•  

    Il y a des déplacements de quelques jours qui sont des voyages importants, qui apportent l'intensité qu'on cherche quand on fait ces métiers-là, avec sa concentration de lieux, de visages, de rencontres, des gares TGV posées au milieu de rien pour ne plus être nulle part qu'en soi-même, à Marne-la-vallée seulement les habitants se distinguent par des oreilles arrondies.

    Des déplacements qui sont des voyages parce qu'ils donnent l'impression que quelque chose bouge, que d'invisibles étapes sont franchies, que des choses se mettent en place. L'apnée cesse un peu. Sans qu'on s'en soit rendu compte un texte est presque né. Il vit.

    (Ou bien est-ce le fait d'avoir fêté mon anniversaire dans quatre villes différentes en deux jours? D'avoir été accompagnée avec beaucoup de bienveillance dans ce passage à l'âge 33?)

     

    *

    D'abord, arrivée à Nantes, puis passage en direct à 18h sur l'émission Esperluette, de Jet fm, animée par Ronan Cheviller: directement dans le bain, lecture d'extraits et discussions sur mon parcours.

    (Sans doute ça, qui me donne cette impression d'avancer: des liens qui se font entre mille choses, une synthèse, sur un temps très court, regards et échanges sur quelques années de travail, on dirait qu'il s'est passé pas mal de choses, qu'on ne sait pas trop par où commencer).

    Puis arrivée à la très belle médiathèque Hermeland de Saint-Herblain, pour me préparer à la lecture de 20h30. J'en profite pour saluer le travail autour des textes et des auteurs de théâtre mené par Marion Coby-Alsina, avec un invité par mois, à la radio, à la médiathèque, et parfois comme je l'ai fait, à l'université. Que les nantais se rendent compte de leur chance: une fois par mois au moins, les auteurs y sont vivants.

     

     

     

    Tout un voyage: Nantes - Paris - Reims

     

    Tout un voyage: Nantes - Paris - Reims

    [La médiathèque Hermeland et le pin qui fait sa fierté]

     

    La lecture s'inscrit dans la continuité de ce que j'ai proposé à Rennes la semaine précédente: reprendre de courts passages de textes publiés, et faire entendre Perdre dans toutes ses différentes voix. (Eprouver le virage). Je vais plus loin dans la seconde partie, retravaillée depuis Rennes, avancée presque à sa moitié dans ce que j'en imagine pour le moment.

    Je me rends compte du plaisir que j'ai à lire/jouer cette partie, à être ce IL tout en ruptures, à quel point c'est bien l'endroit du relâchement et du plaisir après l'austère première partie. Mais il fallait en passer par là. Aller au fond de l'entonnoir pour connaître ensuite le sautillement joyeux, le pied de nez. (Lecteur, auras-tu cette patience? Voici la prochaine chose à mesurer).

    C'est un peu dense comme programme pour une heure, avec un peu de Prodiges® et un peu de Nous les vagues en prime pour tracer la généalogie des choses, je lis un peu vite, j'ai encore un peu peur du silence, de ne pas embarquer assez avec moi. Mais c'est un sport joyeux - pour moi du moins- de retrouver un peu la scène, avec la sécurité, quand même, qu'apporte la lecture.

     

    *

    Le lendemain, je remets ça à la bibliothèque universitaire: il est midi, dans une des salles de lecture des étudiants en lettre se laissent perturber respectueusement, et un groupe de spectateurs me porte par son attention pour cette nouvelle heure de traversée.

    Cette fois je fais entendre un peu de chaque texte édité, et de Perdre seulement mon IL, qui fait revenir le soleil en même temps qu'il apparaît sur Nantes et chauffe la vitre derrière moi, et c'est joyeux de me sentir à ce point-là complice avec le printemps.

     

    Tout un voyage: Nantes - Paris - Reims

    [Nantes, les bords de l'Erdre]

     

    *

     

    A l'invitation de Soizic Lebrat, musicienne, rencontrée il y a deux ans lors de la résidence nantaise de la revue Ce qui secret, je reste une journée de plus à Nantes et retourne à Jet fm où elle anime une autre émission, La fabrique de musique.

    Je suis invitée pour une performance à deux, en trois temps: d'abord nous préparons, hors antenne, échangeons sur nos envies, posons nos règles du jeu pour ce moment qui sera enregistré dans les conditions du direct: 45 minutes pour éprouver la rencontre de nos univers, et s'en amuser. 

    Comme c'est là que sont toujours mes envies, je choisis d'explorer dans ces conditions la seconde partie de Perdre. Soizic a préparé plusieurs modules sonores dont elle joue en direct depuis son ordinateur. Chacune a donc une matière fixe, dont la souplesse se trouvera dans les jeux sur le rythme, les pauses, les superpositions, les boucles. J'aime ce dispositif, casque et micro, qui me permet d'oser les modulations, aller dans les graves et les suaves, avec tout ce masculin à raconter, me laisser porter par le son que propose Soizic pour trouver la nonchalence, la démarche du bonhomme, mesurer le voyage que je raconte: oui, ralentir, ralentir encore. Le récit, et le débit.

    (Il y aura sans doute des répercutions dans l'écriture, maintenant que les ruptures sont testées, la voix trouvée, il ne va pas en rester là, le bonhomme IL.)

    Puis, toujours à l'antenne, nous échangeons nos impressions, faisons le bilan de cette expérience... qui donne envie de poursuivre.

    (ce sera sur les ondes en mai, je partagerai ici bien sûr).

     

    Tout un voyage: Nantes - Paris - Reims

     

    *

     

    Je rentre à Paris le soir, la tête toute pleine de mots et de visages. Escale douce.

     

    *

     

    ... Pour repartir à Reims le lendemain matin, où, à l'invitation de Joël Simon et du festival Méli'môme, je rencontre un groupe de lycéens. De nouveau, je refais en accéléré le parcours de ces dernières années (six ans déjà depuis ma sortie de l'école du TNS?!), la dramaturgie, les livres, les spectacles. Bilan obligatoire et anniversaire: tout va bien, tout va bien. Le train est en marche vers je ne sais où.

     

    Tout un voyage: Nantes - Paris - Reims

    Tout un voyage: Nantes - Paris - Reims

    [Rencontre à Reims avec des lycéens en option théâtre, (c) E. Lansman]

     

    Plaisir de ces rencontres d'une journée, ou des retrouvailles, notamment avec Emile Lansman qui suit mon parcours avec un regard complice. Et petit tour, pour terminer le voyage, par Cormontreuil et sa médiathèque, qui fait une belle place aux écrivains elle aussi.

     

    *

     

    Avant de reprendre le train pour Lyon et de boucler une nouvelle large boucle. 

    (Nouveau passage par Marne-la-vallée, ces gens sont étranges, mais pas si loin peut-être de ma propre recherche de frissons et d'aventures).

    Et me reposer, un peu.

     

      

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  

     

    A Rennes, sur l'eau...

     

    A Rennes, sur l'eau...

     

    Amarrée en face de la villa Beauséjour, qui abrite la Maison de la Poésie de Rennes (elle a une belle maison, la Poésie!), une chaleureuse Péniche Spectacle accueille des lectures de cette édition des Polyphonies. Voilà le nouveau paysage, après quelques heures de train depuis Valence, une petit escale à Paris pour y serrer dans mes bras entre deux gares mon aimé, ma rencontre avec Fabienne Courtade dans le TGV, les retrouvailles avec Rémy Jacqmin qui n'est certainement pas pour rien dans ma présence ici. 

    Lectures croisées: nous décidons d'alterner des extraits de nos textes. Tandis que Fabienne Courtade lit des extraits de son dernier livre, Le même geste (Flammarion, 2012) et de La table des bouchers (Flammarion, 2008), je lis un extrait d'Alors Carcasse et deux extraits de Perdre (première et deuxième partie). C'est un peu frais, un peu fragile, c'est la première fois notamment que j'éprouve la seconde partie et comme elle se respire, je suis en apnée sur une bonne partie du texte, il y a du clown qui cherche à arriver, sans doute trop, sans doute encore beaucoup de maladresse. Dans les choses bancales, il y a celles qui resteront pour donner au texte sa couleur, et celles qu'il me faudra couper, simplifier, redresser, étape nécessaire.

    Je repars avec l'envie urgente d'arriver au bout de ce chantier-là pour en rêver d'autres (avant l'été, je me persuade), et forte d'une écoute bienveillante et encourageante, avec des livres plein la valise et la lecture boulversante dans le train de Décembre m'a cigüe, d'Edith Azam (POL), texte écrit dans cette maison-là...

     

     

    A Rennes, sur l'eau...

    (c) Maison de la poésie de Rennes

     

     

    Partager via Gmail

    2 commentaires
  •  

     

     

    [ Pour M.

    Lyon, mars 2013]

     

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  

     

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •   

     

     

     

    [Genève, théâtre Amstramgram, janvier 2013] 

     

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique