• Processus, etc...

     

    Nous travaillons, donc, sur les différents projets à venir autour de la figure d'Emma Bovary et des thématiques qui nous touchent dans le roman de Flaubert. Et pour commencer, ce qui importait, c'était non pas de nous lancer dans des recherches sur le texte et l'auteur, mais de parler du processus de travail entre chacun des créateurs associés au projet. Et de se poser la fameuse question de "comment je m'appelle" (dramaturge? auteur?)...

    Voici quelques lignes que j'avais écrites pour réfléchir au projet avec Caroline et qui te donneront envie, je l'espère, cher lecteur, d'en savoir plus sur les spectacles que nous te préparons...

     

    Je ne dirais pas qu’il s’agit d’un « nouveau » mode d’écriture contemporaine, mais en tous cas de rendre contemporaines l’écriture et la mise en jeu des textes. Dans le sens de concomitantes. Et brouiller les pistes d’une façon de faire traditionnelle qui voudrait que l’une (l’écriture) préexiste sur l’autre (la mise en scène).

    Je ne crois pas que les écritures de plateau soient si nouvelles que ça, mais ce qui les rend si difficiles à définir, à catégoriser, c’est qu’elles ont chacune leurs propres règles (créations collectives sans metteur en scène, théâtre sans texte, créations mêlant différents arts scéniques : cirque, danse, musique…)

    Ce qui définit ce que nous cherchons à faire autour de Flaubert, c’est justement que nous voulons construire un objet « en soi », avec ses règles propres. Où les éléments ne peuvent être pris séparément mais fonctionnent parce qu’ils sont ensemble. Il nous faudra trouver une logique propre et unique (et non pas une logique d’écriture, puis à partir de celle-là une logique de mise en scène). Penser l’objet théâtral comme un. Comme indivisible. Penser tous les éléments de la mise en scène dans cette logique-là. Accepter qu’il n’y aura pas une « adaptation » préalable ou un texte préalable.

    Il y aura, par contre, un immense travail préalable d’architecture, de construction, d’étayage et de logique. Immense, parce qu’il faudra que tous les éléments soient avancés ensemble. Au fur et à mesure. Qu’on ne laisse pas une pièce du puzzle pour après. Ça ne rentrera pas, ce ne serait alors que de la décoration, et pour l’instant, peu importe la décoration. Nous cherchons le fonctionnement, la machine. La logique interne, et unique, qui fera qu’on racontera à la fois quelque chose du bal et quelque chose d’Emma, quelque chose des habitants de Valence et quelque chose de Flaubert, quelque chose de nous, quelque chose du présent, quelque chose du livre et quelque chose du plateau.

    C’est affirmer le théâtre comme un art total, composite, et non pas un art subordonné à un autre. Bien sûr chacun travaille à partir de sa place, et pour que les choses se répondent il faut bien qu’un des éléments soit avancé d’abord. Peut-être une rêverie autour de Flaubert, peut-être un lieu, peut-être une histoire, peut-être un mouvement, peut-être des présences particulières sur le plateau, pas nécessairement, en tous les cas, une « texte de théâtre ».

    J'ajoute qu'il faudra aussi, dans ce projet, beaucoup construire à partir de la musique...

     

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