• Elle brûle dans Rue 89

     

    Un nouvel article sur Elle brûle sur le blog de Jean-Pierre Thibaudat sur Rue 89. Dont voici un petit extrait:

    "L’enjeu de ce cheminement est une vibration, un tremblement du présent de la représentation.

    Dans « Elle brûle », c’est le cas magnifiquement avec Emma. Le personnage, introverti, peu disert, fuyant, va progressivement s’enfoncer sans que son entourage s’en aperçoive. Emma n’est pas en phase avec la vie de famille et sa théâtralité codée. Ses proches la voient mais ne la regardent pas. Elle fait des efforts mais,enfermée en elle-même et enfermée dans cette maison dont elle ne sort pas ; peu à peu elle coule."

    Et l'article intégral est ici.

     

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  • Elle brûle dans Le Monde

     

    Brigitte Salino signe aujourd'hui un bel article sur Elle brûle dans la page culture du Monde.

    Voici l'article dans son intégralité, en attendant de pouvoir y avoir accès en ligne ou sur papier:

    "Légende de la photo: Emma (Boutaïna El-Fekkak), taraudée par un mal de vivre indéfinissable. (c) JEAN-LOUIS FERNANDEZ


    C'est un beau matin. La lumière du soleil entre dans la maison où Charles, sa femme Emma et leur fille Camille prennent le petit déjeuner. Ils sont joyeux, un peu taquins entre eux, comme on peut l'être dans une famille où tout va bien. Et puis, il y a une bonne nouvelle : Emma a trouvé du travail. Elle va commencer le jour même.

    A voir la cuisine américaine ouverte sur le salon, le couloir et les chambres, au fond, on sent bien que rien n'est riche sans que rien ne manque, dans cette maison comme une autre, où Emma reste seule, à boire son café, quand Charles part emmener Camille à l'école, avant d'aller à son cabinet de médecin. Mais quand Emma se met devant l'évier, et qu'elle se lave les mains, longuement, trop longuement, le regard tourné vers la fenêtre, on pressent que quelque chose ne va pas.

    LES HOMMES APPROXIMATIFS

    Qui est-elle, cette Emma ? Une femme d'aujourd'hui, dans la province française. Mariée, mère, et seule. Elle se consume de l'intérieur, sans que son entourage ne s'en rende compte. Téléphone en parlant à voix basse, en arabe, par moments. Invente qu'elle va au travail, alors qu'elle reste chez elle, prend des amants et dépense beaucoup d'argent. Oui, c'est bien une Emma Bovary. Non, ce n'est pas l'Emma Bovary de Flaubert.

    Elle vit ici et maintenant, et le portrait qu'en donne Elle brûle, au Théâtre national de la Colline, ne cherche pas à porter le roman à la scène. Il s'en inspire d'une manière magnifique, qui permet de découvrir un collectif avec un de ses tout premiers spectacles.

    Ce collectif s'appelle Les Hommes approximatifs, en référence au titre du poème de Tristan Tzara, L'Homme approximatif. Il a été fondé en 2009 par Caroline Guiela Nguyen, une jeune femme (32 ans) qui a étudié la sociologie avant d'intégrer la section mise en scène de l'Ecole du Théâtre national de Strasbourg. Elle n'a jamais eu envie de jouer.

    COMME UNE PEAU DE CHAGRIN

    Ce qu'elle aime, c'est regarder, être à l'extérieur et organiser. En la matière, elle mène un travail de fond avec ses camarades. L'idée de Elle brûle est venue après la lecture de Flaubert, au cours d'un voyage au Vietnam, où Caroline Guiela Nguyen accompagnait sa mère. Dans un premier temps, Les Hommes approximatifs, qui sont installés à Valence, dans la Drôme, ont mis en place un petit spectacle, Le Bal d'Emma, qui se jouait dans des salles des fêtes de village. « Assis à des tables, le public assistait au bal où Charles avait emmené Emma, pour ses 30 ans. Rêvant de mieux, elle jugeait l'endroit médiocre », raconte Caroline Guiela Nguyen.

    Dans Elle brûle, il n'est même pas sûr qu'Emma juge sa vie médiocre. Elle n'arrive tout simplement pas à la vivre. Ce qui l'en empêche ne vient pas d'une mélancolie, mais d'un « rien » qui l'enveloppe tout entière, comme une peau de chagrin dont elle ne sait comment se défaire. D'où ses gestes qui flottent, ses mains qu'elle lave trop, ou qui volettent dans l'espace.

    On pourrait la croire simplement distraite, cette Emma dont le mari accepte tout. Sait-il ou ne sait-il pas ? Veut-il se protéger, et protéger sa propre vie, cette femme qu'il aime, cette famille qu'il a voulue ? A chaque mensonge d'Emma, il répond par un « Ah bon » si laconique qu'il vous fend le cœur. Parce que vous, spectateur, vous savez, et vous voyez : Emma avec son amant, Camille avec son baby-sitter qui sort de la chambre de la fillette, vêtu d'un pyjama du père. Et la mère de Charles avec ses longs cheveux blancs, qui arrose ses plantes et se persuade que son mari mort va arriver par le train.

    Ce qui est magnifique, dans Elle brûle, c'est à quel point tout est suggéré, dans la succession de tableaux qui composent le spectacle. Ils s'enchaînent si bien que l'on a l'impression de s'immerger, comme on le ferait dans une forêt profonde, dans un paysage imprégné par l'épaisseur du temps qui tisse les drames secrets d'une famille. Cela tient à une longue préparation, deux ans, dont Les Hommes approximatifs se sont nourris.

