• On commence

     

     

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    Aujourd'hui les répétitions commencent. Le temps change de densité pour un nouveau voyage. L'équipage est en partie le même, en partie renouvelé. En juin 2012, nous avions laissé nos personnages à la fin d'une soirée d'anniversaire dont la surprise manquait quelque peu son but, où l'étrange et le violent venaient tordre l'ici et maintenant des trente ans d'Emma. C'était Le Bal d'Emma. Chantier partagé, investi, première découverte des tensions et des liens d'un univers inventé à mesure, précisé et déformé, dans le dialogue permanent entre le réel et ses distorsions subjectives, grotesques ou douloureuses.

    Aujourd'hui nous n'écrivons pas la suite. Nous recommençons. Ailleurs. A l'instar d'Emma nous recomposons avec nos obsessions. Attaquons le chantier sous un autre angle. Nous nous faisons enquêteurs, décortiqueurs des silences humains, des dénis, des aveuglements, des vitrines sociales, des quêtes désespérées d'une place au soleil.

    Aujourd'hui nous prenons Flaubert à rebours. Là où il faisait roman d'un fait divers, nous revenons à la source: la vie brute et ses bascules, la fascination pour ce qui dérape tout à côté de nous, le meurtre chez les voisins, le suicide de qui nous adressait chaque jour un sourire à la sortie de l'école. De l'écho d'un roman nous tenterons de fabriquer du vrai. Nous nous inscrirons dans le paradoxe.

    Nous commençons une enquête. Nous ne détenons aucune vérité. Aucune omniscience que celle de notre empathie, de nos projections, de nos suppositions, de nos tentatives. Et si l'on se trompe on cherche encore. On recommence. Notre spectacle aura sans doute la mémoire éclatée, embrouillée, contradictoire. Les scènes ne seront pas d'accord les unes avec les autres. 

    Nous commençons l'expérience. D'une mise en tension entre un microcosme familial et le monde dans lequel nous vivons, ses violences sous-jacentes, ses peurs, son obsession d'une fin imminente. Nous verrons comment tremblent ensemble le cosmos, la télévision, et le repas du dimanche. Comment des fortunes se font, quand à côté un homme un beau matin se réveille dans les ruines et n'a pas les mots pour le comprendre.

     

     

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  • Commentaires

    1
    p
    Mercredi 18 Septembre 2013 à 12:44
    p

    J'aime ce principe de mémoire éclatée. Je vous souhaite de vivre cette expérience pleinement. Belle journée à vous. Des pensées 

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