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    Le reportage de Michel Sidoroff sur notre résidence à bord du Cargo, Au vent à nous, six au beaupré, a été diffusé le 6 décembre sur France Culture.

    Je vous invite à revivre par les oreilles cette résidence, et vous recommande une écoute au casque pour une vraie plongée avec nous au coeur des vagues.

    Le lien ici! Bonne écoute!

     

    Au vent à nous, six au beaupré

     

    (Michel Sidoroff, réalisateur de cet atelier de création et compagnon de résidence)

     

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    10 septembre 

     

    Dans l’avion du retour, il s’est passé une chose étrange : les cicatrices laissées sur mon ventre par les piqûres de méduses – marque et souvenir de notre première baignade guadeloupéenne nocturne, sur la plage du Gosier – les cicatrices oubliées pendant la suite de la semaine se sont réveillées d’un coup. Gonflées de nouveau, elles se sont mises à me démanger, à vouloir me dire quelque chose. J’ai pensé à toutes les histoires d’Aliens qui nous ont occupé l’esprit pendant toute la traversée, ces marques et ces lumières sorties d’on ne sait où, ces moments de disparition qui se rappellent à vous un beau matin, ces mystères à porter, à assumer, à dissimuler. J’ai pensé aux pouvoirs que parfois ça vous donne, qu’il faut savoir manipuler pour ne pas que ça se retourne contre vous.

    Je ne sais pas quel pouvoir, ou quel message s’est réveillé avec ces stries sur ma peau, ces longs filaments. Je ne sais pas encore décrypter cet appel. Mais je devine déjà qu’il a à voir avec la soif de liberté, avec un absolu dévastateur, avec la nécessité du voyage et de l’intranquillité.

     

     

     

     

     

     

     

    [Au sommet de la Soufrière, septembre 2012]

     

     

     

     

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    Pour notre dernière soirée guadeloupéenne, honneur et joie, nous avons été invités à rencontrer des auteurs caribéens, à échanger sur nos parcours et nos textes, le tout dans la très belle maison de Simone Schwarz-Bart, toute entière construite autour de l'écriture et de la complicité littéraire. Voilà pour la cerise sur le gateau émotionnel de la résidence. Suspendus aux lèvres de cette grande auteure amoureuse d'un grand auteur, nous remettons en perspective nos vies d'écrivains. 

    Puis la comédienne Laurence Joseph lit le très beau texte Au bord de Claudine Galea, le temps s'arrête un petit peu, pas loin de là le Fort Saint-Pierre nous salue en cornant et s'en retourne vers Montoir, demain on reprendra l'avion, on guettera les cargos en approchant des côtes, on a un petit peu de mal à se dire aurevoir.

     

     

     

    "Le pays dépend bien souvent du coeur de l'homme: il est minuscule si le coeur est petit, et immense si le coeur est grand. Je n'ai jamais souffert de l'exiguïté de mon pays, sans pour autant prétendre que j'aie un grand coeur. Si on m'en donnait le pouvoir c'est ici même, en Guadeloupe, que je choisirais de renaître, souffrir et mourir. Pourtant, il n'y a guère, mes ancêtres furent esclaves en cette île à volcans, à cyclones et moustiques, à mauvaise mentalité. Mais je ne suis pas venue sur terre pour soupeser toute la tristesse du monde. A cela, je préfère rêver, encore et encore, debout au milieu de mon jardin, comme le font toutes les vieilles de mon âge, jusqu'à ce que la mort me prenne dans mon rêve, avec toute ma joie...

     (...)

    Ici comme partout ailleurs, rire et chanter, danser, rêver n'est pas exactement toute la réalité; et pour un rayon de soleil sur une case, le reste du village demeure dans les ténèbres. Cependant que se préparaient les noces, c'était toujours la même platitude à l'Abandonnée, le même acharnement des humains à faire descendre d'un cran le niveau de la terre, le même poids de méchanceté accroché aux oreillettes de leur coeur. "

     

    (Extraits du premier chapitre de Pluie et vent sur Télumée Miracle, de Simone Schwarz-bart)

     

     

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    Fais un voeu.

     

     

    EPISODE 27 / MAGIE

     

    EPISODE 27 / MAGIE

     

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    EPISODE 27 / MAGIE

     

     

     

     

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    EPISODE 26 / LANGOUSTINES ET SABLE NOIR

     

    7 septembre

     

    La plage : noire, verte, bleue. Décidément ici rien ne se fait à moitié quand il s’agit d’en mettre plein la vue et de déboussoler les habitudes du corps. Est-ce qu’on ne serait pas dans un décor de cinéma, avec cette eau à 30 degrés ?

    Et toute la nuit, ces oiseaux qui hurlent et se taisent au matin : un monde à l’envers, une piqûre d’intensité.

     

     

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