• Sous la pierre est mon jardin, extrait (1)

     

    Pour ceux qui n'ont pas pu se déplacer à Avignon, voici un petit extrait du texte (le début), mais pas trop non plus parce qu'il y aura bien d'autres occasions de venir voir le spectacle.

     

    Sous la pierre est mon jardin, extrait (1)

     

    Les personnages sont trois ingénieurs. On les reconnaît à leur typographie :

     

    Celle qui établit les modèles

    Celui qui fait les analyses 

    (Celui qui cultive d’étranges jardins)

     

    La pièce est composée de courants communs, où les personnages parlent ensemble  lors d’une conférence de presse, et de fractures, tourbillons irrationnels et vortex, où des éléments plus étranges surgissent et les perturbent chacun à leur tour. Puis de courants contraires, quand il devient difficile de s’accorder.

     

    "Courant commun 1

     

    - Un jour ça atteint un point critique

    - Avant ça, c’est critique aussi, mais on ferme les yeux, on espère que ça va passer, que, sans rien faire, ce sera moins critique

    - On espère peut-être qu’une autre puissance va remettre de l’ordre dans tout ça

    - (On ne sait jamais)

    Appuyer sur « reset » et revenir à l’étape précédente

    - Mais en terme de pollution

    - (Destruction)

    Il est difficile de retourner en arrière

    - (Et ça reste critique)

    On a beau recommencer les analyses

    - Changer, même, de laboratoire

    - (De méthode)

    - C’est critique

    -Tellement critique que c’est dangereux

    - (On commence, en haut lieu, à parler de danger)

    - De poison

    - (De conséquences, de responsabilités de l’entreprise blabla)

    - La population s’affole

    Non : la population ne sait rien, tu penses bien, on ne dit rien à la population.

    - C’est à ce moment-là qu’on nous appelle à l’aide

    - (Le recours, c’est nous)

    - Parce qu’on a entendu parler de notre projet, de notre façon de travailler

    On nous appelle juste avant que ça n’arrive aux oreilles de la population

    - In extremis, on agit en nous appelant, on se dit que, quand même, il faut faire quelque chose, que la planète ça se saccage avec discrétion mais que là, bon.

    - (C’est critique.)

    Là ça touche à l’eau, et l’eau c’est vital

    - (Personne n’a vraiment envie de rigoler avec l’eau)

    C’est pour ça que c’est si critique

    - (Critique plus plus)

    - Critique rouge fluo

    -Alors, hop, on monte un programme international le plus vite possible

    -(Pour pouvoir dire qu’on a anticipé, qu’on a fait quelque chose, même si c’est déjà tard)

    - Même si ça aurait arrangé de continuer à fermer les yeux

    - (Après nous le déluge)

    -Mais en guise de déluge c’est la pluie acide. Les nappes contaminées.

    -Alors vite, vite, on demande de l’argent pour pouvoir nous embaucher, nous

    - On en trouve miraculeusement

    - (Non mais il faut dire que c’est vraiment critique)

    - Et nous, notre équipe, c’est rassurant

    - Nous avons fait nos preuves, avec notre méthode

    - On s’est trouvés, quoi, nous, notre trio, on s’est trouvés

    - (On s’aime bien)

    On travaille bien, c’est vrai

    - Trois ingénieurs

    - (On se complète, on peut dire)

    La fine fleur de l’environnement

    - Les Bonnie and Clyde de l’hydrogéologie

    - (Oui mais nous on est trois, non ?)

    -  Les mousquetaires de la phytoremédiation si tu préfères

    - (Oui, je préfère. Je préfère qu’on n’oublie pas que nous sommes trois, que je suis là, quoi)."

     

     

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