• NGC 224, d'Ito Naga

     

     

     

     

    Avec toute la finesse qui caractérisait ses précédents ouvrages Je sais et Iro mo ka mo, la couleur et le parfum, voici le dernier livre d'Ito Naga, paru chez Cheyne dans la collection grands Fonds: NGC 224.

    L'auteur y fait un pas de plus vers son métier d'astrophysicien, tente, par l'écriture, de mettre en dialogue toutes les dimensions, phénomènes cosmiques et étrangetés de la pensée humaine, corps célestes et homo sapiens. L'homme pensant, l'homme écrivant est étudié ici comme objet de mesure-même, imparfait, hésitant, miraculeux parfois. 

     Ici la poésie frôle la philosophie, dans une série de courts paragraphes, de toutes petites touches de pinceaux, avec souvent un petit renversement final, un changement de point de vue qui remet tout en perspective. On avance à tout petit pas, on fait le tour d'une pensée, d'une notion, on passe par l'espace pour revenir au langage puis à un détail du quotidien, un geste, on devient l'araignée qui tisse ses fils entre tout ça, qui recompose le dessin, on est invités à se saisir soi-même des similitudes et des hasards, à se projeter en pensée dans l'espace et le temps, à prendre acte de la façon dont la pensée, les mots saisissent le monde. On est mis au travail: au coeur de notre travail d'être humain.

    Un petit extrait comme invitation à la plongée dans ce livre, de la douceur pour l'été:

    "Dans chaque région de l'espace, toutes les sources d'un champ doivent être combinées. Les proches et les moins proches. C'est ce qui lui donne son caractère particulier.

    Ce matin, dans la région de l'espace au coin de la rue, un mécano soulève une voiture avec un vérin, déployant une belle énergie pour l'éloigner à peine de la surface de la planète.

    A peine plus haut que ce type qui fait des pompes. Qui monte et qui descend énergiquement dans le champ de gravité terrestre.

    Est-ce la montée ou la descente qui est le plus fatiguant? Est-ce en haut ou en bas qu'il aime se trouver?

    Chacun sa façon de vivre la pesanteur.

    Lui, pèse et soupèse sans cesse ce qui vaut la peine d'être vécu et le reste. On peut toujours veiller à un équilibre entre les deux.

    Elle, le matin, soulève doucement le volet de la chambre. Pour ne pas effrayer les oiseaux." (p.22-23)

     

    Vous pouvez retrouver une lecture de ce texte par son auteur ce mois d'Août lors des XXIIèmes lectures sous l'arbre (le 24 août à 15h).

     

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