, leur envie de dire quelque chose du monde sans pour autant baisser les bras, insuffler l’énergie de faire, et attirer l’attention sur les épisodes de l’histoire qui tendent à se répéter.

    Cette maladie de la jeunesse, si elle est une perte certaine des repères moraux, personnels, sociaux, n’est nullement, pour autant, un abandon : elle est plutôt un questionnement tendu aux générations futures, et peut-être même, directement, à notre époque.

     

    lyon

     

     

     

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    Installation au théâtre de l'Elysée. J-6. Premiers repérages dans l'espace. Jouer enfin à la bonne échelle dans la chambre de Marie. Découvrir le balcon, étirer les trajectoires. Dérouler le fil. Entrer, sortir, accélérer l'histoire.

    Avant de repartir, encore, je prends en photo quelques visages. Les jeux de miroir possible...

     

    Maladie de la jeunesse

     

    Maladie de la jeunesse

     

    Maladie de la jeunesse

     

    Maladie de la jeunesse

     

    (Judith Rutkowski, Mickaël Pinelli, Valentin L'Herminier, Claire Galopin, Louise Roch)

     

     

     

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    Dans une semaine, nous présenterons ce "mouvement", première étape de travail autour de Maladie de la Jeunesse de Ferdinand Bruckner, au Théâtre de l'Elysée de Lyon. Je les suis malheureusement en pointillés, mais les répétitions se poursuivent assidûment depuis le début du mois, les scènes se dessinent et révèlent, mises bout à bout, une architecture de la pièce constuite sur les désirs et les pulsions des personnages, sur leurs attirances, leurs peurs.

    Malgré toutes les choses complexes que se disent ces personnages éclairés, le fil de l'action doit être net. La présence des uns déstabilise les autres. Les désirs des uns révèle et réveille celui des autres. La lucidité des uns fait tomber les masques des autres. Le personnage de Marie voit ses certitudes et sa conception du monde se transformer scène après scène sous ses yeux. Jusqu'à la fin, elle est déstabilisée dans tout. La jeunesse brilliante et prometteuse ne tient plus sur ses jambes. 

    Après avoir vu l'enchaînement de quelques scènes, même si je connais très bien la pièce et avais travaillé sur les coupes avec Mathieu, des lignes à tirer me sautent aux yeux, acte par acte. J'ai l'impression que le reste, tout le reste de l'action vient pour renforcer la ligne, accélérer le mouvement. Acte I: Le petit monde de Marie (sa chambre, son diplôme, son amoureux) vole en éclat. L'arrivée de Freder révèle les lignes de faille et accentue l'explosion. Acte II: Désirée veut Marie, elle le lui dit dans la première scène, elle l'obtient dans la dernière, elle n'a qu'à attendre, entre temps, que la rage de Marie éclate contre Petrell et Irène, que Marie soit prête à être à elle. Acte III: Marie perd aussi Désirée et se retrouve, in fine, seule avec Freder.

    J'ai l'impression que la pièce se construit comme un enchâssement de désirs dont Marie est le centre, l'objet. Au niveau de l'ensemble de la pièce, c'est Freder qui commence à déstabiliser Marie et qui l'obtient à la fin. Dans l'acte central, Désirée produit exactement le même mouvement. Comme si l'acte II était la reproduction miniature des enjeux de la pièce, mais entre Désirée et Marie. Un jeu de miroir...

    Ce qui est troublant dans cette pièce, c'est qu'on ne sait jamais quel est le degré de conscience de la manipulation, le degré de sincérité, mais je repense à ce stade aux Liaisons dangereuses évoquées au début du projet. Un microcosme en spirale, qui se fabrique, entre instinct et lucidité, une initiation à un monde sans but et sans idéal.

     

    Maladie de la jeunesse

     

    [Louise Roch dans le rôle de Marie, et Mickaël Pinelli dans celui de Freder]

     

     

     

     

     

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    Entre Lyon et Valence, deux spectacles sont en cours de construction, avec en dénominateur commun le travail sur une jeunesse dans sa vivacité et son insouciance, et pourtant déjà fauchée dans l'oeuf. D'un côté par la noirceur d'une époque, (1923 en Autriche et en Allemagne) la perte de tous repères et la maladie sociale qui rend superflus même les étudiants en médecine, de l'autre côté par le drame d'un amour appelé à être enterré à peine né, par la maladie réelle, concrète, de Violetta/ Marguerite.

    Deux jeunesses, et aussi, donc, je m'en rends compte, deux maladies, pour lesquelles les solutions proposées, bien qu'en des termes différents, sont aussi très proches. Trouver sa place dans le monde, c'est, pour Bruckner "s'embourgeoiser ou se tuer" et dans le roman d'Alexandre Dumas, c'est vivre sa passion, même fatale, ou bien rester dans le giron de ses parents ...

    Difficile de ne pas faire de lien, aussi, avec le projet J'ai 20 ans qu'est-ce qui m'attend?, et le travail initié sur Qui a peur du loup?, de Christophe Pellet, où un Dimitri presque adolescent se débat avec le monde en ruines laissé par la génération précédente. 

    Le fil rouge de ma saison a des allures d'appel au secours, il pose la question de l'entrée dans le monde. Il saute aux yeux comme le symptôme d'une maladie économique et sociale, même si la vie et la rencontre des corps sont dans tous les cas une belle réponse à tous les fatalismes.

    Appel du pied aussi, peut-être, d'une jeune génération de metteurs en scène à l'adresse de ceux qui ne veulent pas céder la place. Gros plan sur les difficiles filiations, qui raconte, à mon avis, assez justement 2011 et ses frilosités.

    Mais le monde bouge, et la jeunesse montre qu'elle sait s'y faire entendre, en harmonie avec les générations qui la précèdent:  d'ailleurs ma saison est aussi celle ponts tendus entre les âges, et de la construction d'univers communs, dans l'écriture de notre feuilleton radiophonique à Bordeaux, et dans l'écriture scénique de Se souvenir de Violetta. Habitants de la même époque, notre jeunesse est surtout dans l'énergie et la sincérité que nous mettons à nos ouvrages.

     

    Se souvenir de Violetta

    Se souvenir de Violetta

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    [Caroline Arrouas et Lucas Partensky dans Se souvenir de Violetta / Claire Galopin et Valentin L'Herminier dans Maladie de la Jeunesse.]

     

     

     

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