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    Bon, voilà, à tester maintenant à voix haute, une version de Nous les vagues d'une douzaine de pages (au lieu d'une trentaine).

    Un parcours plus rapide à travers chacune des cinq parties. C'est plus efficace, plus séduisant, aussi, sans doute. Et puis ce sera surtout plus simple à lire et à écouter, d'autant plus que c'est moi-même qui me prêterai à l'exercice de la lecture, et que j'ai le souffle peu entraîné à la vague!

    Je continue quand même à espérer que la version complète trouvera sa place  quelque part elle aussi, même si elle est plus ardue et qu'il faut accepter de se laisser parfois emporter par le flot. Accepter aussi de se laisser conduire jusqu'aux questions politiques qui sont brassées par la vague. Celle de l'action collective, de l'activisme et du dérapage possible jusqu'à l'action armée. A travers un "nous" (du "nous tous" au "nous deux") et les "je" contradictoires qui le composent.

     

     

    Lectures

     

    [Si tu regardes bien tu peux voir des vagues sur la page, non?]

     

    Et à propos de soustraction, un court extrait de la deuxième partie:

    " Pour être la vague il nous faut repartir les bras chargés d'idées à réfuter. Pour être la vague il nous faut être furtifs, insaisissables, spécialistes en apparitions mais en disparitions aussi, éclairs, agaçants surgissements impossibles à appréhender, à anticiper, à stopper dans nos déferlements. Nous serons pattes de velours, nous serons l'eau qui glisse entre les doigts et aussitôt s'évapore. Nous serons reflet dans l'eau et mirage. Et nous nous répartissons dans les pièces semblables, sans plus trop savoir qu'y chercher nous occupons l'espace interdit, nous profanons l'espace interdit pour signaler notre présence, aménageons à notre goût l'ordre des chiffres. C'est par la soustraction que nous espérons bloquer durablement la machine."

     

     

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    Voilà, j'ai mon visa en poche, je n'ai donc plus qu'à faire ma valise avant de m'envoler pour Alger samedi matin.

    La lecture de Nous les vagues aura lieu le 23 septembre à 16h30 au MAMA (Musée d'art moderne et contemporain d'Alger) dans le cadre de l'exposition d'arts plastiques intitulée l'Attente.

    Hajar Bali lira quant à elle une nouvelle: Sitôt que la souffrance surgit.

    Belle histoire que de se retrouver toutes les deux à lire ensemble à Alger, après s'être rencontrées au Québec, et avoir partagé une résidence d'écriture aux Aftis (Algérie) en avril 2009, où nous avons écrit ces deux textes.

     

    Jijel

    [La chambre où j'ai commencé le texte auberge des Aftis, Jijel, avril 2009. Bon, ça c'était le premier jour. Ensuite il a plu tout le temps... mais quand même...]

     

    Bien sûr je tiendrai ici au jour le jour, photos à l'appui, le journal de ce nouveau voyage, de ces nouveaux partages!

    Avant de partir, et de me remettre à l'adaptation de mon texte pour la lecture, en voici les premières lignes...

     

    "Apparaissons, d'accord, plus nettement, il le faut, plus nettement encore que cela, cela c'est le minimum, cela c'est à peine une apparition, c'est fortement fantomatique, c'est presque rien. Cela, c'est encore en-dessous du nécessaire. C'est à peine une tache. Un grain de sel sur la rétine, oublié le temps de le dire. C'est presque rien."

     

     

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    Voilà, c'est plus que confirmé: j'ai déposé ma demande de visa, les billets d'avion sont pris: je serai donc à Alger du 18 au 24 septembre prochains pour y faire une lecture de mon dernier texte, Nous les vagues, au MAMA (Musée d'art moderne d'Alger).

    C'est un texte que j'avais commencé à écrire en avril 2009 en Algérie, justement, à l'occasion d'une résidence organisée conjointement par l'association Gertrude II, à Lyon, et l'association Chrysalide, à Alger. S'étaient joint aux artistes lyonnais et algérois une équipe de jeunes slameurs et auteurs de théâtre de Sétif. Les oeuvres des auteurs rencontreront celles des plasticiens également accueillis en résidence par ces structures.

    Il est  important pour moi de venir rendre compte au public algérois, mais aussi aux camarades artistes croisés au début de cette aventure, de l'évolution de ce texte bizarre,  hybride, entre récit, théâtre et poésie, dont j'étais repartie avec une quinzaine de pages à la fin de nos dix jours de résidence.

    Il est aussi très excitant d'en imaginer une mise en voix au milieu des oeuvres, plastiques puisque, comme d'autres de mes textes, celui-ci interroge la théâtralité frontale et traditionnelle, et irait bien plutôt chercher du côté de l'installation et de la performance...

    Il s'agit d'un choeur, d'un ensemble de voix qui tour à tour prennent la parole et dessinent, à travers cinq parties bien distinctes, l'état d'un groupe, de sa force et de ses convictions. C'est une exploration de ce que "nous" veut dire.

    Je tente d'y entremêler l'individuel et le collectif, l'intime et le politique, en proposant un parcours du "nous" au "je", puisque le groupe se rétrécit progressivement, jusqu'à n'être plus qu'un couple, puis une personne seule.

    C'est un texte sur l'imaginaire de l'action collective. C'est l'histoire d'un mouvement, politique, militant, avec ses contrariétés et ses évidences. Je tente d'y mettre en place sur la page le flux et le reflux des élans et des convictions, en commençant par le gonflement des poitrines et en allant jusqu'à la fragilité du dernier souffle.

    Il s'agit peut-être aussi d'une histoire d'amour.

     

     

    Nous les vagues

    [Photo prise de Jijel, Algérie, où j'ai commencé à écrire le texte, avril 2009]

     

     

    La gageure est donc de rendre à moi seule, en lecture, ce parcours poétique aux voix multiples, mais aussi d'arriver à réduire mon texte (d'un quart? de moitié?) pour qu'il passe l'épreuve de la lecture, d'autant que je partagerai sans doute ce temps de présentation avec ma chère amie et grande auteur Hajar Bali.

    J'appréhende un peu de me replonger dans ces vagues, ciseaux à la main cette fois, et de trancher dans le vif d'un texte qui est encore assez proche de moi, et sur lequel les critiques me sont encore difficiles à entendre!...

    Je me demande aussi comment seront reçues par les algériens, au vu de leur histoire récente, mes interrogations sur l'action politique, qui va jusqu'à interroger la lutte armée. J'espère en tous cas que les élans collectifs que j'y décris, les envies de prendre en main les chose et de faire entendre sa voix, et les découragements auxquels on se heurte presque systématiquement, la fatigue que cela engendre, sauront recontrer les jeunes et les moins jeunes qui se battent au quotidien pour faire avancer leur pays, qu'ils soient algériens ou français...

     

     

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