• Océania, de Frédéric Laé

     

    Oceania, de Frédéric Laé


     

     

    Beau programme, déjà jeu-poème en soi, que celui qu'annonce Frédéric Laé dans la page liminaire de son livre numérique, Océania. Et si tu n'as jamais acheté de livre numérique, c'est peut-être l'occasion de passer le pas avec cet ouvrage, dont on peut  bien dire  qu'il s'agit d'un "bel objet", bien qu'objet à dérouler plutôt qu'à feuilleter, sur écran. Tu peux le trouver ici.

    Mais justement. Lire Océania sur écran donne son sens au travail graphique de l'auteur, aux glissements qu'il opère à l'intérieur des textes et d'un texte à l'autre, à la façon dont il relie une page à l'autre, joue sur le mouvement et l'irrévérence au carré-page-blanche. C'est qu'ici on explore de grands espaces, et l'équivalent en papier du voyage que l'auteur nous propose, ce serait, pourquoi pas, la grande carte qu'on déplie sur le coin d'une table, annotée de toutes parts, ou bien le parchemin d'un journal de bord d'exploration, quoi que ce soit qui se déploie comme les humains de Jules Verne dans les pans insondés du monde.

    Dans Océania c'est bien sur la page, en ses enchaînements et cartographies, que l'on voyage. Archipel de ciel, de terre, d'eau et de graphies: recueil poétique ouvert à tous les sens. Voyage au coeur de la polysémie.

    D'abord avec Sterne, nom d'oiseau qui aux oreilles sonne comme les cairns-cailloux, on glisse d'un paysage à l'autre par le biais du liquide et des vagues, de l'espace contraint, articiel, façonné par l'homme, à la mer qui fait dévier les corps.

     

    Oceania, de Frédéric Laé

    Oceania, de Frédéric Laé

    Oceania, de Frédéric Laé

     

    On dévie, donc, jusqu'à ces Gallipagos îles vagabondes, cartographies sémantiques dans lesquelles se promener pour faire apparaître de nouveaux sens. Où l'explorateur redécouvrira le plaisir de feuilleter un atlas comme celui de composer des phrases. Où il risquera aussi, de se retrouver au rayon "poisson pané" d'un supermarché, pour vivre à travers le bleu indigo de l'emballage en carton une nouvelle aventure, voyage dans le Grand Nord, et au centre de la terre et sous les mers tout en même temps. Où tout devient objet de cartographie et d'exploration. Mettre des mots sur ce qui nous entoure, sur les voix qu'on entend, sur les chemins qu'on trace dans l'espace. Le monde au bout du clavier, un dessin aux mille possibilités.

    Naviguer, donc, n'aura jamais pris autant de sens, dans ce numérique aux allures d'océan.

     

     

    Oceania, de Frédéric Laé

     

     

    (Images capturées au fil de ma navigation avec l'aimable autorisation de l'auteur. Pour y voir de plus près, fais le voyage...)

     

    On peut par ailleurs retrouver les travaux de Frédéric Laé dans la rubrique "Le parc à Chaînes" de la revue en ligne remue.net.

    Bonne exploration...

     

     

    « 30 secondes d'EnferProdiges® au Troisième Bureau »
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