• Rien de spectaculaire

     

     

    Il n'y a rien de spectaculaire. Un février doux et plutôt calme, l'école à côté qui rythme mes journées aussi, studieuses, avec liste très serrée de choses à faire puis à rayer, là-bas c'est les vacances, ici pas encore, les aimés sont à la montagne ou à la mer, moi je reste là, je profite du silence de février, je bâtis de petites choses pierre après pierre, je m'impatiente et me calme au rythme des heures du jour. De mon bureau je vois un arbre qui tente des bourgeons, et des immeubles tout en rayures, le radiateur est sous la fenêtre, je me lève et m'y colle quand une idée, pour faire son chemin, a besoin que je secoue le corps.

    Rien de spectaculaire à partager, faire aimer, faire monter les taux d'audience, conquérir des parts de marché de l'attention flottante, virtuelle, pas de curiosité à piquer mais ça viendra, pas de voyage mais ça viendra (en mars), pas de nouveau texte à faire lire mais ça viendra (il s'écrit, travaille jusque dans le sommeil). Je lis des manuscrits (ça vient par dix et même plus), je planifie, organise les temps forts des années qui viennent, les spectacles qui commencent à se rêver, dans ce temps non spectaculaire du calme et de la pensée.

    J'ai des envies taiseuses, des envies de silence et d'intimités, alors même que dans la fiction c'est la fête qui m'occupe et bat son plein, c'est la frénésie qu'on met à ce que tout se passe bien, à veiller sur le bonheur des autres, à créer de l'exceptionnel même artificiellement, même si personne n'est dupe.

    J'écoute le silence et dans une musique que j'invente je fais danser les inquiets.

     

     

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  • Commentaires

    1
    Lopez
    Jeudi 5 Mars 2015 à 11:51

    j'adore ton style !

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