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    EPISODE 15 / ET PUIS PLUS RIEN QUE LA MER

     

    Au bout de quelques heures, et à part un oiseau vaillant qui nous a suivis plusieurs jours, nous sommes seuls au milieu de l'eau. Pendant 7 jours, nous serons seuls, sans autre bateau sur les radars, sans plus de terre sur aucune carte.

    Pendant des heures je regarde l'eau, l'endroit où la puissance du bateau fend la mer et dessine des méduses. Quelque chose d'hypnotique et d'abstrait.

    Dans un état second je reprends les chantiers d'écriture, et, au soir du cinquième jour, j'ai terminé la première partie de Perdre. Dans un tel chamboulement du corps je n'ai pas beaucoup d'autre choix que le lâcher-prise. C'est bien.

     

    EPISODE 15 / ET PUIS PLUS RIEN QUE LA MER

     

    EPISODE 15 / ET PUIS PLUS RIEN QUE LA MER

     

    EPISODE 15 / ET PUIS PLUS RIEN QUE LA MER

     

    EPISODE 15 / ET PUIS PLUS RIEN QUE LA MER

     

     

     

     

     

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    25 août

     

    Le soir, nous arrivons près de Saint Nazaire, le pilote saute de son bateau (littéralement) et nous dirige en direction du port de Montoir-de-Bretagne.

     

    EPISODE 14 / ARRIVEE A SAINT NAZAIRE

     

    EPISODE 14 / ARRIVEE A SAINT NAZAIRE

     

    EPISODE 14 / ARRIVEE A SAINT NAZAIRE

     

    EPISODE 14 / ARRIVEE A SAINT NAZAIRE

     

    EPISODE 14 / ARRIVEE A SAINT NAZAIRE

     

    Toutes dernière nuit à l'arrêt avant le vrai départ transatlantique...

     

     

     

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    25 août

     

     

    5h45

    Alerte. Les choses sérieuses commencent. Rira bien qui rira le dernier. C’est le moment de savoir si la greffe a pris ou non. Femme-machine-baleine, la tentative d’opération de fusion des organismes en est au point critique. Les scientifiques du monde entier retiennent leur souffle.

     

    6h30

    Et si rejet il y a, lequel des trois organismes sera évacué en premier ? Il serait vexant d’être considérée comme le microbe qu’on cherche à faire disparaître en s’ébrouant. Pourtant c’est l’impression que ça donne : mon corps, déjà, se déplace de part et d’autre de mon lit sans mon consentement. C’est ventre de chair contre ventre de fer. Pourquoi ai-je fait le pari insensé que je serai la plus forte ?

     

    8h00

    C’est le petit déjeuner qui fait le premier les frais de l’expérience : pas tenu cinq minutes. Et dire qu’on n’a pas encore passé Ouessant, et que je lutte déjà pour rester debout dignement. Blanche sur le ciel blanc. Etat second, coton, sommeil anesthésique.

     

    10h30

    J’ouvre un œil. Le ventre semble tenir bon. Le mien. Celui du bateau aussi. Ronronne. Provoque. Je vais prendre l’air. C’est magnifique. Je veux être cette bête, cette machine qui nage si paisiblement. Je m’accroche. De nouveau je pénètre dans le couloir qui se débat sous mes pieds. Je me rendors.

     

    12h30

    Il semblerait que la crise soit passée. Mer et femme ont arrêté leurs vagues. Des nouvelles des autres prototypes : nous mangeons tous, beaucoup plus calmes qu’à l’ordinaire. Certains résistent par le sommeil, d’autres par le grand air ou l’étude attentionnée des radars. Nous passons le repas à être poussés vers notre assiette ou tirés en arrière. Un jeu pour tester nos ultimes résistances. Nous sommes optimistes pour la suite des opérations.

     

    EPISODE 13

     

    (Fin de journée: passage au large de Belle île)

     

     

     

     

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    Je suis préoccupée par le gigantisme. J’en suis atteinte, je suis contaminée. Quelque chose de trop grand m’est entré dans les yeux, prend toute la place en moi, dans les deux hémisphères de mon cerveau prend ses aises. Quelque chose, en s’insinuant entre mes organes, bouscule, oppresse et libère tout en même temps.

     

    On pourrait croire que ça m’est un bouclier immense. Une carapace juste sous la peau, un alliage nouveau, mi-virus mi-plaque de fer. Mais au contraire, ça rend l’intérieur mouvant. Ça ramollit, ça déstructure.

     

    Je suis préoccupée par ce que ça déplace dans la circulation autrefois fluide entre les mots et les doigts sur le clavier, cette fonction qui m’était devenue naturelle et qu’on appelle écrire. Un engorgement. Une arthrose. Ou bien une mélancolie : face au réel toute image produite me semble dérisoire, toute fiction me devient insupportable.

     

    Pour la géante, ferrugineuse machine que je suis devenue, même la littérature est un tout petit simulacre, comme ces minuscules voiliers, bacs, qu’on engloutit parfois dans notre sillage. Seule la poésie, peut-être, résiste à mon irritabilité.

    EPISODE 12 / GIGANTISME

     

     

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    24 août

     

     

     

    Départ pluvieux du Havre pour la dernière escale: Montoir de Bretagne...

     

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