• On recommence

     

    Madame Bovary essaye des choses, des modes de vie : jeune fille mystique quand elle est au couvent, femme mariée, amante, mère, villageoise idéale, provocatrice insolente. Elle lit tout ce qui lui tombe sous la main puis elle décide qu’elle a tout lu, elle dessine passionnément puis ne dessine plus jamais, elle se met au piano puis abandonne ses partitions, elle veut soudain croire en Charles puis n’y croira plus. Madame Bovary se lasse, rien n’est jamais à la hauteur de son idéal, rien ni personne n’est capable de la comprendre, il faut toujours trouver autre chose, quelque chose de plus grand, à hauteur de sa passion.

    Emma ne se rend pas compte que les choses s’accumulent, à mesure qu’elle croit les effacer : ses dettes avec Lheureux dans le roman, son histoire ratée avec Léon, les déceptions de son mariage avec Charles dans notre Bal.

    Emma se refuse à additionner, elle revient au point de départ, elle tente à chaque fois de commencer un nouveau jeu, dont elle est la seule à connaître les règles. Pourquoi faudrait-il toujours que les choses s'enlaidissent et se fanent?

    C’est ainsi que cette caractéristique de l’écriture du roman et du personnage trouve sa traduction dans notre structure narrative encore en construction: quand ça n’ira plus, quand les choses lui échapperont trop, Emma recommencera. Rejouera le jeu de la surprise. Tentera de retrouver un accord avec le présent, et un peu d’enthousiasme. Tentera jusqu'au bout de garder en marche la machine de ses illusions.

     

     

    On recommence

    (Montélier, mai 2012)

     

     

     

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