• Elle brûle dans l'Encéphalogramme du Spectateur

     

    On trouve aussi Elle brûle dans l'Encéphalogramme du spectateur, que ce relais soit l'occasion de vous inviter à visiter ce blog, indispensable pour suivre l'actualité poétique lyonnaise-mais-pas-que, pour découvrir la puissance de la plume de Pauline Catherinot dans un blog où musique, lectures et textes personnels se rencontrent joyeusement. Je vous avoue mon petit faible pour la rubrique "Textes".

    Mais revenons à la chronique d'Elle brûle, puisqu'on est ici dans la case "revue de presse" (un peu d'ordre, Navarro!).

    Un extrait ci-dessous, et le lien pour apprécier le texte dans son intégralité:

     

    "Après le drame, le drame d’Emma, il faudra du temps pour parler, pour faire parler ce qui s’est tu (pendant et après la représentation). J’ai l’impression que ce temps correspond peut-être à ce début, à ce presque début où les personnages attendent dans une pièce qui ne fait pas encore sens. On sait qu’elle est là.  Que la femme. Qu’Emma. Est. LA. Qu’il s’est passé quelque chose. Que son corps est certainement dans la pièce. De l’autre côté de la cloison. Tous les personnages sont présents. Commence alors une remontée dans le temps entre "réalité" (celle de la fiction) et rêveries (parfois cauchemardesques). On repense alors aux indices semés et exposés dans le petit "Musée d’une famille ordinaire".  Le spectacle débute d’ailleurs son immersion par la visite de ce musée organisé autour de sept panneaux: le cabinet du Docteur Charles Bauchain, le Hall d’entrée, la cuisine… Et si le spectateur/visiteur est attentif, il pourra attraper en vol des indices et découvrir l’identité des personnages, les placer dans leurs quotidiens. Chaque objet glissé sur une étagère… ou dans un nuage sonore. Happé par des mots, par des boîtes, par des fragments de vie, des colliers, des portraits, des disques, la voix de Julien Clerc… C’est peut-être l’enquête qui commence, l’œil scrute le moindre détail sans trop savoir ce qu’il cherche. Avec la seule conscience que tout fera sens, que les boîtes s’ajouteront certainement pour faire bloc et proposer une unicité."

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Elle brûle chez Racines

    Je ne saurais trop vous conseiller de lire TOUTES les chroniques du blog Racines qui vous donneront d'excellentes idées de lecture, et pour les besoins de la revue de presse que j'essaye de tenir autour d'Elle brûle (ce blog est ma tête tout autant que ma bibliothèque), je fais ici un lien vers la chronique sur le spectacle.

    Avec un petit extrait:

    "Lecture contemporaine de Flaubert, inspirée également de faits divers récents, Elle brûle utilise comme matériau de base le réel, l’ordinaire. Le spectateur traverse d’abord un petit musée rempli d’objets divers, de petits bouts de toute une vie, avant de rentrer dans la salle, intime, qui le projette vers la scène et son décor familier d’appartement lambda. En quelques tableaux, la pièce traverse dix ans de la vie d’une famille. Le pari est audacieux, d’autant plus qu’Elle brûle est une œuvre collective, née de la rencontre entre l’auteur, la metteur en scène et les acteurs. De cette rencontre un spectacle a vu le jour, fascinant et fragile.

    Il n’y a pourtant aucun faux pas tant l’intelligence de la construction, de la mise en scène, du texte, des acteurs est immense. Tout est d’une justesse insensée, de l’utilisation de la lumière, de la musique, du décor, des costumes. Et puis il y a Boutaïna El Fekkak qui interprète Emma, dont le visage se refuse souvent au spectateur, et dont les moindres frémissements passent par le corps, la voix qui chante, se brise, se relève. Elle est magnifique, ils le sont tous d’ailleurs."

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Elle brûle dans Rue 89

     

    Un nouvel article sur Elle brûle sur le blog de Jean-Pierre Thibaudat sur Rue 89. Dont voici un petit extrait:

    "L’enjeu de ce cheminement est une vibration, un tremblement du présent de la représentation.

    Dans « Elle brûle », c’est le cas magnifiquement avec Emma. Le personnage, introverti, peu disert, fuyant, va progressivement s’enfoncer sans que son entourage s’en aperçoive. Emma n’est pas en phase avec la vie de famille et sa théâtralité codée. Ses proches la voient mais ne la regardent pas. Elle fait des efforts mais,enfermée en elle-même et enfermée dans cette maison dont elle ne sort pas ; peu à peu elle coule."

    Et l'article intégral est ici.

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Elle brûle dans Le Monde

     

    Brigitte Salino signe aujourd'hui un bel article sur Elle brûle dans la page culture du Monde.

    Voici l'article dans son intégralité, en attendant de pouvoir y avoir accès en ligne ou sur papier:

    "Légende de la photo: Emma (Boutaïna El-Fekkak), taraudée par un mal de vivre indéfinissable. (c) JEAN-LOUIS FERNANDEZ


    C'est un beau matin. La lumière du soleil entre dans la maison où Charles, sa femme Emma et leur fille Camille prennent le petit déjeuner. Ils sont joyeux, un peu taquins entre eux, comme on peut l'être dans une famille où tout va bien. Et puis, il y a une bonne nouvelle : Emma a trouvé du travail. Elle va commencer le jour même.

    A voir la cuisine américaine ouverte sur le salon, le couloir et les chambres, au fond, on sent bien que rien n'est riche sans que rien ne manque, dans cette maison comme une autre, où Emma reste seule, à boire son café, quand Charles part emmener Camille à l'école, avant d'aller à son cabinet de médecin. Mais quand Emma se met devant l'évier, et qu'elle se lave les mains, longuement, trop longuement, le regard tourné vers la fenêtre, on pressent que quelque chose ne va pas.

