• Parution de Zone à Etendre

     

    J'étais dans ma cellule à la Chartreuse, je lisais Shakespeare et des interviews d'Alain Damasio. Je lisais Walden de Thoreau et je lisais la presse et j'essayais de faire que toutes ces lignes se rejoignent, courant après une intuition persistante mais difficile à attraper fermement. Des êtres marchaient dans la forêt, héros du Songe puis petite troupe hétérogène, pour réinventer leur propre endroit et leur propre relation au pouvoir. Clin d'oeil à Comme il vous plaira, aux différents endroits de ZAD en élaboration, et recherche à tâtons d'une porte de sortie.

    A peine j'avais quitté ma résidence, que commençait Nuit debout sur les places des villes, et je retrouvais là mes personnages avec leurs maladresses, leurs tâtonnements mais aussi leur vraie force, la vraie possibilité d'un nouvel équilibre. Et l'écriture ne savait plus comment suivre. Et l'écriture, comme la vie, ne savaient pas où aller. Quelle forme prendre maintenant. Et comment faire, pour ne pas être en retard sur le présent, et encore moins sur le futur.

    Alors c'est peut-être là que le travail a vraiment commencé. Le corps à corps avec les doutes. Le désamour pour ce texte. La tentation permanente de l'abandonner là. La vanité de l'entreprise aussi, quand on sait à quel point tout cela restera confidentiel, quand partout on claironne la ringardise des auteurs de théâtre qui n'existent pas de toute façon.

    Et puis aussi, gênante quelque peu, et pas du tout dans l'air du temps, cette propension des personnages à être naïfs et joyeux, moineaux imperméables à tout cynisme. A contre-courant, sans doute, de tout ce qui pourrait me donner quelques gages de sérieux.

    Alors j'ai continué, péniblement, dans le temps pulvérisé. J'ai pris le temps d'aller au bout du chemin, d'être sûre du parcours. Salutaires, les tentatives, les dialogues, les morceaux de lectures, les retours fermes de ceux qui croyaient dans ce texte quand je n'y croyais pas. Salutaires, s'ils savaient, les compagnons d'échange et de dialogue sur ce chemin.

    Aujourd'hui, alors que dans la vraie vie ça bataille fort dans les clairières, alors que le petit Jupiter en carton (j'écrirai bientôt sur lui un texte impitoyable) doit donner un verdict sur le projet d'aéroport de Notre dame des Landes, aujourd'hui sort Zone à étendre, aux éditions Quartett, et j'espère que du moins sa lecture et sa mise en scène créeront des envies de brèches, de trouées, de lignes de fuite et de révolution. Pour commencer.

     

     

    Parution de Zone à Etendre

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  • Commentaires

    1
    Emmanuel Cuchet
    Lundi 15 Janvier à 20:59
    A te lire ,j'en ai loupé mon train !
    2
    Lundi 15 Janvier à 21:54

    Ah, zut!

    Acte manqué avant escapade en forêt?

    Tu es en tournée?

    Je t'embrasse.

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