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    Béthune. Résidence d'écriture pour Les Hérétiques. Jour 2.

     

     

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    Les Hérétiques

     

    Il avance, il avance, le projet souterrain. Il a un titre, une destination, et même une quarantaine de pages. Il avance lentement, parce que chaque phrase, comme rarement, ouvre des milliers de questions de sens et de chemins possibles. Parce que j'ai l'impression d'un texte trop grand pour moi, et que je suis en train de tout faire pour arriver à sa hauteur.

    Il traîne derrière lui des milliers de pages de documentation que je dois m'efforcer d'oublier quand je commence à écrire. Parce que ce n'est pas un exposé, parce que ce n'est pas une démonstration. Parce qu'il faut que ce soit drôle et vivant et méchant aussi, à l'image des sorcières qui le peuplent.

    Le texte à venir s’appellera Les Hérétiques. Il est né d'échanges avec François Rancillac autour de la laïcité. Il verra le jour dans un an au théâtre de l'Aquarium.

    Les Sorcières, donc. Parce que j'avais besoin, pour écrire cette pièce, de prendre le détour de la fiction. Parce qu'il n'était pas question de théâtre documentaire ou de miroir direct d'une actualité médusante. Parce qu'il s'est très vite imposé que j'avais envie d'écrire pour un groupe de femmes.

    Alors les Hérétiques et les Sorcières, qui peuvent à chaque époque trouver leur incarnation, comme autant de rapports de pouvoir et de violence entre la religion et le peuple, surtout dans les époques où religion et État ne faisaient qu'un.

    L'hérétique est celui ou celle qui s'éloigne des dogmes. Étymologiquement, l'hérésie est l'acte de faire un choix, d'avoir une libre opinion. Les Sorcières, accusées de magie et de pactes avec le Diable, ont incarné l'hérésie criminelle entre le Moyen-Age et la Renaissance. A chaque époque, elles ont été bouc émissaire et variable d'ajustement de tous les bouleversements de la société.

    La pièce se déroulera dans une réunion secrète de plusieurs d'entre elles. Comme si elles avaient décidé d’œuvrer elles-mêmes aux conditions de la fin de leur persécution, en reprenant en mains l'Histoire et la sémantique. Jusqu'à l'exutoire d'un manifeste hérétique ou d'un cabaret hérétique, ou d'un Sabbat fabuleux. Je ne sais pas encore la forme que ça prendra. Mais que ce soit joyeux, libérateur.

     

    Je pars en poursuivre l'écriture une dizaine de jours à la Comédie de Béthune. Ma résidence se terminera par un Cabaret hérétique où je serai accompagnée de Mathieu Goulin - que certains d'entre vous ont pu voir jouer dans Une île cabaret l'année dernière. J'y donnerai à entendre des extraits du texte en cours, mais aussi de la littérature autour des figures de sorcières d'hier et d'aujourd'hui.

     

     

     

     

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  • Les Temps dans les processus de création

    A l'invitation du Studio-théâtre de Vitry, me voilà partie pour quelques jours de recherche et d'échange autour du temps dans les processus de création, problématique qui m'occupe et me préoccupe la plupart du temps, justement. Samedi, nous rendrons publics ces échanges sous forme de discussions, de lectures, etc.

    Prendrai-je le temps de rendre compte ici de ce que nous nous serons dit? Il le faudrait!

    Tous les renseignements ici.

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  • Nostalgiques du bruit des vagues et/ou de la révolution, vous pourrez retrouver Nous les vagues en lecture par Claire Lasne-Darcueil et les élèves du Conservatoire national d'Art dramatique le 15 septembre 2017 à 14h. Suivra une rencontre.

    Voici le programme complet de ces journées intitulées Sentiers croisés, dans le cadre du festival de Septembre du Conservatoire national.

     

     

    Nous les vagues au Conservatoire, 15 septembre

     

    Nous les vagues au Conservatoire, 15 septembre

    Nous les vagues au Conservatoire, 15 septembre

    Nous les vagues au Conservatoire, 15 septembre

     

    SENTIERS CROISéS, trois journées de rendez-vous artistiques proposées par Jean-Frédéric Lemoues. Dans le cadre du Festival "Jouer et mettre en scène" organisé par les élèves-metteurs en scène sortants.

    •> INFORMATIONS PRATIQUES <•

    Salle Louis Jouvet, au 2bis rue du Conservatoire - Métros 9 Grands Boulevards ou 7 Cadet.

    Réservations obligatoires : sentierscroises2017@gmail. com

    (réservations possibles pour une ou plusieurs propositions artistiques)

     

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  • Lectures sous l'arbre 2017 et retour sur les publications Grands Fonds

     

    Dans quelques jours, rendez-vous à la croisée des chemins, entre Haute-Loire, Drôme et Ardèche, entre poésie, spectacle et gastronomie, entre ballades, sieste poétique et lecture, entre bon vin et confiseries maison. Bref, rendez-vous aux incontournables Lectures sous l'arbre de Cheyne, qui cette année mettront à l'honneur le Chili, les éditions du Seuil, et les livres parus chez Cheyne dans l'année.

    Retrouvez le programme complet ici.

    En parlant des livres parus dans l'année, je voudrais revenir sur les deux publications de Grands fonds, que j'ai eu la fierté d'accompagner avec Antonio Werli. En attendant les deux très grands textes de 2018 (allez je fais un effet d'annonce sans en dévoiler plus: il y aura Marie Cosnay et Benoît Reiss), vous pouvez lire depuis le printemps les derniers ouvrages d'Ito Naga et Loïc Demey. Tous deux sont invités de cette nouvelle édition des Lectures.

    Le livre d'Ito Naga, Les petits vertiges, impressionne une nouvelle fois par sa précision et sa finesse. De fragment en fragment, on voyage dans les vertiges que produisent certains mots au milieu d'une phrase. Mais on voyage aussi à travers les continents, du Japon à la France, avec de longues escales, cette fois-ci, par la Russie, et de fragment en fragment apparaît un très beau portrait de femme. Avec Ito Naga, les vertiges, c'est à chaque page, sous la forme d'un sourire ou d'une émotion qui monte tout d'un coup aux yeux.

     

    Lectures sous l'arbre 2017 et retour sur les publications Grands Fonds

    Quant à Loïc Demey, qui avait publié dans la collection grise Je, d'un accident ou d'amour, il nous emmène avec D'un coeur léger (carnet retrouvé du Dormeur du Val) sur un tout autre terrain, celui du lyrisme épistolaire d'un jeune soldat qui s'en va à la guerre la fleur au fusil et le grand amour au coeur. Là où la recherche de Demey excelle, c'est dans l'invention d'une langue qui pourrait être celle de ce jeune homme et de ce temps, mais qui se libère aussi de la réalité historique pour devenir pure poésie. Si le narrateur croise bien un certain Arthur, et si on se demande s'il va terminer comme le dormeur du poème, c'est plutôt la vie, l'amour et l'insouciance qui sont célébrées dans ce très beau texte.

     

    Lectures sous l'arbre 2017 et retour sur les publications Grands Fonds

     

     

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