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    Dans la rubrique rêver lire, qu'elle tient sur le site remue.net, Claudine Galea me fait l'honneur d'une chronique sur Les chemins contraires.

    Elle parle de ce travail comme de "science fiction poétique", et je m'y retrouve tout à fait. Hommage aussi, au travail éditorial de Cheyne.

    La chronique est à retrouver ici. N'hésitez pas à partager.

     

    Extrait:

     

    "Les Chemins contraires décrit un univers policé et sournois, une éducation qui, précisément, ne fera pas de vagues, des règles du vivre-ensemble où l’individu a disparu. Avec son audace, son insolence, son imagination, ses rêves, ses désirs. Faut-il dire individu ou être humain ? Mais qui dénierait, cependant, à ces hommes et ces femmes pris dans l’étau de règles de plus en plus oppressantes leur qualité d’humains ? Où se situe la faille ou le cap qui fera passer de l’obéissance à la désobéissance ?
    Mariette Navarro ne répond pas à cette question, elle invente une seconde partie intitulée « Contre-chant ». Voici que le « Ils » devient un « IL » singulier, et majuscule. Il y a du concept dans la démarche, mais l’écriture le transcende. L’histoire — qu’on peut aussi rendre majuscule — se réanime dans ce joyeux troublion : « non, mais, IL a un passé quand même ». La même voix narratrice, voix de l’auteure, continue d’opérer à cette troisième personne et à distance. Mais IL pense, parle et dit « je », « mon », « ma ». Bref l’ordonnancement grammatical précédent fait des bonds de côté, avec malice et fantaisie, ouvrant ce chemin contraire et sans doute salvateur. IL a trouvé « les interstices » qui permettent d’échapper et de vagabonder. IL pleure et rit. IL se souvient et rêve. Et IL s’adresse. Un deuxième homme s’est glissé dans l’interstice, encore ignorant des possibilités que la vie offre. Le récit de glaciation se renverse et devient fable initiatique. Les dernières pages du livre filent la métaphore et la rendent éclatante. Au cœur d’une forêt tropicale, les deux voyageurs se rapprochent d’un volcan. « Sinon pourquoi toujours ce chaud au milieu du ventre, ces envies de bondir, ces envies de crier ? »  "

     

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  • Nous les vagues dans livres-addict.fr

     

    Nous les vagues continue de voguer. Une nouvelle chronique estivale sur le site de livres-addict, que vous pouvez retrouver dans son intégralité ici.

     

    "C'est un texte immédiatement dansé, gymnique, acrobatique. Un texte fait de bonds, cabrioles, virevoltes, de lancers très haut tenus. C'est une langue qui rue, rugit, saccade en cascades mais se déroule, se développe, aussi, voluptueusement, et enveloppe le lecteur.

    C'est une prosopopée hypnotique, une allégorie furieuse. Mariette Navarro orchestre minutieusement et scande savamment l'obscure chorégraphie des vagues. On dirait qu'elle dispose d'une science médiumnique, qu'elle s'appuie sur un savoir ancestral.

    Ces vagues qui enflent, s'enroulent, éclatent et se réarment dans l'incessant ressac, sont artistiques, amoureuses et politiques. Successivement et simultanément. Elles en appellent au soulèvement des forces dissidentes, à l'insurrection des corps amoureux. On peut trouver en elles une empreinte, une lointaine réminiscence de « L’Amour fou » et de « Nadja » puisqu’il s’agit, pareillement, de réenchanter le monde par une offensive amoureuse et poétique (la poésie et l’amour étant indissociés), en faisant assaut de ferveur et d’inventivité. Ces vagues sont, en soi, des corps et une langue en résistance. Elles se déclarent et profèrent comme une menace la vie crue, l'expansion nue, l'affranchissement sans terme qu'elles visent."

     

    Bonne lecture.

     

    (La photo, trouvée sur internet, a été prise à Nazaré, au Portugal).

     

     

     

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  • Les Feux de Poitrine dans le Matricule des Anges

     

    Le Matricule des Anges, rubrique théâtre, mai 2015.

     

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  • Et un nouvel article, dans l'Avant-scène, à l'occasion de la sortie des Feux de Poitrine.

     

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    C'est notable, parce que les critiques de livres de théâtres sont plus rares, et souvent plus sommaires que les critiques de spectacle, une première critique des Feux de Poitrine dans le blog théâtral Le souffleur. L'article est accessible ici sur son site.