    Cela tient aussi au talent de Caroline Guiela Nguyen. Cela tient enfin au jeu remarquable des comédiens, qui laissent transparaître, au meilleur sens du terme, ce que les personnages sont : des hommes approximatifs. Comme chacun d'entre nous, dont Elle brûle, qu'on ne saurait trop conseiller d'aller voir, renvoie un miroir, avec une grâce inquiétante. Ou, au choix, une inquiétude gracieuse."

     

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    Une page sur Elle brûle dans les Inrockuptibles de cette semaine (n°938, du 20 au 26 novembre 2013, p.118), qui s'ajoute à la revue de presse, et aux réactions plus informelles mais non moins importantes pour nous des uns et des autres.

     

    Elle brûle dans les Inrockuptibles.

    Mieux vaut avoir la version papier pour lire correctement l'article, ou bien quelqu'un de plus doué que moi pour scanner et mettre au bon format les choses, mais voici un petit extrait, as usual:

    "Ce sens du détail a pour effet de mettre le spectateur sur le même pied que les personnages. C'est aussi le moyen de signaler discrètement des accrocs dans une surface trop lisse. Comme ce téléphone qu'on ne décroche pas, par exemple, et qui s'avérera de plus en plus intrusif. Quelque chose cloche. Une dimension sous-jacente affleure à la lisière du fantastique. Des gestes incongrus. L'irruption récurrente d'un Pierrot lunaire appartenant au monde des rêves. Des sanglots sur le répondeur.

    Par petites touches, Caroline Guiela Nguyen installe une ambivalence diffuse. La chronologie est brouillée, les effets précédent parfois les causes - comme en rêve ou dans le ressassement du souvenir. cette irréalité au coeur même du réalisme accompagne l'implosion de la cellule familiale.

    Emma, finement interprétée par Boutaïna El Fekkak - mais tous les acteurs sont parfaits dans ce spectacle très réussi -, se perd dans une dérive sans retour. Presque sans le vouloir, elle a ouvert une parenthèse qu'il lui sera impossible de refermer." (Hugues Le Tanneur)

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  • Elle brûle sur Théâtre du Blog

     

    Un nouvel article en ligne sur Elle brûle, c'est ici, et c'est signé Mireille Davidovici.

    Un petit extrait:

    " D’où une forme et des dialogues proches d’un théâtre du quotidien, d’une série télévisée, d’un docu-fiction, avec ses petit détails comme la marque des céréales au petit déjeuner, une discussion de l’ado avec son père sur l’argent de poche. Mais ce quotidien-là est hanté par une inquiétante étrangeté incarnée par un gros poupon blanc fantomatique mauvais génie d’Emma guettant dans la pénombre. L’imaginaire et l’imagerie se référent aussi à des drames intimes  comme dans Festen ou encore dans  Intimité de Patrice Chéreau.

    Le spectacle, piloté avec délicatesse et fantaisie par Caroline Guiela Nguyen, repousse les limites de la théâtralité, par ses emprunts au cinéma, au romanesque et au documentaire, et  invente ici une dramaturgie originale. Le travail collectif produit un jeu harmonieux, les comédiens s’investissent dans les  personnages qu’ils ont composés, plongent dans cette histoire mais gardent toujours une juste distance. Car l’humour est au rendez-vous dans les dialogues et les clins d’œil aux sit-com et autres séries télévisées…
    Malgré quelques longueurs et des moments de latence où l’action fléchit, ce travail qui ne laisse rien à l’approximation ouvre de nouvelles pistes au théâtre d’aujourd’hui."
     
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    Elle brûle dans Marianne

    Sur le site de Marianne, trois spectacles sont évoqués aujourd'hui, dont Elle brûle.

    A lire ici.

    Extrait de l'article:

    Pour « Elle brûle », au Théâtre de la Colline, la compagnie « Les Hommes Approximatifs » a banni toute référence à un texte classique. Caroline Guiela Nguyen et les siens se sont emparés d’un simple fait divers, comme on dit, le suicide d’une femme de 51 ans ayant absorbé une dose de barbituriques.
      Nous voilà donc dans une famille ordinaire. Le père médecin ; la mère à la destinée professionnelle indéterminée (comme le reste de sa vie) ; leur fille passablement azimutée ; la grand-mère, comme une ombre parmi les humains un ami de la famille ; sans oublier l’amant de madame ; à l’issue d’une rencontre hautement improbable.

    On les voit vivre au quotidien, s'y empétrer, s'y engloutir. Le père qui part au travail avec sa petite, la grand-mère qui erre, et la mère (superbe Boutaïna El Fekkak) qui s’invente des emplois inexistants, qui se contredit, qui se rattrape comme elle peut, telle la Gena Rowlands du film « Une femme sous influence » de John Cassavetes. Elle se retrouve dans les bras d’un autre sans trop savoir pourquoi, lui promet de le suivre, s’emmêle les pédales, incapable qu’elle est d’assumer ses propres choix, brisée par sa propre (non)vie.
      On rit souvent dans cette pièce, mais c’est un rire de protection face à ces scènes familiales d’une rare banalité qui se transforment parfois en machines à tuer. C’est ce qui arrivera à la jeune femme portée à bouts de bras (et de cœur) par une Boutaïna El Fekkak aussi insaisissable que bouleversante.

     

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