• Rencontrer Violetta

     

    Retour d'un premier séjour à Valence, pour la fin de la première semaine de travail au plateau sur Se souvenir de Violetta. Ce qui me plaît d'emblée dans ce projet, et qui se vérifie sur scène pendant ces deux jours, c'est la façon dont deux théâtres se rencontrent, avec beaucoup de finesse. Deux espaces, déjà, puisque le décor est scindé en deux, d'un côté la chambre du fils, de l'autre la cuisine, domaine des parents, mais aussi deux registres de jeux, puisque se rencontrent deux jeunes comédiens professionnels, qui apportent la dimension d'adolescence, d'irrationnel et de fougue du projet, et deux comédiens amateurs, plus âgés, auxquels Caroline a demandé de travailler au plus proche d'eux, dans des improvisations le moins composées possible. Ils sont là, dans leur quotidien, tandis qu'à côté d'eux les drames et les passions se nouent et se dénouent bruyamment.

    Le contraste est fort, il est aussi drôle que poignant par moments, et très agréable pour le spectateur, qui, à mesure qu'il recompose le puzzle temporel, peut lire plusieurs histoires simultanément, se raconter que les scènes coexistent vraiment ou bien que, sur le plateau, se répondent différents espaces-temps. Qui est cette Violetta qui fait irruption dans la vie du jeune Alexandre et dont les parents ne semblent pas remarquer la présence? Une indésirable qu'on ne veut pas voir? Ou un fantôme dont le jeune homme n'arrive pas à faire son deuil? Le décalage des âges sème encore le trouble: depuis combien de temps cette histoire est-elle rejouée, rêvée, déformée?

     

     

    Se souvenir de Violetta

     

    [Emmanuel Cuchet, Ruth Nuesch]

     

     

    Ce qui me frappe, dans les prémices de ce projet, c'est aussi que la narration, avec ses différents niveaux possibles, ne pose pas de problème de compréhension, malgré la grande part d'improvisation des quatre comédiens, et des situations qui s'inventent et se précisent sur le plateau. A partir de là, le décor devient un véritable terrain de jeu pour tous les acteurs du projet, sur le plateau, à la mise en scène ou à la technique, et l'enjeu du spectacle, de fixer la dentelle chorégraphique et musicale, avec son système d'échos, de ruptures, d'ordinaire et de folie qui commence à se dessiner.

    Parfois se produisent des collisions entre les deux mondes, comme dans cette scène de repas improvisée où les quatre personnages se retrouvent dans la cuisine:

     

     

    Se souvenir de Violetta

     

    Se souvenir de Violetta

    [Caroline Arrouas, Emmanuel Cuchet, Ruth Nuesch, Lucas Partensky]

     

    PS: ce sont des photos de répétitions. Ces images n'existeront peut-être pas dans le spectacle. Mais elles ont fait partie de l'univers de Violetta et de cette première semaine de répétitions...

     

     

     

     

     

    « A la gareInvitée au Festival Bruits Blancs »
    Partager via Gmail

    Tags Tags : , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :