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    Se souvenir de Violetta, reprise imminente!

    (c) Jean-Louis Fernandez

     

    Début 2011, Caroline Guiela Nguyen et la Compagnie des Hommes Approximatifs créaient Se souvenir de Violetta, d'après La dame aux camélias d'Alexandre Dumas, mais avec la liberté et la recherche poursuivie ensuite autour du Bal d'Emma et du spectacle à venir en novembre prochain, Elle brûle.

    Ce mois de mai, vous aurez la chance de revoir ce spectacle à Vanves (du 16 au 18 à 20h30) et à Dijon au Théâtre Dijon-Bourgogne (le 21 mai à 21h et le 22 mai à 19h).


    SE SOUVENIR DE VIOLETTA

    Très librement inspiré de La dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils, de Se souvenir de Violetta de Caroline Masini et de La reine des neiges d’Andersen

    Mise en scène Caroline Guiela Nguyen
    Avec Caroline Arrouas / Lucas Partensky/ Ruth Nüech / Emmanuel Cuchet

    Scénographie Alice Duchange
    Dramaturgie Mariette Navarro
    Création sonore Antoine Richard
    Création lumières Jérémie Papin
    Création costumes Benjamin Moreau
    Régie générale Gilbert Morel

    Production Comédie de Valence - CDN Drôme-Ardèche, coproduction Théâtre National du Luxembourg, Compagnie Les Hommes Approximatifs,
    avec le soutien de la DRAC Rhône-Alpes, la participation artistique du Jeune Théâtre National et la complicité de la Maison des Métallos et du TNP - Villeurbanne

    Durée 1h10'


    Dates de représentations :
    Du 16 au 18 mai 2013, à 20h30, au Théâtre de Vanves
    Les 21 mai à 21h et le 22 mai à 19h au Théâtre Dijon Bourgogne


    Violetta est morte. L’histoire commence comme cela. Par la fin. Violetta est morte, l’histoire est morte.
    6 mois plus tôt, il y avait une chambre bleue d’adolescent et une cuisine hantée par un couple de 75 ans
    6 mois plus tôt, il y avait Violetta et Alexandre. Alexandre était amoureux de Violetta. Il était amoureux pour la première fois.
    6 mois plus tôt, à table, avec ses parents, Alexandre a vu Violetta cracher du sang.

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  • Voici une petite synthèse de quelques notes sur Se souvenir de Violetta. Ce qui travaille dans ce théâtre-là...

     

     

    Se souvenir de Violetta

    [Emmanuel Cuchet, Ruth Nüesch, Lucas Partensky, Caroline Arrouas]

     

     

    Une fois par semaine, je vais à Valence voir comment grandit Se souvenir de Violetta. Bien sûr, le spectacle avance comme tout projet théâtral, au quotidien, de répétition en répétition, en gagnant en précision, en prenant de l’épaisseur. Mais il a aussi des modes de croissance qui lui sont propres, une façon de se fabriquer et de devenir, petit à petit, un objet scénique comparable à lui seul, qui appelle ses propres outils de mesure et ses propres définitions. Se souvenir de Violetta, jour après jour, devient autonome, un objet vivant non classifiable. Il s’affranchit du roman de Dumas sans nier la filiation, de la même façon que le personnage principal se lance à corps perdu dans un amour impossible, tout en ayant le souci, en permanence, de ne pas déplaire à sa famille.

    Se souvenir de Violetta, c’est d’abord la rencontre, surprenante autant qu’elle est passionnante, entre deux théâtres. Non seulement deux espaces, puisque le décor est scindé en deux (d’un côté la chambre du fils, de l’autre la cuisine, domaine des parents), mais aussi deux registres de jeu, deux rythmes, deux temporalités.  Deux comédiens professionnels prennent en charge la dimension du drame, le texte de Dumas, et l’exaltation des jeunes gens. Ils rencontrent sur le plateau deux comédiens amateurs, auxquels Caroline Guiela demande au contraire d’être autant que possible dans le non-jeu, dans une présence quotidienne, simple, réaliste. Le théâtre et la vie sont mis côte à côte. La fable romantique et la confection d’une tarte aux pommes. Le temps précipité de la fiction, où l’amour et la mort surgissent simultanément, et le temps d’une vie sans heurt,  où l’on peut vieillir dans la tendresse en se prenant à croire, comme dans l’enfance, que tout sera éternel.

    Au spectateur de recomposer le hiatus, d’éprouver la tension quand tentent de cohabiter, dans la vie du jeune Alexandre comme sur le plateau, les incompatibles. A plusieurs moments dans le spectacle, les univers hétérogènes se rencontrent, se parasitent, ou rentrent en collision de façon violente. Le personnage se débat autant avec son drame qu’avec le rassurant intérieur. De la même façon, les matériaux théâtraux (texte de Dumas, texte de Carolne Masini, improvisation, conte) dessinent les tiraillements entre  différentes aspirations, entre différents niveaux de réel, entre le connu et l’inconnu, le vécu et le rêvé. C’est que Violetta, jeune femme trop libre ou déjà trop marquée par la vie qui débarque sans prévenir dans l’existence du jeune homme, n’est pas soluble dans le quotidien d’une famille. En transgressant sans cesse les limites – de l’espace, de la fiction, des convenances – elle révèle et transforme : elle oblige le spectacle, en permanence, à se réinventer.

     

     

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    Se souvenir de Violetta

     

     

    Certes, c'était plutôt un choix par défaut de suivre la travail de Se souvenir de Violetta de cette façon-là, mais il faut avouer que c'est assez plaisant de retrouver le spectacle en construction une fois par semaine, d'éprouver cette notion de gestation d'un objet en train de grandir, de pousser de tous les côtés. Une dentelle en train de s'affiner. Et ce qui me tient tant à coeur dans les différents chantiers que je mène ou auxquels j'assiste: un objet artisitque en train de prendre son autonomie, sa vie propre, sa logique incomparable, pas vraiment mesurable à l'aune d'autres projets existants.

    Au-delà de la narration, ce fil à tirer entre Dumas et nous, entre La Dame aux Camélias et nos quatre personnages contemporains, un petit monde de sensations et d'échos se met en place. Echos intimes, quand ce qui se raconte, c'est la façon dont un jeune garçon se débat avec son entrée dans le monde adulte, avec son premier amour, qui est aussi sa première rencontre avec la mort. Dans le temps bien huilé du quotidien, dans la chaleur douce du cocon, où l'on fait des tartes aux pommes, où l'on change l'eau des fleurs, d'où l'on part et revient à heures fixes, une tension commence à se créer: c'est l'heure de l'émancipation, c'est l'heure de vivre plus grand que nature, de faire du monde un théâtre, de rompre avec la tranquille douceur parentale, et de découvrir, comme dans le roman de Dumas, un visage plus ambigu des figures parentales.

     

     

                       Se souvenir de Violetta  

                     Se souvenir de Violetta 

                      Se souvenir de Violetta 

     

     

    [Mère et fils, Ruth Nüesch et Lucas Partensky]

     

     

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    Deux nouvelles journées à Valence, en fin de deuxième semaine, pour retrouver l'équipe de Se souvenir de Violetta, et voir un bout à bout de toutes les séquences travaillées. Tout me semble avoir gagné en densité, le décor est de plus en plus habité par le son, la lumière et le jeu des acteurs. Je reste frappée par le fait qu'il y a sur scène quelque chose de profondément vivant et qui donne l'impression de ne pas êter fabriqué, une vie autonome des éléments, des atmosphères, des corps.

    Bien sûr, le spectacle s'est aussi complexifié, la fable de La Dame aux Camélias reprend une place centrale là où la semaine dernière elle était plutôt un écho, un prétexte pour les deux personnages pour se dire les difficultés de leur amour, et entrer en jeu ensemble. Il faut maintenant continuer à tricoter avec finesse les deux niveaux du spectacle, en étant attentifs aux moments où ils se rencontrent, se superposent ou se parasitent. Il faut trouver, notamment, comment le point de rupture peut se raconter au même endroit pour Violetta, Alexandre et les parents d'Alexandre d'une part, et pour Armand, Marguerite et le père d'Armand d'autre part. Trouver ce qui fera que se précipitent les deux drames dans un même mouvement.

     

    Se souvenir de Violetta

    Se souvenir de Violetta

    Se souvenir de Violetta

    Se souvenir de Violetta

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    [Photos de répétitions, janvier 2011]

     

     

     

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    Retour d'un premier séjour à Valence, pour la fin de la première semaine de travail au plateau sur Se souvenir de Violetta. Ce qui me plaît d'emblée dans ce projet, et qui se vérifie sur scène pendant ces deux jours, c'est la façon dont deux théâtres se rencontrent, avec beaucoup de finesse. Deux espaces, déjà, puisque le décor est scindé en deux, d'un côté la chambre du fils, de l'autre la cuisine, domaine des parents, mais aussi deux registres de jeux, puisque se rencontrent deux jeunes comédiens professionnels, qui apportent la dimension d'adolescence, d'irrationnel et de fougue du projet, et deux comédiens amateurs, plus âgés, auxquels Caroline a demandé de travailler au plus proche d'eux, dans des improvisations le moins composées possible. Ils sont là, dans leur quotidien, tandis qu'à côté d'eux les drames et les passions se nouent et se dénouent bruyamment.

    Le contraste est fort, il est aussi drôle que poignant par moments, et très agréable pour le spectateur, qui, à mesure qu'il recompose le puzzle temporel, peut lire plusieurs histoires simultanément, se raconter que les scènes coexistent vraiment ou bien que, sur le plateau, se répondent différents espaces-temps. Qui est cette Violetta qui fait irruption dans la vie du jeune Alexandre et dont les parents ne semblent pas remarquer la présence? Une indésirable qu'on ne veut pas voir? Ou un fantôme dont le jeune homme n'arrive pas à faire son deuil? Le décalage des âges sème encore le trouble: depuis combien de temps cette histoire est-elle rejouée, rêvée, déformée?

     

     

    Se souvenir de Violetta

     

    [Emmanuel Cuchet, Ruth Nuesch]

     

     

    Ce qui me frappe, dans les prémices de ce projet, c'est aussi que la narration, avec ses différents niveaux possibles, ne pose pas de problème de compréhension, malgré la grande part d'improvisation des quatre comédiens, et des situations qui s'inventent et se précisent sur le plateau. A partir de là, le décor devient un véritable terrain de jeu pour tous les acteurs du projet, sur le plateau, à la mise en scène ou à la technique, et l'enjeu du spectacle, de fixer la dentelle chorégraphique et musicale, avec son système d'échos, de ruptures, d'ordinaire et de folie qui commence à se dessiner.

    Parfois se produisent des collisions entre les deux mondes, comme dans cette scène de repas improvisée où les quatre personnages se retrouvent dans la cuisine:

     

     

    Se souvenir de Violetta

     

    Se souvenir de Violetta

    [Caroline Arrouas, Emmanuel Cuchet, Ruth Nuesch, Lucas Partensky]

     

    PS: ce sont des photos de répétitions. Ces images n'existeront peut-être pas dans le spectacle. Mais elles ont fait partie de l'univers de Violetta et de cette première semaine de répétitions...

     

     

     

     

     

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