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    Il n'est pas si simple d'écrire sur le travail, que ce soit sur les répétitions ou les chantiers d'écriture en cours. C'est pourquoi j'y vais par petites touches. Je donne des indices, je m'ouvre des pistes à moi-même.

    Je me rends compte qu'il est particulièrement délicat d'écrire sur les répétitions d'un spectacle, ou plutôt de rendre publics les recherches, les errements, les erreurs et les tensions qui en découlent forcément. Ou d'embarquer le futur spectateur dans ce qui s'avérera une fausse piste et n'aura pas grand chose à voir avec le spectacle , ensuite. Parce que c'est le travail de toute une équipe qui s'expose. Parce que ça n'engage pas que moi. Et quand bien même ça n'engagerait que moi, ce ne serait pas vraiment plus facile...

    Mais j'ai envie d'essayer de me tenir à ces pistes que je donne: photos, lectures annexes, nourriture intellectuelle. Et peut-être d'ouvrir des fenêtres plus régulières, plus intrusives aussi lors du prochain projet en septembre avec la Compagnie du Veilleur. Quitte à tout remettre en jeu d'un jour sur l'autre.

    Je m'étonne en reparcourant ce début de blog, cette tentative, qu'il ne me soit pas plus simple de mettre des mots sur le travail en cours ou de dévoiler des pans d'écriture en chantier, alors même que mon métier consiste en cela: formuler, mettre en forme, rendre public.

    Je prends conscience en fait d'une dimension importante de la dramaturgie, comme de l'écriture: la pudeur nécessaire, la prudence à prendre avec les mots, justement. Mettre des mots sur un projet de théâtre, ça se fait progressivement, d'abord en aparté avec le metteur en scène, puis au sein de l'équipe. On développe notre jargon, nos références communes, et aussi nos blagues. On choisit les répliques qui deviendront nos citations favorites, qui ne feront sourire que nous. Parce qu'il faut d'abord que le noyau soit constitué avant que le spectacle ne prenne visage.

    Quel temps, alors, pour ouvrir les recherches, faire partager les mots? Quel temps, pour que ce ne soit plus impudique, ni déstabilisant pour les uns ou les autres - ou par exemple, enfermant pour un comédien, qui peut avoir l'impression qu'on jette un sort sur quelque chose qu'il ne s'est pas encore formulé lui-même - et bien sûr assez construit pour avoir de l'intérêt pour le lecteur, le futur spectateur?

    Dans l'écriture, c'est une question de temps, aussi: dans quelle mesure je ne tue pas un projet en en parlant pendant son élaboration? Même si inventer une attente m'oblige aussi à avancer, à ne pas laisser en route les débuts, les pistes, les idées-pas-encore-moteurs.

    Ceci pour vous prévenir, que c'est ce temps-là du blog que j'expérimente ici: pressé, immédiat, avide de commentaires, et que j'essaye de confronter aux différents temps de la création.

    Ceci pour vous prévenir qu'il se trame beaucoup de choses en dehors de cet écran, mais que je sèmerai ici ou là assez d'indices pour vous en donner des échos, comme autant d'invitations...

     

     

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    Ma journée, mon écran, ma saison se divisent en chantiers. Les textes que j'écris. Ceux que je lis. Les spectacles auxquels je participe. Ceux que je vois. Les convictions. Les colères. les rencontres.

     

    Tout cela est poreux. Les uns nourrissent les autres.

     

    Ce ne sont pas les idées qui m’intéressent.

    Je ne cherche que des moteurs.

     

     

    Ecrire sur mon travail, pour m'interroger aussi sur le travail. Ses marges. Ses alternatives. Ses hypocrisies. Ouverture d'un nouveau chantier.

     

    Petit oiseau de révolution: projet littéraire sur fond d'intransigeance. Constitution de matière et de moteurs. Etat des lieux mouvant. Présentation des travaux en cours.

     

     

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