    LES HOMMES APPROXIMATIFS

    Qui est-elle, cette Emma ? Une femme d'aujourd'hui, dans la province française. Mariée, mère, et seule. Elle se consume de l'intérieur, sans que son entourage ne s'en rende compte. Téléphone en parlant à voix basse, en arabe, par moments. Invente qu'elle va au travail, alors qu'elle reste chez elle, prend des amants et dépense beaucoup d'argent. Oui, c'est bien une Emma Bovary. Non, ce n'est pas l'Emma Bovary de Flaubert.

    Elle vit ici et maintenant, et le portrait qu'en donne Elle brûle, au Théâtre national de la Colline, ne cherche pas à porter le roman à la scène. Il s'en inspire d'une manière magnifique, qui permet de découvrir un collectif avec un de ses tout premiers spectacles.

    Ce collectif s'appelle Les Hommes approximatifs, en référence au titre du poème de Tristan Tzara, L'Homme approximatif. Il a été fondé en 2009 par Caroline Guiela Nguyen, une jeune femme (32 ans) qui a étudié la sociologie avant d'intégrer la section mise en scène de l'Ecole du Théâtre national de Strasbourg. Elle n'a jamais eu envie de jouer.

    COMME UNE PEAU DE CHAGRIN

    Ce qu'elle aime, c'est regarder, être à l'extérieur et organiser. En la matière, elle mène un travail de fond avec ses camarades. L'idée de Elle brûle est venue après la lecture de Flaubert, au cours d'un voyage au Vietnam, où Caroline Guiela Nguyen accompagnait sa mère. Dans un premier temps, Les Hommes approximatifs, qui sont installés à Valence, dans la Drôme, ont mis en place un petit spectacle, Le Bal d'Emma, qui se jouait dans des salles des fêtes de village. « Assis à des tables, le public assistait au bal où Charles avait emmené Emma, pour ses 30 ans. Rêvant de mieux, elle jugeait l'endroit médiocre », raconte Caroline Guiela Nguyen.

    Dans Elle brûle, il n'est même pas sûr qu'Emma juge sa vie médiocre. Elle n'arrive tout simplement pas à la vivre. Ce qui l'en empêche ne vient pas d'une mélancolie, mais d'un « rien » qui l'enveloppe tout entière, comme une peau de chagrin dont elle ne sait comment se défaire. D'où ses gestes qui flottent, ses mains qu'elle lave trop, ou qui volettent dans l'espace.

    On pourrait la croire simplement distraite, cette Emma dont le mari accepte tout. Sait-il ou ne sait-il pas ? Veut-il se protéger, et protéger sa propre vie, cette femme qu'il aime, cette famille qu'il a voulue ? A chaque mensonge d'Emma, il répond par un « Ah bon » si laconique qu'il vous fend le cœur. Parce que vous, spectateur, vous savez, et vous voyez : Emma avec son amant, Camille avec son baby-sitter qui sort de la chambre de la fillette, vêtu d'un pyjama du père. Et la mère de Charles avec ses longs cheveux blancs, qui arrose ses plantes et se persuade que son mari mort va arriver par le train.

    Ce qui est magnifique, dans Elle brûle, c'est à quel point tout est suggéré, dans la succession de tableaux qui composent le spectacle. Ils s'enchaînent si bien que l'on a l'impression de s'immerger, comme on le ferait dans une forêt profonde, dans un paysage imprégné par l'épaisseur du temps qui tisse les drames secrets d'une famille. Cela tient à une longue préparation, deux ans, dont Les Hommes approximatifs se sont nourris.

    Cela tient aussi au talent de Caroline Guiela Nguyen. Cela tient enfin au jeu remarquable des comédiens, qui laissent transparaître, au meilleur sens du terme, ce que les personnages sont : des hommes approximatifs. Comme chacun d'entre nous, dont Elle brûle, qu'on ne saurait trop conseiller d'aller voir, renvoie un miroir, avec une grâce inquiétante. Ou, au choix, une inquiétude gracieuse."

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  

    Une page sur Elle brûle dans les Inrockuptibles de cette semaine (n°938, du 20 au 26 novembre 2013, p.118), qui s'ajoute à la revue de presse, et aux réactions plus informelles mais non moins importantes pour nous des uns et des autres.

     

    Elle brûle dans les Inrockuptibles.

    Mieux vaut avoir la version papier pour lire correctement l'article, ou bien quelqu'un de plus doué que moi pour scanner et mettre au bon format les choses, mais voici un petit extrait, as usual:

    "Ce sens du détail a pour effet de mettre le spectateur sur le même pied que les personnages. C'est aussi le moyen de signaler discrètement des accrocs dans une surface trop lisse. Comme ce téléphone qu'on ne décroche pas, par exemple, et qui s'avérera de plus en plus intrusif. Quelque chose cloche. Une dimension sous-jacente affleure à la lisière du fantastique. Des gestes incongrus. L'irruption récurrente d'un Pierrot lunaire appartenant au monde des rêves. Des sanglots sur le répondeur.

    Par petites touches, Caroline Guiela Nguyen installe une ambivalence diffuse. La chronologie est brouillée, les effets précédent parfois les causes - comme en rêve ou dans le ressassement du souvenir. cette irréalité au coeur même du réalisme accompagne l'implosion de la cellule familiale.

    Emma, finement interprétée par Boutaïna El Fekkak - mais tous les acteurs sont parfaits dans ce spectacle très réussi -, se perd dans une dérive sans retour. Presque sans le vouloir, elle a ouvert une parenthèse qu'il lui sera impossible de refermer." (Hugues Le Tanneur)

    Partager via Gmail

    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique