• Plonger

     

    Aujourd'hui, nous terminons de choisir les extraits pour la lecture de demain. Organisation, photocopies, accélération du cours des choses, coup de concrets à l'intérieur des écritures même si les écritures se poursuivent, photographie instantanée d'un état des chantiers en cours.

    Mais de mon point de vue de "conseillère", le spectaculaire n'est pas seulement dans la lecture que nous préparons. Le véritable enjeu, le vrai centre, il est dans chaque rencontre qui s'est déroulée jusqu'à présent dans mon studio-bureau ou attablés au soleil.

    Je voudrais parler de cette relation-là, de l'émotion parfois palpable quand on a la sensation de toucher au coeur des choses, d'être connectée l'espace de quelques secondes au coeur du projet d'un auteur: revenir, parfois, pour débloquer les choses, au désir initial, formuler l'impulsion, dévoiler ce qui, sous la formulation du projet, touche à des choses plus essentielles. Alors plonger (et nous: accompagner le plongeon, rassurer sur la direction), oser. Je crois que je n'ai jamais autant utilisé le mot "plonger" que ces derniers jours. Mettre les mains dans les nécessités. Aider, comme on peut, à ce que le noyau dur ne se perdre pas en route. Tenir les caps.

    Je voudrais parler de ce plaisir incroyable de découvrir des territoires possibles entre les lignes du texte, lorsqu'au hasard de nos dialogues, quelque chose entre ma lecture du texte et la façon qu'a l'auteur d'en parler se met à faire écho. Se laisser surprendre par la raisonnance. Se laisser surprendre par les liens, que ma tête fait entre les différents projets: parfois, essayer l'outil d'un autre sur le texte de quelqu'un, voir quelle perspectives on peut créer.

    Les textes vont continuer d'avancer, à leur rythme, il y a encore des choses à préciser, des choix à faire (le mot "choix", aussi, m'est apparu très fortement, chacun s'est trouvé à un moment face à cette évidence: "écrire, c'est faire des choix". Une leçon importante pour les textes à venir. Pour aiguiser l'acuité.) Ils iront certainement très loin, ils raisonneront certainement très fort dans le monde. Et je retiendrai de cette étape de leur élaboration une grande sincérité chez chacun: se confronter à soi-même et se poser les bonnes questions, et cent fois sur le métier tu remettras ton ouvrage si quelque chose te trahit, si quelque chose se décale, si quelque chose est dans l'évitement de ce qui t'est nécessaire.

     

    Résidence du CEAD à Québec

    Francis et Ethienne, son Petit bonhomme...

     

     

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