     

    Première critique des Feux de Poitrine

     

    "Divisé en cinq séquences, cinq hypothèses de fêtes, l’auteur nous brosse le portrait de l’évènement que l’on crée « pour rester vivant ».
     
    Ce texte, fruit d’une commande passée par Anne Courel et la compagnie Ariadne permet à Mariette Navarro de percer dans son écriture mêlant dramaturgie théâtrale et prose classique. Les personnages n’existent que le temps d’une séquence et disparaissent pour laisser place aux suivants, qui reprennent le flambeau de ce feu qu’il ne faut pas éteindre, pour raconter la nécessité de la fête et sa nécessité. On y parle de l’instant de la cohésion sociale, de la rencontre, du jeu du paraître et des masques qui corrompent certaines identités, celles des figures tristes qui préfèrent se tenir à la marge de l’engouement général, et rester seuls. Et avancer seuls. Il y a souvent une démarcation bien nette entre le chœur (des enfants, des proches, le chœur du plus beau jour de notre vie, celui des adultes invisibles) et l’individu qui, un soir de fête, vit un véritable choc.
    Comme « Lui », qui revient dans La Fête du Retour, se faire fêter par des proches qu’il n’a pas vus depuis longtemps, et qui veulent bien faire, le mettre à l’aise. On comprend qu’il sort de l’hôpital, on comprend que son rapport à la vie est terni, qu’il n’attend plus les mêmes choses. Mais pour faire bonne figure, il reçoit cette fête, la supporte. Finalement, cela devient un difficile face à face, une confrontation entre deux aspirations de l’existence qui ne peuvent s’entendre réellement.
     
    Il y a ce marcheur et cette marcheuse dans La fête des neiges qui débarquent dans une rêverie inspirée de celle du Grand Meaulnes. Une fête de l’enfance, de l’émerveillement, un temps suspendu. Mais quand il veut avancer, elle veut rester. Ils ne se comprennent déjà plus et la fête achève de les séparer.
     
    Écriture douce-amère, flot de paroles précis et qui porte. Il y a là comme la nostalgie de quelque chose qui aurait dû advenir, mais n’est pas arrivé. Ou de fêtes qui se terminent trop tôt, et entraînent avec elles la fin de la jeunesse, de certains possibles, d’une insouciance. Le quatrième texte intitulé La fête électrique en atteste. Inventaire alternant les tournures nominatives et infinitives, elle parle de la de la fête à laquelle chacun est appelé à participer, celle qui fait le lien entre l’adolescence et le début de l’âge adulte, celle qui commence tôt le soir et finit tôt le matin. Quand les corps n’en peuvent plus et qu’ils ont déjà vieillit d’avoir joué de tous ces désirs de poitrine, de cœur, de ventre.
     
    Enfin, il y a ces hypothèses de fête laissées au libre jugement du metteur en scène, qui pourra en faire des fêtes transitoires. Des sortes de flashs visuels qui racontent des fêtes intérieures : le moment où l’on va dire quelque chose d’important et que le corps s’affole, l’instant où l’on traverse une foule en liesse et que le corps s’électrise, un événement mystérieux qui réunit, rallie à la même énergie, au même feu.
    Tous ces instants universels, pour rester vivants.

     
    EXTRAIT :

    « -3- La fête du plus beau jour de notre vie »

    LE CHŒUR DU PLUS BEAU JOUR DE NOTRE VIE :
    En cette date, il ne serait pas raisonnable de ne pas se réjouir
    Ou pire
    (oui pire)
    D’être là par hasard,
    Avec son cœur battant normalement,
    Avec ses préoccupation courantes,
    Avec aucune larme au coin de l’œil
    Avec aucune conscience du moment inoubliable.

    Sur la piste de danse, même les enfants sentent que la pièce est saturée de magie.
    Ils sont dans une autre dimension.
    Ils ne pourront jamais le dire mais ils le sentent. C’est certain.
    Ils sont envoûtés.
    Ils sont déchaînés.
    Dans toutes les fêtes ensuite, ils chercheront à retrouver cette excitation-là, ce corps débridé jusqu’à l’hystérie.
    Ils sont en lien direct avec l’esprit de la fête.

    [p.49]

     

    La pièce a été publiée aux Éditions Quartett en 2015

     

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