• Un billet sur Alors Carcasse dans Livres-Addict.fr

     

    Une chronique sur Alors Carcasse en ligne, sur un site que je t'invite à visiter, Livres-Addict.fr, d'autant que nous partageons avec son/ses auteurs pas mal de coups de coeur récents...

     

    Voici une curiosité claudicante et pourtant fortement architecturée. Un corps, un texte, qui s’engendre lui-même selon sa nécessité propre, selon son rythme et sa logique organiques.


    Qui est Carcasse sinon le paradigme, parmi nous ou en nous, de celui qui mène une vie errante et trébuchante en quête d’une place qu’on lui ménagerait, en quête de la place qui s’ajusterait avec exactitude à ce qu’il est ?

    Carcasse est une créature bancale et incertaine qui peine à s’insérer dans le cours ordinaire des choses, dans le tissage des jours.

    Carcasse est en délicatesse avec le monde extérieur qui le violente mais il est aussi en conflit avec ses flux internes qui tendent à suivre un cours anarchique et échappent à son contrôle.

    Et Carcasse d’abord vacille et échoue à simplement se tenir au cœur du monde, à s’unifier autour de son centre de gravité. On assiste aux manœuvres dilatoires, aux tentatives éperdues d’échappement. Mais Carcasse est rivé à lui-même, à son corps inamovible. Carcasse peu à peu s’enhardit, assume pleinement son tangage, son chancellement naturel et se met à occuper, sans crainte ni complexe, la part d’espace qui lui est dévolue.

    Et une combustion se produit en Carcasse dont le corps se met à dégager une énergie très vite embarrassante et suspecte pour les autres.

    Car Carcasse désormais implanté et éployé devient une gêne, une écharde dans le paysage et les autres, comme sous l’effet d’une conjuration, multiplient les offensives, s’emploient à percuter Carcasse, à l’expulser de son socle et à pulvériser son centre.

    C’est une épopée organique des plus déroutantes, une odyssée à fleur de peau, une aventure universelle narrée sur un mode si singulier et sur une tonalité (laquelle mêle le cocasse et le tragique) si peu usitée qu’on en reste ébaubi.

    Un poème charnel à vif, d’une ironie mordante et d’une crépitante inventivité.

    BH 10/12

     

     

    « Nous les vagues finaliste du Grand Prix de Littérature DramatiquePause et repose »
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