• MADAM - Hélène Soulié

     

    La semaine prochaine, je pars en immersion- "incubation" pour un nouveau projet d'écriture. Une aventure collective menée par Hélène Soulié: le projet MADAM (Manuel d'Auto-Défense à Méditer). 6 autrices, 6 comédiennes, 6 groupes de femmes à rencontrer, pour 6 solos nourris d'échange avec une sociologue et de rencontres sur le terrain.

    Une association de musulmanes féministes, des cyber-féministes, des graffeuses, des capitaines, des motardes, des basketteuses, autant de femmes organisées en groupe et qui se posent, de fait, la question de leur place et de leur visibilité dans l'espace public...

    Les autrices (Marine Bachelot Nguyen, Magali Mougel, Solenn Denis, Marie Dilasser, Claudine Galea et moi-même) aurons pour mission d'aller capter ce qui se joue dans le fait d'être femmes et sur ces territoires masculins, de dépister comment ça se traduit dans l'imaginaire et le langage.

    Pour ma part, je rencontrerai les basketteuses de l'équipe de Lattes, beaucoup moins exposées que leurs confrères masculins, malgré leurs titres nationaux. Je me dis que, moi qui m'intéresse plutôt habituellement à ceux qui perdent - au point d'avoir mené un projet qui portait ce nom-là - je vais déplacer mon point de vue en rencontrant ces femmes dont le métier est de gagner.

    La création de ce "Chapitre" aura lieu début février 2019 au théâtre Jacques Coeur de Lattes.

     

    MADAM - Hélène Soulié

     

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    In progress

     

    - Qu'est-ce que tu fais?

    - Oh, rien, ce soir je rajoute un peu de magie dans mon procès et j'ouvre mon Sabbat.

    *

    - Qu'est-ce que tu fais?

    - Je muscle ma Sainte Martyr. Pourquoi?

    *

    - Qu'est-ce que tu fais?

    - Cette semaine je revois les persécutions et j'essaye un attentat divin.

    *

    - Qu'est-ce que tu fais?

    - J'hésite. "Hérésie générale" ou "Inquisition piège à cons"?

    (à suivre...)

     

     

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    Je ne donne plus beaucoup de nouvelles par ici, par excès de densité, plutôt que par manque de choses à dire. Il y a beaucoup de travail - écriture, lecture, accompagnement dramaturgique - dont le récit par le menu n'aurait pas sa place ici.

    Et puis il y a les textes qui vivent leur vie loin de moi. En ce début 2018, deux mises en scène de Prodiges® ont vu le jour.

     

    Double Prodiges®

    La première, du côté de Grenoble dans une mise en scène de Muriel Roux, Compagnie Vous ici, et avec Anne-Sophie Galinier, Sarah Roux-Barrau et Muriel Roux. C'était à l'Anecdote d'Autrans début mars.

     

    La seconde, à la Cave-Poésie de Toulouse la semaine dernière, dans une mise en scène de Jean-Jacques Mateu (Compagnie Petit Bois), avec Anne Bourgès, Bilbo et Amélie Gasparotto.

    Double Prodiges®

     

    Un hasard de calendrier que les deux nouvelles vies de cette pièce, après la création par Matthieu Roy en 2012 et sa centaine de représentations dépassée depuis. 

    Et une grande chance pour moi, et pour mon texte. Parce qu'il est rare que plusieurs mises en scène d'un texte contemporain vivent simultanément - alors même que ça ne pose aucun problème pour les classiques. On a peur que les spectacles se fassent de l'ombre l'un à l'autre, on a peur de ne pas être l'unique découvreur d'un texte, on s'en pense le co-auteur dans certains cas, on souffre d'une mise en concurrence implicite alors même que, s'il y a bien un endroit où on ne devrait pas se poser la question, c'est bien dans la création (sauf que si c'était le cas ça se saurait)...

    Mais dans les faits, je crois, les différentes mises en scène (à condition, bien sûr, qu'elles ne soient pas exactement dans le même réseau de diffusion et sur la même période) peuvent au contraire s'aider l'une l'autre, créer ensemble un mouvement pour qu'une écriture passe plus souvent, plus systématiquement au plateau, que ce ne soit plus une bizarrerie que tous ces nouveaux titres, que ces noms d'auteurs d'aujourd'hui dans les programmes de théâtre.

    C'est dans la multiplication des mises en scène, dans l'intervalle entre leurs différences et les lectures qui en sont faites qu'un texte peut avoir une chance de devenir vraiment vivant. Je crois bien.

    PS: Et pour rappel, pour ceux qui seraient intrigués par cette pièce, Prodiges® est publiée aux éditions Quartett.

     

     

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  • Lecture rencontre à la libairie Libralire

     

    Si tu rêves de rencontrer pour une même soirée ZONE A ETENDRE, parce que tu te mords les doigts depuis deux semaines maintenant de ne l'avoir pas encore acheté et pas encore lu, mais aussi ALBAN LEFRANC et sa dernière pièce TABLE RASE; si tu veux en entendre des extraits, rencontrer qui se cache derrière les éditions QUARTETT, rendez-vous à la librairie Libralire, 116 rue Saint Maur à Paris samedi prochain le 10 février à 19h30.

    Viens!

    Lecture rencontre à la libairie Libralire

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    J'étais dans ma cellule à la Chartreuse, je lisais Shakespeare et des interviews d'Alain Damasio. Je lisais Walden de Thoreau et je lisais la presse et j'essayais de faire que toutes ces lignes se rejoignent, courant après une intuition persistante mais difficile à attraper fermement. Des êtres marchaient dans la forêt, héros du Songe puis petite troupe hétérogène, pour réinventer leur propre endroit et leur propre relation au pouvoir. Clin d'oeil à Comme il vous plaira, aux différents endroits de ZAD en élaboration, et recherche à tâtons d'une porte de sortie.

    A peine j'avais quitté ma résidence, que commençait Nuit debout sur les places des villes, et je retrouvais là mes personnages avec leurs maladresses, leurs tâtonnements mais aussi leur vraie force, la vraie possibilité d'un nouvel équilibre. Et l'écriture ne savait plus comment suivre. Et l'écriture, comme la vie, ne savaient pas où aller. Quelle forme prendre maintenant. Et comment faire, pour ne pas être en retard sur le présent, et encore moins sur le futur.

    Alors c'est peut-être là que le travail a vraiment commencé. Le corps à corps avec les doutes. Le désamour pour ce texte. La tentation permanente de l'abandonner là. La vanité de l'entreprise aussi, quand on sait à quel point tout cela restera confidentiel, quand partout on claironne la ringardise des auteurs de théâtre qui n'existent pas de toute façon.

    Et puis aussi, gênante quelque peu, et pas du tout dans l'air du temps, cette propension des personnages à être naïfs et joyeux, moineaux imperméables à tout cynisme. A contre-courant, sans doute, de tout ce qui pourrait me donner quelques gages de sérieux.

    Alors j'ai continué, péniblement, dans le temps pulvérisé. J'ai pris le temps d'aller au bout du chemin, d'être sûre du parcours. Salutaires, les tentatives, les dialogues, les morceaux de lectures, les retours fermes de ceux qui croyaient dans ce texte quand je n'y croyais pas. Salutaires, s'ils savaient, les compagnons d'échange et de dialogue sur ce chemin.

    Aujourd'hui, alors que dans la vraie vie ça bataille fort dans les clairières, alors que le petit Jupiter en carton (j'écrirai bientôt sur lui un texte impitoyable) doit donner un verdict sur le projet d'aéroport de Notre dame des Landes, aujourd'hui sort Zone à étendre, aux éditions Quartett, et j'espère que du moins sa lecture et sa mise en scène créeront des envies de brèches, de trouées, de lignes de fuite et de révolution. Pour commencer.

     

     

    Parution de Zone à Etendre

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